« Projet Pegasus » : plus de cinquante mille personnes surveillées par un logiciel espion, dont plus de mille Français

Un logiciel espion baptisé Pegasus, capable de passer le contenu d’un smartphone à la loupe et mis en cause dans la surveillance de plus d’un millier de Français, en particulier des journalistes ou des politiques. Un scénario digne d’un film d’espionnage, révélé dimanche 18 juillet par Forbidden Stories, un consortium de journalistes du monde entier.

Le logiciel espion Pegasus a été créé par la société israélienne NSO, détenue majoritairement de 2014 à 2019 par le fonds d’investissement américain Francisco Partners, puis rachetée par ses fondateurs et un autre fonds britannique, Novalpina.

Le logiciel n’est commercialisé qu’auprès des États et des agences gouvernementales, avec l’approbation du gouvernement israélien, dans le but de lutter contre la criminalité et le terrorisme. Mais la fuite de plus de cinquante mille numéros de téléphones espionnés par Pegasus montre une toute autre réalité. Les journalistes de Forbidden Stories ont analysé ces numéros, et certains téléphones ont été expertisés par le Security Lab d’Amnesty International, un collectif de chercheurs et de technologues. Parmi les numéros ciblés par le logiciel Pegasus, Forbidden Stories a comptabilisé plus de cent-quatre-vingt numéros de journalistes du monde entier, dont celui du journaliste mexicain Cecilio Pineda, assassiné le 2 mars 2017, quelques semaines après que son numéro ait été enregistré dans le logiciel espion. Il enquêtait sur les liens troubles entre un député et un narcotrafiquant. En Arabie Saoudite, une partie de l’entourage et de la famille du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné au consulat saoudien d’Istanbul en Turquie le 2 octobre 2018, est également sous surveillance.

L’Europe n’échappe pas à la règle, puisque les numéros de journalistes et d’avocats hongrois étaient également enregistrés dans le logiciel Pegasus. En France, plus d’un millier de Français sont surveillés, dont Edwy Plenel, journaliste et fondateur de Mediapart, et Dominique Simonnot, anciennement journaliste au Canard Enchaîné et actuellement contrôleur général des lieux de privations de liberté (CGLPL), des journalistes du Monde, de différentes chaînes de télévision, ainsi que l’écrivain et éditorialiste du Figaro Eric Zemmour.

De son côté, la société NSO botte en touche, se défendant d’espionnage illégal, et affirmant que sa mission est de lutter contre le terrorisme et la criminalité. Une version qu’il va sans doute falloir revoir.

https://www.tvlibertes.com/actus/projet-pegasus-plus-de-cinquante-mille-personnes-surveillees-par-un-logiciel-espion-dont-plus-de-mille-francais

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