La guerre sera longue

Première remarque. Relativement aux conflits actuels, les présentes lignes ne sauraient intéresser ceux pour qui rien ne mérite d’être enseigné de ce qui s’est produit avant la mort de John Fitzgerald Kennedy.

Deuxième remarque. Contrairement à une idée reçue, la plus ancienne publication analytique des travaux des assemblées n’est pas apparue en Angleterre, mais en France.

À partir de la séance du 4 février 1790 l’intervention de Louis XVI devant l’Assemblée constituante, démontra le désir du roi de coopérer étroitement avec les représentants de son peuple. Ceci déclencha un grand mouvement, hélas éphémère, d’enthousiasme transpartisan.

Et pour cela, consciencieux monarque désormais résolument constitutionnel, il jugea nécessaire d’instituer le Logographe, chargé de recenser les discours des députés de façon honnête et précise, ce que l’on ne fera à Londres que beaucoup plus tard, après les guerres napoléoniennes.

À la chambre des Communes, c’est fin janvier 1793, que se déroula ainsi un des débats parlementaires les plus importants de l’Histoire européenne. Il ne nous est donc connu que par des recensions de journaux, à l’époque déjà relativement approximatives. Il opposa, ou plutôt, il vit se confronter les points de vue respectifs de William Pitt le Jeune et de son ami le philosophe Burke. Les deux hommes, étiquetés aujourd’hui comme conservateurs, n’ont jamais employé ni le mot ni la référence aux tories, là aussi contrairement à ce que l’on peut lire, curieusement, sur le site du 10 Downing street. Tous deux venaient du parti whig, ancêtre des libéraux de l’ère victorienne. Mais leurs itinéraires, quoique convergents, les avaient conduits à deux analyses radicalement différentes.

Dès que fut connue à Londres la nouvelle de la mort infligée à Louis XVI, l’opinion publique exigea que l’Angleterre se joigne à la coalition des puissances auxquelles les révolutionnaires français avaient déclaré la guerre depuis avril 1792.

Le premier ministre Pitt, préoccupé avant tout de rétablir, après la ruineuse guerre d’Indépendance américaine, la prospérité économique de la Grande-Bretagne, disciple d’Adam Smith et de son livre de 1766 sur la Richesse des Nations, croyait à une guerre courte. Edmund Burke lui répondit en démontrant au contraire que la guerre serait longue. Elle le fut, pratiquement ininterrompue pendant 22 ans. Le pessimisme du philosophe avait eu raison contre l’optimisme de l’homme politique.

Nous gagnerions donc, certainement aujourd’hui à nous inspirer des leçons de l’histoire des guerres révolutionnaires, en privilégiant la question de la contre-insurrection.

Là aussi l’expérience française, celle de la guerre qui osait se dire « coloniale », horresco referens !, mérite d’être méditée.

Ainsi Gallieni, qui fut plus tard le sauveur de Paris en 1914, écrivait-il en 1900 à propos de la pacification de Madagascar :

>« On assimile la guerre coloniale à la guerre d’Europe, dans laquelle le but à atteindre réside dans la ruine des forces principales de l’adversaire. Aux colonies, il faut ménager le pays et ses habitants, puisque celui-là est destiné à recevoir nos entreprises de colonisation futures et que ceux-ci seront nos principaux agents et collaborateurs pour mener à bien ces entreprises. »Lyautey au Maroc fut son disciple. Il s’agissait bel et bien de « transformer l’adversaire en administré. » Les officiers SAS de la guerre d’Algérie ne firent pas autre chose, et, rappelons-le ici, ils le firent avec succès.

Tout cela hérisse sans doute le poil aux écolos et aus islamo-gauchistes politiquement corrects et serait anathémisé, n’en doutons pas, par d’indéboulonnables autorités morales.

Cela cependant reste vrai.

La défaite américaine de Kaboul impose que l’occident, le monde libre incluant des pays comme l’Inde ou le Japon, redéfinisse à la fois ses objectifs, ses méthodes de combat et ses alliés.

Les djihadistes ont déclenché la longue guerre actuelle. Avec le soutien plus ou moins hypocrite des communistes chinois et de leurs alliés turcs et pakistanais, ils la poursuivent au Sahel contre l’armée française et contre l’Europe. Ils ont remporté une bataille, ils n’ont pas gagné leur guerre. Il faut que nos peuples et nos dirigeants s’apprêtent à les combattre, et à les vaincre.

JG Malliarakis  

À lire en relation avec cette chronique  :
« Considérations sur la nature de la révolution française » par Mallet du Pan

Dans ce petit livre prophétique l’auteur mettait en garde, non  seulement contre les crimes de la révolution mais contre l’imprégnation jacobine de l’opinion et la déformation du sentiment national en France.
Il souligne l’aveuglement de la droite dans des termes d’une brûlante actualité. Avec beaucoup de brio il montre ce qui va effectivement se passer et il en explique les raisons profondes.
Le sous-titre « sur les causes qui en prolongent la durée » avertissait l’Europe dès 1793 de ce qu’allaient être les guerres napoléoniennes et annonce l’appropriation du patriotisme par les responsables du déclin de la France…

→ En savoir plus sur ce livre : « Pourquoi j’aime Mallet du Pan » observateur lucide et prophétique de la Révolution

••• Un livre de 140 pages au prix de 15 euros ••• À commander : par chèque en téléchargeant un bon de commande.

 ou sur le site

https://www.insolent.fr/2021/08/la-guerre-sera-longue.html

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