SYMBOLES, DU MONDE PAÏEN AU MONDE CHRÉTIEN

Depuis la nuit des temps, l’homme use de symboles : les dessins rupestres sont symboles religieux et non, comme on l’a cru longtemps, des fresques narratives. La symbolique évolue en fonction du degré de la civilisation : on peut distinguer quatre étapes qui se chevauchent et/ou coexistent.

• 1) Le symbole matérialise un concept philosophique ou religieux inaccessible autrement au commun des mortels. En général, le symbole est inclus dans une narration, mythe, conte, légende, épopée…

• 2) Le symbole représente une chose concrète ou abstraite et se substitue à elle par souci de poésie (neige et vieillesse), par pudeur ou tabou (avoir la puce à l’oreille), par similitude de forme (ventre et grotte), par recouvrement de caractère (rat et avarice)…

• 3) Le symbole masque une vérité que l’on ne veut pas ou que l’on ne peut pas exprimer en clair : ésotérisme (alchimie), sociétés secrètes ou sectes (franc-maçonnerie), politique, psychanalyse…

• 4) Le symbole permet les jeux de mot, sur les armes (Hugues Capet, abbé de Senlis, élu roi, pris pour écu un semis de lys  — cent lis —  sur champ d’azur  — le fleuve —) ; les rébus, le pictionary (contraction de picture et dictionary).

La deuxième série permet d’obtenir quelques renseignements sur les mœurs, la troisième est inexploitable sauf par les personnes concernées directement, la quatrième catégorie, un temps utilisée pour favoriser l’éveil des enfants à leur langue maternelle, a été abandonnée par suite de trop nombreuses confusions de sens et d’orthographe.

Universalité des symboles philosophiques

Les symboles philosophiques et religieux sont remarquables par leur universalité. Du Mexique au Danemark, du Japon à la France, de Chine en Australie, le même animal, la même plante expriment la même idée. Aucune explication rationnelle ne peut être avancée sinon l’observation : mais est-ce vraiment une explication ? En effet, à partir d’une même observation, il est possible d’entreprendre différentes études qui déboucheront sur des enseignements différents ; or, les anciennes civilisations ont une sorte d’uniformité de vue ! Ces symboles, dont certains remontent au néolithique, ont été repris ou absorbés par la religion chrétienne, mais, l’Europe seule est réellement concernée car, la christianisation de l’Amérique s’est faite par le vide (massacres importants, isolation des autochtones, non-souci de conversion) ; celle de l’Afrique n’a concerné que les zones non-musulmanes, les massacres furent politiques, et, du point de vue religieux, les idoles ont cédé le pas aux rituels (“Gospel” par ex.) ; en Asie, comme dans le monde islamisé du temps passé, il y a eu coexistence (pas forcément pacifique) des anciennes religions et de la nouvelle.

Sanctuaires mariaux et déesses-mères païennes

D’une façon générale, on remarque que les sanctuaires mariaux les plus importants se situent sur les zones d’influence d’une déesse païenne : Lourdes et la Vénus de Cauterets, et, plus troublant, les régions ayant opté pour le protestantisme sont les aires de tribus guerrières où les femmes ne jouaient aucun rôle dans l’organisation sociale (épouses et mères seulement), alors que les pays actuellement catholiques et fortement attachés à la Vierge furent des nations dévouées à une déesse-mère toute puissante (Maeva en Irlande).

Le nomadisme et le fractionnement en petites unités sociales ont aussi joué un rôle dans l’essaimage des symboles et leur amalgame au christianisme. Jusqu’en l’an 500, les mouvements migratoires répondent à des impératifs alimentaires plus que conquérants, même si l’on se bat souvent. Si, durant une période de 30 à 50 ans aucune épidémie ou catastrophe naturelle ne décimait la tribu, il y avait surpopulation, d’où nécessité d’éliminer le surnombre d’individus par un départ concerté. Pour accroître les chances de survie des exilés, plusieurs tribus regroupaient leurs migrants, et se mettait en marche une horde qui, en cours de route, s’augmentait souvent. Chaque groupe avait son langage, ses dieux, ses coutumes, mais, chemin faisant, progressivement et inconsciemment, tout cela se mêlait. Ils allaient ainsi, parfois en un voyage de plusieurs décennies, jusqu’à ce qu’ils trouvent une terre vierge pouvant les nourrir : partis des Monts de Thuringe vers la Pologne puis la Biélorussie, descendant vers l’Ukraine pour revenir sur leurs pas par la Slovaquie, la Hongrie, atteindre la vallée du Rhône, la descendre, suivre la côte méditerranéenne jusqu’à l’Andalousie, tel fut le périple des Wisigoths d’Espagne ! (Une partie de la troupe s’installa sur une bande de terre de l’Italie du Nord à la Croatie actuelles, en gros). Au terme du voyage, ceux qui étaient partis étaient morts en route, ceux qui arrivaient ne savaient pas leur origine, la culture initiale s’était diluée au contact d’autres cultures (haltes, compagnons de voyage, unions…) ; le temps est facteur d’oubli.

