Un entretien avec Horst Mahler 3/4

J’ai toujours cultivé les modes de pensée du marxisme-léninisme, y compris lorsque j’étais dans la RAF. La réalité accordée à la collectivité, dans cette optique, est proche de la notion de Volksgemeinschaft et éloignée de l’individualisme exacerbé. Dépasser le côté unilatéral de ce collectivisme est une chose aisée. Il faut se mettre en tête que l’homme, en tant qu’être spirituel, est libre. En tant qu’être doté d’esprit, il a des droits infinis du fait de son unicité. Il est une personne, c’est-à-dire qu’à travers lui résonne (personare signifie en latin “résonner à travers”) une essence supérieure.

Dans son existence en tant que personne, il est pour ainsi dire une possibilité que se donne Dieu, il est une modalité unique parmi d’innombrables modalités d’existence de Dieu ; à ce titre, il n’est jamais interchangeable donc d’une valeur inestimable. Il est par conséquent libre, parce qu’en tant qu’esprit il ne dépend que de son essence supérieur, c’est-à-dire de lui-même. En l’homme, Dieu contemple la plénitude de ses possibles et se saisit de lui-même et à lui-même en tant qu’esprit absolu. Cette idée exclut dès lors le principe qui veut que l’individu ne soit rien et la collectivité, tout. Si l’on observe [la réalité historique] avec davantage d’attention, on reconnaîtra que le national-socialisme est une variante du collectivisme.

Du sacrifice volontaire de l’individu pour la communauté

En cela, il ressemblait au communisme. Pour moi, la Volksgemeinschaft est un tout réel, spirituellement structuré en soi, dans laquelle chaque partie est simultanément le tout. De cette façon, la partie se justifie tout autant que le tout. L’individu se sacrifie volontairement pour le tout, pour autant — comme dans le cas d’une guerre — que son sacrifice conditionne la vie du tout. Car il serait déraisonnable de refuser ce sacrifice (car on suit alors les pulsions d’auto-conservation), si, par ce refus, le tout viendrait à mourir. Dans ce cas, évidemment, toutes les parties du tout mourraient également. L’idée de personne dans le national-socialisme a certes été conservée, mais n’a pas été pour autant reconnue, et, par conséquent, n’a pas été réalisée ; car n’est réalisé que ce qui est aussi reconnu. Je viens donc de vous expliquer ce qui me distingue aujourd’hui des soixante-huitards, d’une part, et des nationaux-socialistes, d’autre part.

• Avec le mouvement national allemand, qui est le vôtre, et qui se dénomme Unser Land, vous cherchez à impulser notre monde vers un mieux. Ne voyez-vous pas poindre des problèmes à l’horizon : la traduction de vos objectifs est-elle possible dans un peuple allemand, que l’on a déshabitué à se penser comme communauté ?

On ne peut pas en bout de course “déshabituer” un peuple de ressentir un sens de la communauté, pour autant qu’il me paraît. L’aspiration à appartenir à une communauté est aussi élémentaire que le besoin de respirer de l’oxygène.

De la culpabilité allemande…

Ce qui s’est passé est tout différent : par l’entretien de complexes de culpabilité, le sens de la communauté populaire chez les Allemands a subi une forte discrimination. Mais cette discrimination ne suffit pas à éradiquer le sens communautaire. De même, la discrimination des pulsions érotiques, qui était jadis à l’ordre du jour, n’a pas déshabituer les humains à ressentir des pulsions érotiques, mais, au contraire, à plonger les âmes dans diverses pathologies ; ainsi, le mépris systématique du besoin de communauté populaire conduit à détraquer l’âme et le psychisme ; chez nous, cette maladie de l’âme prend les formes d’un cynisme de facture cosmopolite et d’une haine de soi et de sa nation. Quand cet état de choses deviendra conscient et quand la théorie de la culpabilité collective du peuple allemand sera perçue et dénoncée comme une illusion destructrice, les Allemands se redresseront et se reprendront en mains. Nous assisterons alors à la fin du travail de sape entrepris par l’idéologie multiculturelle. La force de s’auto-guérir se trouve dans le fors intérieur de chacun d’entre nous.

Du piège de la globalisation

Ensuite, il faudra visibiliser l’ennemi, qui est encore invisible. L’ennemi actuel du peuple allemand — comme de tous les peuples du monde — est la pieuvre que constitue ce réseau anonyme du capital spéculatif international, dont les bases se trouvent sur la côté orientale des États-Unis et qui contrôle le monde à partir de ce lieu géographique. Ceux qui veulent savoir clairement ce qu’est cette pieuvre, doivent lire deux livres, celui de Hans-Peter Martin et de Harald Schumann, intitulé Le piège de la globalisation [Actes Sud, 1997, recension], et celui de Georges Sörös, La crise du capitalisme global [Plon, 1998]. Ce sont des lectures impératives et obligatoires pour tout patriote. La pieuvre domine aussi les mass-media à l’échelle internationale. Les médias [de masse] sont des armées d’occupation parfaitement camouflées. Ils doivent dès lors être combattus en tant que tels. Notre arme dans ce combat, c’est notamment internet.

