LES FRANCS-MAÇONS

Il a souvent été question de savoir si la franc-maçonnerie était une secte ou non. Par bien des aspects on peut répondre que oui. Le secret qui existe dans leurs réunions, l’intervention occulte dans de nombreuses affaires de la société, l’engagement total que cela implique d’où la dépersonnalisation de leurs membres, tout laisse à penser que l’on y trouve toutes les caractéristiques d’une secte. Mais cela semble secondaire vis à vis des fondements philosophiques et métaphysiques sur lesquels repose la franc-maçonnerie.

Toutes leurs idées sont celles des «Lumières» idées qu’ils appliquent avec fanatisme.

L’idée de raison y est encore perçue comme un absolu opposé aux passions qui sont le mal, la raison devenant dans les faits et par définition les idées que prône la franc-maçonnerie, celles du Front National ne pouvant être qu’un dérèglement de la raison. Cette conception est bien sur très réductrice et bien sommaire puisque de nombreux philosophes ont développé sur ce thème une analyse infiniment plus fine et pointue.

Pour Hume la raison n’est en fin de compte qu’au service des passions (elle en est même selon lui l’esclave) et ne sert qu’à les masquer. Les passions décident et créent un discours qui se veut rationnel pour les justifier. Quant à Husserl il ne voyait dans la raison qu’un processus dynamique et historique en perpétuelle construction sans aller bien sur jusqu’à Heidegger pour qui « la raison est l’ennemie de la pensée », penseur toujours très radical dans ses formules.

Tous les soubassements philosophiques de la franc-maçonnerie sont pour la plupart complètement dépassés comme l’idée de savoir absolu à atteindre (sans doute dans les loges) ainsi qu’une vision de l’homme universel sans facticité, sans enracinement. Cette confrérie lutte soi-disant contre les préjugés. Mais qu’est-ce-qu’un préjugé ? Faut-il avoir le préjugé du préjugé. Nietzsche disait que tout mot est déjà un préjugé. L’égalité entre les hommes n’en est-il pas un ? Le courant de pensée véhiculé par les franc-maçons est globalement celui du rationalisme, mais ce n’est qu’un courant de pensée parmi d’autres qui ont été aussi développés si ce n’est plus comme l’idéalisme allemand ou l’empirisme anglo-saxon ainsi que la phénoménologie.

Dans le rationalisme on accède à la connaissance uniquement par les moyens de la logique et des mathématiques. Les francs-maçons sont toujours très fiers de souligner que Mozart était des leurs, mais si l’homme de Salzbourg était un exceptionnel génie musical, il était loin d’être un intellectuel et il n’est pas surprenant qu’un homme du XVIIIème siècle ait les idées de son temps. La franc-maçonnerie ne fait que figer la pensée du XVIIIème siècle alors que nous sommes déjà à l’aube du XXlème. Tout ceci est masqué par un rituel grotesque où l’on cherche pour tout nouvel initié à, lui créer le choc émotionnel de sa vie, procédé propre aux sectes.

Céline dans « bagatelles pour un massacre » écrivait : « être franc-maçon, c’est le baptême pour un aryen » ce qui veut dire un aryen qui trahit son aryanité. C’est pourquoi il y aura, même pour eux-mêmes, toujours quelque chose d’honteux à cette appartenance. Quelles sont donc les motivations qui font que des individus veulent adhérer à cette association. La plupart du temps on a affaire à des hommes en mal de relations sociales, d’autres y voient un moyen de promotion sociale. Certains partant de la bonne intention d’élever leur culture confondent la franc-maçonnerie avec une société savante.

Durant une émission consacrée à cette «secte» nous vîmes le visage de certains membres : des barbus, des instituteurs à barbichette, des clones d’Albert Jacquard…

Une chose stupéfiante pour cette association qui se veut progressiste est la non-mixité. Il est certain que si les femmes étaient admises on verrait sans doute plus de femmes ressemblant à Madeleine Rebérioux qu’à des mannequins, mais enfin, à notre époque cela semble bizarre.

Durant leurs réunions, ils travaillent sur des thèmes de patronage ou d’école faits par des individus qui se prennent très au sérieux. Un assemblage de petites pensées fait rarement une grande pensée. La culture et la pensée réelle sont toujours des démarches très individualistes pour ne pas dire solitaires. 

L’aspect le plus choquant est l’intervention des francs-maçons dans le débat politique de façon occulte. Par exemple les francs-maçons avaient décidé que le président du sénat serait le RPR Poncelet (étant un des leurs). Quoiqu’on vote les francs-maçons sont au dernier moment et au dernier tour ceux qui votent « pour de bon ». Ceci n’est pas un procédé très démocratique mot dont ils ont plein la bouche. Le journal « Le Figaro » avait écrit que si Poncelet était franc-maçon il fallait voir avant tout dans son élection le résultat de ses qualités propres (sans doute immenses). Est ce du cynisme ou le Figaro a-t-il gardé une foi d’enfant ?

PATRICE GROS-SUAUDEAU

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