◊ LE CYGNE : 

Sous la forme de cet oiseau, Zeus féconda Léda. Dans la Grèce antique, le cygne n’est pas un animal local, mais, le pays est situé sur un axe de migration : les gens ont pu voir un animal, fatigué ou blessé, lors d’une pause. La rareté, la beauté ont fait naître l’idée de l’associer à Zeus. Sur l’axe de migration, en Europe centrale, les devins étudiaient le vol des cygnes pour en tirer un présage pour l’année nouvelle (qui commençait au printemps). Pour les peuples familiers des cygnes, plus que la grâce et la blancheur, le fait marquant était sa disparition durant les mois de froidure. Il devint donc symbole de pureté et de jeunesse : de nombreuses légendes mettent en scène des hommes-cygnes (Lohengrin en Allemagne ; Andersen d’après des traditions orales, au Danemark ; etc.). Il est à noter que le cygne est associé à une femme (épouse, sœur) mais que la femme elle-même n’est que rarement cygne.

Ces légendes orales ont atteint des régions où le cygne est très rare, voire inexistant, il a donc été remplacé logiquement par l’oie et le canard. L’oie était associée au dieu Mars dans la Rome antique (les oies du Capitole). Sequana est représentée debout, un canard dans ses bras ou à ses pieds : le long de la vallée de la Seine, il existe plusieurs représentations de la Vierge au canard, (av. le XIIe siècle). Très tôt, les tribunaux ecclésiastiques, (l’Inquisition), se sont élevés contre cette imagerie : le canard a toujours joui de mœurs sexuelles douteuses, contre sa volonté sûrement !!! Extrait d’un texte religieux du XIIe, en français moderne : « L’oie est un animal blanc extérieurement, mais sa chair est noire ; Notre Seigneur l’a mise parmi les hommes afin qu’ils ne se laissent pas duper par ces faux croyants dont l’apparence de pureté cache l’âme la plus noire ; la Très Glorieuse Mère de notre Sauveur ne saurait être représentée au côté de cet animal ou de tout autre lui ressemblant». Le rapport cygne-pureté ou cygne-protection divine est aussi linguistique. Au VIe siècle, on constate dans des traductions latines, un glissement entre Algis = cygne et Hal ghis  = protection du sanctuaire (actuelle Allemagne). Plus tard, le gothique oublié, pour garder cette association, on liera étymologiquement swen = blanc et sunn = soleil (mot féminin) (XIe).

◊ LE SANGLIER :

Lui aussi est un animal courant et va englober dans sa symbolique la laie, le cochon et la truie. Dans la Grèce, la mythologie représente le sanglier comme instrument des dieux : il est tueur ou tué selon que le héros a été condamné par les dieux ou testé (Héraclès, Adonis, Attis…). Le sanglier était attribut de Déméter et d’Atalante. Dans les cultures germano-nordiques, il est attribut de Freya, et Frey, son frère, a pour monture un sanglier aux poils d’or. C’est peut-être Freya qui est devenue en terres erses et celtiques la déesse Arwina, figurée avec un sanglier, et qui, en France, a donné son nom aux Ardennes et à l’Aude, ainsi que divers prénoms : Aude, Audrey, Aldouin, Ardwin… En outre, en Irlande et en France, le sanglier représente symboliquement la classe des druides et, plus tard, les prêtres : il figure à ce titre sur un des chapiteaux de la basilique de Saulieu — 21 —. Parce que lié à la fécondité, de nombreuses légendes mettent en scène des héros élevés par des suidés ; parce que lié à la force mâle, sa chasse fut longtemps initiatique.

L’Église a tenté d’intervenir, mais sans succès cette fois, pour 4 raisons essentielles :

  • 1) trop répandus, sangliers et porcs sont une ressource alimentaire importante ; la peau, les défenses, les ongles, les os… tout ce qui n’est pas mangeable sert à l’artisanat utilitaire ;
  • 2) il est associé à trop de saints populaires : Antoine, Émile, Colomban… ;
  • 3) mettre l’interdit sur les porcs serait avoir la même attitude que les juifs,
  • 4) en Allemagne, il y eut confusion étymologique entre Eber = sanglier et Ibri, ancêtre mythique des Hébreux et donc du Christ, parfois représenté sous forme de sanglier (à Erfurt not.).

◊ LE CERF :

Le dernier élément du bestiaire symbolique que je présente est le cerf (élan, renne, chevreuil, daim…). « Au pied de l’Arbre du Monde, quatre élans broutaient… », ainsi commence la légende germano-nordique. La Bible, Cantique des Cantiques, développe l’association femme-gazelle, laquelle correspond très exactement à l’association femme-biche. Héraclès chasse la Biche aux Pieds d’Airain tandis qu’Artémis se promène dans un char tiré par quatre biches. De nombreuses légendes mettent en scène des femmes-biches : Ossian en Irlande, naissance de la Hongrie… Gengis Khan serait né d’une biche et d’un loup ! La biche, sous son apparente douceur, reste un animal inquiétant, toujours doté de pouvoirs magiques : fée ou sorcière se transformant ou innocente victime d’un maléfice.

