Bourse et Covid-19 : vers la fin de la valeur

Le  européen de 750 milliards d’euros, plan acté depuis an, doit s’appliquer dès le 1er juillet : un enjeu non pas seulement européen, mais proprement mondial, globalisation des échanges oblige. De fait, le SARS-CoV-2, le virus explosif venu de , en Chine, et sévissant dès novembre 2019, n’a pas seulement bouleversé la donne au niveau sanitaire, mais davantage au niveau économique, et plus encore au niveau techno-industriel.

En effet, plusieurs mutations se sont déclenchées, et donc non pas seulement virales, puisque dans la perspective d’une seule et même révolution : celle de la valeur. Valeur-, valeur-travail et valeur monétaire, tout devant être liquidé au nom d’une seule priorité : la Bourse. Comme si les valeurs refuges n’existaient plus. Enfin, il fallait permettre aux États de dédommager les arrêts de travail massifs inhérents aux confinements décrétés dans la panique. En l’occurrence, des millions de chômeurs français ont perçu de quoi se nourrir, notamment ceux qui étaient en fin de droits en janvier 2021. Précisément, au sujet de l’Hexagone, l’addition sera très salée : 260 milliards euros, alors que la dette publique s’élevait déjà à 2.000 milliards !

Plus encore qu’en 2008, au moment où le système financier était en passe d’imploser à cause d’une subite  du crédit immobilier, les banques centrales étaient dans l’obligation de générer très artificiellement des liquidités pour que les échanges boursiers puissent, en réalité, se perpétuer, autrement dit s’intensifier. Depuis lors, la production massive de dollars et d’euros est devenue la règle d’or, pour que l’argent pèse, un tant soit peu, son pesant d’or. Mais, comme l’a déclaré l’économiste Jean-Marc-Daniel, le 2, dans Le Point : « L’argent magique provoque de multiples dégâts. » Sans oublier les bitcoineurs et leurs sautes d’humeur, autant de tsunamis spéculatifs, de paris perdants sur une monnaie virtuelle échappant, par essence, à la mainmise de la Troïka financière. Tant de folie pour une monnaie sans valeur réelle, si ce n’est, souvent, pour blanchir son argent sale.

Ainsi, que de chemin parcouru depuis la création du Fonds monétaire  en 1944 et le retour définitif à la convertibilité des monnaies en 1958 ! Le FMI, ou le machin de la globalisation financière, le juge de paix quand un État est en perte de crédibilité. En vérité, les États-nations peuvent toujours s’effondrer, seuls les banquiers sont à même de miser sur un politique de pacotille, comme Mario Monti en Italie, en novembre 2011, celui-ci si fort d’avoir été, en autres, consultant chez Goldman Sachs en 2005. Dans tous les cas, pour que les mêmes gagnent encore, la guerre des monnaies doit être connectée à celle des dettes, le tout permettant aux divers lobbies de prendre le contrôle tacite des vieilles structures étatiques.

Et dans ce processus malsain de destruction de la propriété comme de la main-d’œuvre, par culte de l’ des prix comme de l’appréciation des monnaies, le paiement doit nécessairement s’opérer sans billet ni petite monnaie. Par conséquent, nos visages pâles paient cher, de surcroît en monnaie de singe, plus personne n’étant le véritable propriétaire de ses biens ni de ses data ni de son argent. Ou quand la banque d’affaires réduit à néant le rôle social de la banque de dépôt. Puisque l’actuelle crise sanitaire devait, en réalité, montrer au monde entier la force du Marché, y compris même sur la base de son extrême fragilité. Un colosse aux pieds d’argile.

Henri Temple

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