Primaires de la droite : le casse-tête des Républicains

casse-tete

Si les  organisent des primaires, voilà qui pourrait les mener à la catastrophe. Mais si de primaires il n’y a pas, c’est le désastre qui menace. Comme toujours, Christian Jacob, son falot patron par intérim, hésite. Il est vrai que lors de l’édition précédente, en 2016, les deux ténors, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé (donné alors pour prochain locataire de l’Élysée) avaient dû s’incliner devant un François Fillon dont la victoire était, elle aussi, donnée pour inéluctable. On sait le résultat.

Pour tout arranger, le casting du prochain millésime s’annonce nettement moins prestigieux. Valérie Pécresse, Michel Barnier, Philippe Juvin, Éric Ciotti et peut-être même Laurent Wauquiez ? Il n’y a effectivement pas tout à fait de quoi faire rêver le militant. Pour le moment, Xavier Bertrand affirme mordicus qu’il ne participera pas aux primaires en question. Mais si primaires il y avait malgré tout, cela signifierait qu’il y aurait deux candidats LR, un officiel et un officieux. Une situation d’autant plus périlleuse que les sondages ne sont guère flamboyants.

Certes, d’aucuns prétendront que ces derniers sont d’une fiabilité toute relative. Il n’empêche que les sondeurs se trompent moins souvent qu’on ne le dit, surtout quand leurs clients les payent suffisamment pour leur permettre d’effectuer un travail correct. En effet, les médias travaillant de plus en plus à l’économie, le sondage « low cost » devient malheureusement aujourd’hui la règle, puisque ne concernant plus que des échantillons de moins de mille personnes désormais interrogés sur Internet et non plus au téléphone, pour d’évidentes raisons économiques. À ce titre, certain sondages plus sérieux – donc plus coûteux – avaient anticipé, dans la toute dernière ligne  précédant le scrutin, la capilotade du Rassemblement national lors des dernières élections régionales. En attendant, et pour ce qui concerne la présidentielle de l’an prochain, ces mêmes sondages, quelle que soit leur précision réelle ou supposée, se suivent et se ressemblent ; la preuve par celui publié par Le Figaro, le 25 août.

Ainsi, primaires ou pas,  et Valérie Pécresse, les deux candidats les plus plausibles, n’en finissent plus de stagner : 16 % au premier tour de l’élection présidentielle pour l’un et 13 % pour l’autre. Et si les deux se présentaient en même temps, Xavier Bertrand tomberait   alors à 11 % et Valérie Pécresse à 8 %.

Bref, dans un cas comme dans l’autre, le candidat  ne serait pas au second tour ; ce qui commencerait à devenir une fâcheuse habitude depuis 2017 et l’échec de François Fillon.

Assez étonnamment, ça ne dévisse pas du côté d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, donnés à égalité (24 %) au premier tour et de fait qualifiés pour le second, avec toujours le président sortant donné vainqueur (55 %) contre son challenger (45 %).

D’où ce dernier enseignement : malgré un Rassemblement national encore sous le choc des dernières élections régionales, une ambiance en interne pas véritablement au beau fixe, personne à  ne paraît être en mesure de bousculer la position dominante de Marine Le Pen. Reste à savoir ce qu’elle fera de ce capital plus solide qu’on n’aurait pu le croire.

Dans cette configuration, le débat sur les primaires républicaines aurait tout de celui concernant les anges et occupant les esprits, alors que Constantinople menaçait de tomber sous les coups des armées ottomanes…

Nicolas Gauthier

https://www.bvoltaire.fr/primaires-de-la-droite-le-casse-tete-des-republicains/

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