L’aide publique au développement : une belle arnaque ?, par Verlaine Djeni.

Beaucoup de Français ne le savent pas, mais depuis 1961, il existe en Europe et pour l’ensemble des pays du CAD (Comité d’aide au développement), pays « supposés » riches, un mécanisme regroupant l’ensemble des dispositifs financiers des organismes publics à destination de pays pauvres où en voie de développement, selon les critères de l’OCDE, qu’on appelle l’aide publique au développement (APD). C’est le premier système de soutien financier dans la relation Nord-Sud.

En 2020, la  a consacré presque 0,53 % de son revenu national , soit à peu près 13 milliards d’euros, à l’APD. Ce qui nous classe au cinquième rang des donateurs après les USA, l’Allemagne, le  et le Japon.

Pour 2021, le Président Macron vient d’annoncer que la France consacrerait 0,55 % de son RNB à l’APD, hausse qu’il justifie par le contexte de  sanitaire, argument totalement recevable qui confirme la logique humaniste historique de la France.

Concrètement, vers quels pays et pour quelles actions sont destinées les aides publiques au développement ?

L’APD est une logique de dons pour remplacer celle des prêts, ce qui, ma foi, est à féliciter.

L’APD est en priorité orientée vers les pays pauvres, Haïti entre autres et la plupart des pays africains, ce qui, ici également, est à applaudir.

Là où le bât blesse, c’est le fléchage de l’APD. En effet, cette aide doit prioritairement aller vers des actions liées au climat, à l’environnement, à la gestion des eaux, à l’éducation, à la santé, à l’alimentation, à l’accès aux droits de l’homme et à l’égalité hommes-femmes.

Au regard de la situation des droits de l’homme, de la pauvreté et de l’accès à l’eau potable dans les pays qui reçoivent l’APD, à l’instar de Haïti et de beaucoup de pays ouest-africains, on est en droit de s’interroger sur la finalité de cette aide.

Quid de la situation de l’égalité hommes-femmes et de celle des homosexuels dans des pays comme le Sénégal, le Cameroun ?

Il faut savoir que depuis 2015, afin de lutter contre l’ clandestine, l’ a créé le « fonds fiduciaire d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique ». Le FFU est le gestionnaire de l’APD de l’Union européenne. C’est-à-dire qu’il va flécher l’aide au développement selon les actions des pays africains pour empêcher les départs des populations migrantes clandestines vers l’Europe.

Finalement, on se demande à quoi sert l’APD puisque, depuis sa création, les finalités de son action ne sont pas respectées. Les pays bénéficiaires sont de plus en plus pauvres et leurs populations ne vont pas mieux sur le plan des droits de l’homme. Les populations des pays bénéficiaires sont essentiellement ceux de départ des migrants clandestins. Mais où va donc l’argent de l’APD ?

La richesse de certains présidents de pays bénéficiaires mérite des clarifications et même des actions en justice, mais ça, c’est une autre 

Verlaine Djeni

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