1er juin 987 : un roi pour la France

Issu du partage de 843 entre les trois petits-fils de Charlemagne, le royaume de France occidentale connaît bien des vicissitudes aux IXe et Xe siècles. Des raids d’envahisseurs arrivent de divers horizons  : venus de l’Est. les Magyars poussent leurs incursions jusqu’à Orléans ; venus de Scandinavie, les Normands ne sont stabilisés qu’en 911, par leur installation en Normandie (dont ils vont faire un duché prospère) ; venus du Sud, les Sarrasins pillent Marseille et Arles, entretenant l’insécurité en Provence jusqu’en 973.

Face à ces menaces, les Carolingiens se sont révélés de piètres souverains. Au point que les grands aristocrates, considérant Charles le Gros comme incapable, le déposent en 888. Et, appliquant le principe électif qui vient de traditions originelles des Francs, ils élisent pour le remplacer le comte de Paris Eudes, fils de Robert le Fort, qui a défendu Paris contre les Normands lors du long siège de 885. On retrouve un vieux principe lié à la tradition européenne de la royauté : le roi, père du peuple, doit en être à ce titre le protecteur et assumer donc le rôle de chef de guerre. Qu’il vienne à faillir et la communauté du peuple, menacée dans son existence, doit se trouver un nouveau chef capable de la conduire au combat. Les Carolingiens ne sont pas éliminés du jeu puisque l’un d’entre eux, Charles III le Simple, règne de 898 à 922. Mais les grands le déposent pour élire Robert 1er, frère d’Eudes. A sa mort, un an plus tard, son beau-frère Raoul est choisi pour lui succéder.

En 936, nouvelle restauration carolingienne avec Louis IV d’Outremer (il s’était réfugié en Angleterre). Son fils Lothaire III lui succède. Mais sous le règne de ces deux rois un homme détient un pouvoir déterminant : Hugues le Grand, fils de Robert 1er, est le plus riche propriétaire du royaume et contrôle, entre autres, l’Aquitaine et la Bourgogne. Par calcul, il n’a pas revendiqué la couronne. C’est son fils, Hugues Capet, qui est hissé sur le trône par les grands en 987.

Hugues Capet doit sans doute son surnom, qui va marquer sa descendance, au fait qu’il porte une cape (ou chape) en tant qu’abbé laïque de Corbie et de Saint-Riquier. C’est l’illustration du rôle déterminant qu’à joué le clergé dans la montée en puissance du nouveau roi. Celui-ci, qui a su multiplier les donations aux hommes d’Eglise, a l’appui de l’archevêque de Reims Adalbéron et de son ami Gerbert, écolàtre de Reims (et futur pape Sylvestre Il). Après le règne bref et la mort accidentelle du Carolingien Louis V, fils de Lothaire III, l’assemblée des grands se réunit à Senlis puis à Noyon pour désigner un nouveau roi. Il y a un prétendant carolingien, Charles, duc de Basse Lorraine et frère de Lothaire. Mais, dit l’archevêque Adalbéron à l’assemblée, elle ne doit hésiter entre ce Charles « que ne guide point l’honneur » et Hugues « recommandable par ses actions, par sa noblesse, par ses troupes ». Argument de poids :

Hugues est élu roi le 1 er juin et sacré par Adalbéron le 3 juillet, sans doute à Reims. Le nouveau souverain se hâte de ressusciter à son profit un usage carolingien en associant à la royauté son fils aîné Robert. Ce gage de continuité et donc de stabilité du pouvoir royal est déterminant pour l’avenir, face au poids inquiétant des grands princes territoriaux et de l’Eglise.

P.V National Hebdo du 29 mai au 4 juin 1997

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