6 février : à bas les voleurs

Place de la Concorde, dans la nuit de l’hiver où se détachent deux autobus qui brûlent, quatorze morts et quarante blessés gisent sur le pavé de Paris. En ce 6 février 1934, un régime aux abois a fait tirer sur la foule.

Foule protestataire, où se cotoient Anciens Combattants, militants des ligues nationales et Parisiens exaspérés par accumulation des scandales, qui révèlent à quel point le régime est corrompu, pourri jusqu’à la moelle.

Oh, certes, on sait depuis longtemps que les dessous de la IIIe République ne sont pas très propres et sentent pas bon. Mais trop, c’est trop, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est l’affaire Stavisky.

Sur fond de montée du chômage, de multiplication des faillites et d’instabilité ministérielle chronique, les coquins prospèrent. L’affaire Hanau, l’affaire Oustric, d’autres encore ont défrayé la chronique et, constate l’historien Henri Dubief, « ces scandales dévoilaient la protection intéressée dont la plus louche des finances jouissait de la part de personnages parmi les premiers de l’Etat ».

Juif ukrainien, naturalisé Français de fraîche date, Stavisky a trouvé le filon. Il a monté de juteuses escroqueries et mène la grande vie. Etrangement, aucune des poursuites engagées contre lui n’aboutit jamais. Mais certains de ses complices fort bien placés craquent : en décembre 1933 est révélée l’énorme escroquerie du Crédit municipal de Bayonne. En fuite, Stavisky est retrouvé par la police. « Suicidé »… il ne parlera pas.

Alors monte la colère de la rue, qui reprend le mot d’ordre lancé par l’Action française : « A bas les voleurs ! » Le président du conseil Chautemps, fâcheusement compromis, doit se retirer le 27 janvier. C’est son successeur, Daladier, qui porte la responsabilité de la tuerie du 6 février.

Sursaut d’exaspération des honnêtes gens, la manifestation s’est terminée en tragédie. Il y a eu complot, dit la gauche. Faux. C’est regrettable, mais c’est ainsi : il n’y eut pas d’orchestration, de la part des ligues nationales, pas de plan d’action, pas de préparation d’un coup de force. Pendant qu’on se battait, Maurras écrivait un poème …

Mais le 6 février reste un symbole. Robert Brasillach – assassiné onze ans plus tard, jour pour jour – a mieux résumé que quiconque le sens de ces heures qui auraient pu être révolutionnaires : « si le 6 fut un mauvais complot, ce fut une instinctive et magnifique révolte, ce fut une nuit de sacrifice, qui reste dans notre souvenir avec son odeur, son vent froid, ses pâles figures courantes, ses groupes humains au bord des trottoirs, son espérance invincible d’une révolution nationale ».

Terribles mais utiles leçons de l’Histoire. Il a manqué, le 6 février, pour sauver le pays de la marche à l’abîme, un mouvement national uni, et donc fort, un chef lucide et déterminé. Avoir l’un et l’autre est une chance vitale – la dernière chance – pour notre peuple et notre terre.

Pierre VIAL National Hebdo Semaine du 3 au 9 février 1994

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