Seuil de tolérance, le retour

Un fort instructif entretien, publié dans Causeur par Daoud Boughezala en 2018, donnait la parole à Pierre Sautarel, fondateur du site, très populaire dans la droite nationale, Fdesouche.[1] Cet article, vieux de plus de trois ans, était relayé à partir d’une autre recension à propos du « Baromètre du prénom musulman ».[2]

Les chiffres renvoient à ce que Mitterrand lui-même eût qualifié de « seuil de tolérance » quand il disait, à plusieurs reprises, que celui-ci « a été atteint dès les années 1970 où il y avait déjà 4 100 000 à 4 200 000 cartes de séjour à partir de 1982 ». Ne parlons même pas des propos que Peyrefitte prête à De Gaulle. Faudra-t-il dès lors débaptiser l’aéroport Charles De Gaulle et la bibliothèque François Mitterrand ?

Pierre Sautarel se prononce d’abord pour ce qu’il appelle une forme « d’objectivité ». Un principe dont l’auteur de ces lignes aime à partager la définition : les faits, selon lui, parlent d’eux-mêmes, pas la peine de les distordre.

D’autre part, sur le terrain strictement politique son propos tend à la convergence des droites véritables, en définissant pour telles tous les électeurs qui ne veulent être submergés ni par l’immigration, ni par l’islamisme, ni par l’insécurité. À charge, évidemment pour les élus de respecter la volonté du peuple.

Or, en vue de la présidentielle à venir une nécessité bien claire se dégage. Si l’on veut donner une chance à l’éventualité d’un redressement la France, il faudra à la fois sanctionner l’équipe sortante, issue à 80 % de la gauche socialiste mâtinée de centrisme et barrer la route à la coalition écolo-socialiste.

Et il faudra gagner dès 2022, sauf à accepter d’entrer durablement dans la voie de la tiers-mondisation.

La campagne des régionales en Ile-de-France nous donnait l’occasion de tester la capacité des droites à faire front commun pour empêcher la coalition des écologistes et des amis, socialistes, mais aussi communistes, de la mégère Hidalgo de reprendre la région capitale, perdue certes en 2015 par l’affreux Bartolone, mais de seulement 60 000 voix. Quand on mesure les dégâts quotidiens que l’actuelle municipalité inflige à la ville de Paris, quand on sait le délabrement inouï de ses finances, quand par ailleurs on se remémore les évolutions démographiques l’enjeu civique pouvait être considéré comme considérable.

À la fin de la campagne du second tour, le 18 juin, le scrutin se déroulant le 21, un dernier meeting électoral se tenait ainsi à Boulogne-Billancourt. Il était organisé par la liste Pécresse. Y participaient des personnalités qui joueront un rôle dans le choix du porte-drapeau de la droite en 2022. L’aspiration de la tête de liste régionale, quoique discrète ce soir-là, ne faisait pas mystère. Elle s’est révélée depuis. Prit aussi la parole, tout en demeurant dans le cadre prévu pour la soirée, Philippe Juvin, maire de La Garenne Colombes, qui s’est lui aussi porté candidat à la candidature. Omniprésent dans tous les débats relatifs à la crise sanitaire en sa qualité de patron des urgences à l’Hôpital Georges Pompidou, il dénonça vigoureusement les scandaleuses carences de l’État central face au Covid.

Enfin on entendit Gérard Larcher. Président du Sénat, il se trouve désormais au cœur du dispositif chargé d’élaborer le départage des candidats de la droite « et du centre »[3]. Ayant accepté de présider le comité de soutien de la liste Pécresse, il manifesta tout au long de cette réunion, dont nous n’avons pas trouvé d’écho dans les médias, une convergence de vues pratiquement totale avec celle qui, quelques jours plus tard, allait être confirmée dans la gouvernance de la principale région française.

Nous ne nous trouvions pas dans une réunion de dangereux extrémistes de droite.

Pourtant, les discours se concentraient tous contre l’indigénisme et les complaisances de l’extrême gauche ainsi que contre les trois nuisances en « i », islamisme communautariste, immigration illégale, insécurité généralisée. Fini, ce soir-là, le prétendu Front républicain. On entendit quelques interventions fort claires de colistiers, tel l’avocat Thibault de Montbrial, spécialisé dans la défense des forces de sécurité intérieure, la légitime défense et la défense des victimes de crimes terroristes ; ou aussi Babette de Rozières, chef cuisinière et animatrice de télévision bien connue plaidant elle-même, avec beaucoup de talent, en sa qualité de native des Antilles, pour la tradition française d’assimilation et dénonçant avec la plus grande vigueur l’islamo-terrorisme.

Gérard Larcher lui-même, très en forme ce soir-là s’exprimait sur un ton qui évoquait plus une mobilisation présidentielle qu’un débat régional. « Puisque nous sommes le 18 juin, permettez-moi de vous parler de la France » commença-t-il. Le point le plus fortement affirmé consistait à constater que « l’immigration incontrôlée a atteint des limites insupportables ».

Libration ou Mediapart, s’ils avaient envoyé un de leurs journalistes n’auraient pas manqué de crier à la « droitisation des esprits ». Et, pourquoi ne pas prescrire, si le peuple ne vote pas comme le veulent les bobos, la dissolution du peuple…

JG Malliarakis  

Apostilles

[1] cf. « Pierre Sautarel : “Si j’ouvrais Fdesouche aujourd’hui, je lui donnerais un autre nom”
[2] cf. « Fdesouche et son baromètre du prénom musulman »
[3] En compagnie de Jean Léonetti et de Christian Jacob.

https://www.insolent.fr/

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