L’école à l’épreuve du Grand Remplacement, par Jean Messiha.

Jean Messiha prononce un discours à Paris, 20 février 2021 © ISA HARSIN/SIPA Numéro de reportage : 01005342_000054

Une tribune libre de Jean Messiha

Le pronostic vital civilisationnel de la France est engagé, selon Jean Messiha. La campagne de promotion de la laïcité à l’école est révélatrice des menaces que fait peser une jeunesse immigrée volumineuse et non assimilée sur le pays.

Les atteintes inédites au principe de laïcité sont devenues telles dans notre société que le ministre de l’Éducation Nationale a dû se fendre d’une campagne très médiatique de promotion de ce principe cardinal dans nos écoles. Une initiative dont l’intensité ne m’inspire, je dois l’avouer, aucun souvenir. Ni en tant qu’élève, ni en tant qu’enseignant à mes heures, ni en tant que parent d’élèves. Ce pilier de la République semblait si solide ! Et pourtant…

Jean Michel Blanquer n’a pas eu tort. Mais il a tout de même fait violemment réagir les médias de gauche, de nombreux syndicats ainsi qu’une foultitude de commentateurs. En cause, les personnages des huit panneaux publicitaires vantant la laïcité. 19 écoliers, collégiens et lycéens censés représenter la jeunesse scolaire française. 

Des décennies pourtant qu’on reproche à l’« extrême-droite » de voir des « bronzés » partout. Mais cette fois, c’est la bien-pensance qui s’émeut d’en voir autant. Et de fait cette campagne, d’ailleurs plutôt réussie sur le plan photographique avec de jeunes hautement sympathiques, expose des visages et des prénoms majoritairement issus de ce qu’il est convenu d’appeler la diversité. Jugez-en.

D.R.

Milhan, Aliyah, Kellijah, Neissa, Malia, Imran Ismaïl, Elyjah : huit jeunes sur 19 incarnent la composante maghrébo-musulmane de la population française. Edene et Tidiane représentent l’Afrique sub-saharienne, tandis que Ava et Alex illustrent le métissage.  Le jeune Lenny, lui, est à peine discernable. Axelle, quant à elle, porte les traits de la jeunesse indochinoise ou chinoise.

Surreprésentation des populations « non-blanches »

Quid des enfants du peuple historique de métropole, sachant que c’est à cette partie du pays que la campagne s’adresse puisque les Outre-Mer, très faiblement islamisés à l’exception de Mayotte, ne sont pas touchés par la contestation de ce ciment du vivre-ensemble ? Pour le dire crûment quid des « Blancs » ? De façon « visible » nous avons Eva, Erynn, Sacha, Paloma, Romane et Simon et peut-être Inès, soit sept sur 19. Clairement, et sans jeu de mots, moins de la moitié. Pourquoi cette composition, qui n’est évidemment pas le fruit du hasard tant la « com » publique et privée est aujourd’hui obsédée par la question de la « juste » représentativité ethnique ? 

Les critiques du ministre y voient une surreprésentation des populations « non-blanches » car ce serait elles qui posent le plus de problèmes et à qui cette grande valeur républicaine pose le plus de problèmes. Un ami me disait à ce sujet : « tu sais quand on fait une campagne de vaccination contre la grippe on ne montre pas des jeunes en pleine forme en train de faire un footing, mais plutôt des personnes âgées ». Cette explication pourrait se tenir mais la question est plus complexe que cela. Se superposent deux réalités. La première est celle du lent et grand remplacement dans les établissements publics de la jeunesse du peuple européen des origines par la jeunesse de l’immigration arabo-afro-musulmane. Le ministère a peut-être grossi un peu le trait. Mais pas tant que cela.  

La composition ethnique présentée dans cette campagne publicitaire est en dessous de la réalité dans de nombreux territoires où les jeunes blancs ne sont plus qu’une poignée par classe, soit parce que les parents ont fui ces zones soit, quand ils en ont les moyens, ils mettent leurs enfants dans le privé. C’est moins le cas dans les établissements publics des quartiers encore « corrects » ou « huppés » des centres-villes ou des rares banlieues « préservées ». Le prix au mètre carré agissant encore comme un rempart à l’invasion, on peut y mettre ses gosses à l’école, collège et lycée sans qu’ils ne risquent de se racailliser.  

« Se racailliser » ? – Mais c’est horrible de parler comme ça ! », zinzinulera la mafia gaucho-macrono-progressiste. Bah, ce n’est effectivement pas le langage que cette mafia utilise dans ses dîners en ville pour expliquer ses propres stratégies d’évitement. Ses chantres parleront plus pudiquement de « problèmes de niveau et de discipline », etc. Ce n’est qu’après quelques verres qu’ils commencent à se lâcher… pour finir par avouer l’inavouable réalité : « Trop d’immigrés ! Et pas n’importe lesquels. Pas les enfants du maçon portugais, du restaurateur chinois, du pizzaiolo italien, etc. ». On se comprend à demi-mots chez « ces gens-là », comme disait Brel. 

Ne parlez pas de mixité ethnique, dites “mixité sociale”!