Le peuple allemand devrait prendre connaissance de l’appel lancé par le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, et du Président Chirac, et comprendre que « les peuples du monde se trouvent en état de confrontation avec les États-Unis » (Védrine), et doivent s’unir dans le but d’opposer une “souveraineté collective” à l’hyperpuissance américaine. Je suis sûr qu’un jour la page sera tournée, je suis sûr que l’Allemagne redeviendra une nation consciente d’elle-même. Cette certitude repose sur l’observation que la pieuvre dispose certes d’une grande quantité de missiles et de bombes atomiques, qu’elle en comprend le fonctionnement, mais qu’elle ne sait rien de Dieu, donc rien des hommes et rien des peuples. Toute ce que la pieuvre entreprend aujourd’hui, finira par se retourner contre elle. L’énergie cinétique générée par ses propres mouvements finira par l’envoyer au tapis.

• Vous souhaitez rappeler vos anciens compagnons de combat de la gauche et les mobiliser dans votre mouvement national allemand. Mais la gauche politique est tout de même entièrement marquée par son attitude anti-nationaliste ; de plus, elle est politiquement non fiable. Voyez les attitudes qu’elle a prises lors de l’attaque de l’OTAN contre la Yougoslavie et dans la question de la double nationalité pour les étrangers. Comment peut-on coopérer avec elle dans de telles conditions ?

Mener la politique de la libération nationale ne peut se faire dans les eaux stagnantes d’un étang marécageux. Elle prendra forme dans les flots montants de ce fleuve sorti de son lit à cause de l’orage : lorsque survient une guerre ou une crise économique, le chaos créateur survient lui aussi ; ce ne seront ni la gauche ni la droite qui l’auront provoqué, mais la pieuvre, qui en sera seule responsable et qu’il faudra dès lors jeter bas.

Trois gigantesques bulles de savon

Nous voyons poindre les débuts d’une telle évolution. Le 24 mars 1999, quand les États-Unis et leurs vassaux de l’OTAN ont déclenché leur guerre d’agression contre la Serbie, c’est une guerre européenne qui a commencé, et elle a déjà considérablement modifié le paysage politique. L’économie globale ne garde la tête au-dessus de l’eau que grâce à trois gigantesques bulles de savon :

  • la bulle de la dette croissante des États, qui engloutit les épargnes des peuples ;
  • la bulle des crédits à la consommation, également en croissance, qui transforment des millions d’hommes en esclaves des banques ;
  • la bulle créée par l’inflation des cours en bourse, qui produit l’illusion de la richesse.


Aucune de ces trois bulles ne se rétrécira pacifiquement. Mais si l’une d’elles en vient à éclater, les autres éclateront aussi. Et elles éclateront. En cela, même les fauteurs de cette économie-escroquerie en sont conscient in petto. Chaque journée en bourse pourrait théoriquement provoquer tout de suite le crépuscule des dieux du globalisme. Le résultat sera une dépression profonde de longue durée. Même dans les pays industriels riches, il faudra lutter pour la simple survie. Pour chasser le spectre de la famine, l’État allemand devra forcément se souvenir des recettes de l’économie de guerre : il devra produire un argent de nécessité, qui sera à nouveau une monnaie nationale mise en circulation. Il devra distribuer des cartes de rationnement pour les produits alimentaires, afin de garantir la distribution de biens de première nécessité à des prix acceptables. Il devra reprendre des entreprises tombées en faillite pour conserver les moyens de production et les maintenir entre les mains de l’État. Il devra réintroduire le service du travail et mobiliser les citoyens allemands pour une reconstruction nationale et pour faire éclore une économie nationale qui s’assignera pour objectif le bien de la communauté populaire. Le même scénario se répétera chez nos voisins. On ne parlera plus d’Union Européenne. Où seront alors la gauche politique et la droite politique ? Elles devront toutes deux se trouver aux côtés des Allemands qui, comme en 1945, devront se reprendre en mains et ne pas baisser les bras. Où cette droite et cette gauche cesseront d’exister…

• Mais est-ce possible ? Car la majeure partie des soixante-huitards capitule intellectuellement aujourd’hui ; ils ont fait la paix avec le capitalisme et ne se donnent même plus la peine de formuler une critique du capitalisme ? A-t-on au moins remarqué dans ces cénacles soixante-huitards qu’un débat sur le socialisme a lieu dans le camp des droites ?

Votre observation est juste. Mais la paix que beaucoup de soixante-huitards ont signée avec le globalisme est fragile. Le capitalisme cependant se critique lui-même aujourd’hui par les phénomènes qu’il provoque. Je dirais même que les principaux porte-paroles de cet anti-capitalisme ambiant en Allemagne sont l’ancien chancelier fédéral Helmut Schmidt et la journaliste libérale de gauche, la Comtesse Marion von Dönhoff. Et leur critique est suffisante. Et, de fait, la gauche ne semble pas encore avoir pris conscience qu’aujourd’hui la NPD aussi critique de manière sérieuse et bien étayée le globalisme en tant que forme d’économie et de vie.

• Et si, en apercevant cette évolution dans le camp des droites, certains hommes de gauche changent de front, qu’est-ce que cela apporte à l’opposition nationale ? Je prends votre exemple : que peut lui apporter un Horst Mahler, qui n’a pas d’armée politique derrière lui ?

À suivre

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