Mais vous allez être rattrapés par la patrouille chers amis évasionnistes de la diversité scolaire, que vous prônez pour les classes populaires blanches. Macron, qui s’en fout car il n’a pas de gosses, et Brigitte qui a enseigné toute sa vie dans l’enseignement privé catholique, veulent « plus de mixité sociale ». Lisez : « plus de mixité ethnique » dans les coins encore à peu près français. Et c’est Emmanuelle Wargon, ministre du Logement habitant une belle villa dans la très chic banlieue est-parisienne de Saint-Mandé, qui est à la manœuvre. Avec France-Stratégie, think-tank gouvernemental, elle traque les zones encore trop blanches afin que l’on y transfère le maximum de non-blancs via le logement social. Du coup, les établissements scolaires seront plus « mixtes ». Au fond, Macron vous met face à vos responsabilités. Vous voulez plus d’immigration en votant pour lui ? Eh bien mettez vos pratiques en cohérence avec votre vote et vivez pleinement le changement de peuple en allant vous installer dans un de ces nombreux territoires où le peuple a déjà changé ! 

Passons à la deuxième réalité. La laïcité est effectivement menacée partout en France et pas seulement à l’école. L’explication est toujours la même : le grand remplacement dans sa composante principalement islamique, réalité que la campagne publicitaire de Jean-Michel Blanquer tait sciemment comme si la laïcité était seulement une affaire de couleur de peau. En effet, la République a accueilli les Arméniens (fervents chrétiens), les Italiens, les Polonais, les Portugais, les Espagnols, etc., autant d’immigrés qui venaient de pays profondément imprégnés de catholicisme ; la République a également accueilli les Juifs d’Afrique du Nord, souvent très croyants, et naturellement les Chrétiens d’Orient, eux aussi souvent assez dévots. À quel moment cette même République a-t-elle eu à défendre la laïcité face à ces immigrations-là ? Jamais ! C’est l’islam, religion anti-laïque par nature, qui se confronte à ce qui est pour elle une aberration. La preuve est qu’à part les ex-républiques soviétiques d’Asie Centrale soumises, comme la Russie blanche, à une vigoureuse épuration anti-religieuse, et une poignée d’ex-colonies françaises de populations musulmanes mais qui ont hérité de nos institutions, le monde musulman n’est pas laïc. Soit l’islam est religion d’État, soit il est reconnu officiellement comme religion majoritaire et dominante.

Prenons même la Tunisie dont on nous a tant vanté la quasi-laïcité. Comme le décrit très bien un article du Point du 24 janvier 2014, c’est un fantasme. Cet article affirme que « La Constitution est écrite “Au nom de Dieu le clément, le miséricordieux”, le préambule exprime “l’attachement de notre peuple aux enseignements de l’islam” et l’article premier définit, comme dans la loi fondamentale de 1959, la Tunisie comme “un État libre, indépendant et souverain, l’islam est sa religion ».

Revenons à notre France. Face à la laïcité, la communauté musulmane se divise en trois catégories. La première catégorie est constituée d’une petite minorité de musulmans de culture qui a pleinement adopté la neutralité religieuse et la défend ardemment. Nous en voyons régulièrement des exemples admirables et courageux sur nos plateaux télé. La deuxième catégorie regroupe une part importante de la Oumma française qui « vit avec » la laïcité, tout en pestant à bas bruit contre cette manifestation de la mécréance qu’elle dénonce à la maison devant les enfants. Et enfin, troisième catégorie, il y a cette minorité qui, elle, est ouvertement contre. Sous prétexte de combat contre l’islamophobie, elle milite pour que notre société tolère la prolifération des signes de séparatisme islamique. Les premiers s’en inquiètent et ils ont raison, les seconds attendent la victoire des troisièmes pour vivre « normalement » c’est-à-dire comme des musulmans dans un pays musulman.

Le constat est sinistre car le pronostic vital civilisationnel de la France est engagé. Notre nation a été empoisonnée par des « belles âmes » et des « grandes voix » qui, au nom d’un humanisme et d’un « progressisme » totalement dévoyés, ont livré notre société occidentale de progrès à la conquête territoriale et culturelle de peuples, non seulement non-européens mais au mieux rétifs, au pire hostiles à notre mode de vie et à nos modes de pensée. 

Trop tard ?

Faut-il pour autant baisser les bras et se réfugier dans le fatalisme ? Il est tard. Très tard. Mais pas trop tard. Je partage l’opinion de mon ami Eric Zemmour. La France n’a pas dit son dernier mot. Ou plutôt, elle n’a pas exhalé son dernier souffle. À une autre époque et dans des circonstances beaucoup plus tragiques, les combattants de Stalingrad avaient toutes les raisons de désespérer, de croire que tout était fini, qu’ils ne pourraient jamais venir à bout des loups venus les dévorer. Et pourtant, en se battant rue par rue, maison par maison, en allant puiser au tréfonds de l’âme russe, ils ont trouvé la force de tenir puis, progressivement, de repousser l’invasion. 

Les temps ont changé et heureusement notre combat est devenu plus idéologique, politique, médiatique, électoral, législatif et juridique. Pour sauver la France il ne sera pas nécessaire de mourir sous les bombes ou de faire face à la mitraille ennemie, mais de choisir, dans les urnes, ceux qui ont fait vœu de faire don d’eux-mêmes à la plus belle des causes. Celle de la France. Celle d’une République que nous entendons garder française.

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