Les mâles, par contre, sont symboles de force et de courage, image issue de tribus où la chasse est vitale. Leur ramure est associée aux rayons du soleil : le dieu celte Esus porte une ramure de cerf. C’est ce rapport qu’il faut voir dans le char (symbole solaire également) du Père Noël, tiré par des rennes (solstice d’hiver). Quant aux cornes des cocus, elles sont historiques et honorifiques ! Lorsque les rois, puis empereurs, de Byzance prenaient pour favorite, concubine ou maîtresse une femme mariée, des cornes d’or étaient apposées sur la façade de la maison de l’époux, en signe de haute distinction. L’Église a tenté de gommer ces cerfs gênants parce que trop païens, sans plus de succès qu’avec les sangliers, parce que :

  • 1) le cerf était un gibier noble, uniquement chassé par les nobles et le dévaloriser était s’attaquer à la force politique et militaire ;
  • 2) de ce fait, ils étaient, aux yeux du peuple, nobles et sacrés (peine de mort pour le manant qui abattait un cerf) ;
  • 3) trop de saints populaires l’avaient pour attribut : Hubert, Meinhold, Oswald, Procope…

Cependant, le travail de sape des ecclésiastiques a donné un résultat inattendu, l’expression “couard comme un cerf”, en dépit du bon sens.

De la symbolique des plantes

Pour la symbolique des plantes, la signification est plus ciblée, car, jusqu’au XVIIIe siècle, la classification n’existait pas, et, deux plantes voisines peuvent être dissemblables alors que deux plantes sans parenté peuvent se ressembler. La situation géographique, climat et géologie, influe plus sur les plantes que sur les animaux. Enfin, une plante est statique, et frappe moins l’imagination qu’un animal. Donc, les plantes symboles sont médicinales ou comestibles, avec une restriction : nous devons garder à l’esprit que durant plusieurs millénaires la plante-mère a évoluée par sélection naturelle ou intervention humaine (l’épeautre a une action bénéfique sur le système nerveux que le blé n’a pas).

◊ LE CHARDON :

Le chardon, plante médicinale (il en existe plusieurs variétés), et légume en période de disette (avant l’artichaut ou en son absence), a frappé l’imagination parce qu’il pousse dans des conditions extrêmes (terrain pauvre, résistance aux chaleurs et aux froidures)… Il a donc été symbole de la résistance à l’oppresseur (en Écosse) et étalé sur les portes ou posé sur les cheminées pour chasser les mauvais esprits. Le chardon acaule s’ouvre ou se resserre en fonction du taux d’humidité de l’air : ne sachant à quoi attribuer ces mouvements de corolle, certains peuples l’utilisèrent comme oracle : on posait une question au chardon et on revenait le lendemain, si le chardon était ouvert la réponse était favorable. Il fut aussi symbole de la femme-mère protectrice du foyer en référence à la carde (qui servait à carder la laine). Les gnomes et autres esprits domestiques s’en servaient pour punir (mis dans les litières, paillasses, chaussures…) ou pour aider (carder, guérir…). Les ronces et le citronnier ne poussant pas partout, il fut Couronne d’Épines du Christ.

◊ LA TANAISIE :

La Tanaisie est un chrysanthème, qui, comme le chardon, se dessèche sans faner. De cette qualité d’immortelle et de sa couleur jaune, elle fut très tôt associée au soleil, d’autant qu’elle fleurit en été, puis, aux débuts de la christianisation, à la vie éternelle. L’odeur très forte qu’elle dégage dut être liée à des pratiques magiques avant que l’homme ne s’avise qu’elle éloigne bon nombre de “parasites” (avec plus ou moins d’efficacité) : puces, poux, mouches, moustiques… La médecine progressant, de l’usage externe, on passa à l’usage interne, tisanes et décoctions vermifuges : l’Église suivit, et la tanaisie devint symbole de la foi missionnaire. Mais, en faire des bouquets que l’on pendait dans les étables ou les pièces d’habitation en fit, très tôt aussi, une fleur ornementale et le symbolisme y perdit sa force et sa valeur.

◊ L’ÉGLANTINE :

L’églantine (et la rose), sont symboles de jeunesse inaltérable, de noblesse et de pureté ; ces fleurs furent naturellement attributs de la Vierge ; en Grèce, rattachées au mythe et au culte d’Adonis, elles expriment la métamorphose et la renaissance. Souvent représentées en quintefeuilles sur les écus, bas-reliefs, chapiteaux, linteaux, guirlandes…, ces fleurs font intervenir un autre type de symbole, plus profond peut-être, celui des chiffres : 5 = 3 + 2, c’est l’association du concept mâle (3) et du concept femelle (2).

Arbres-symboles

Très peu nombreux sont les arbres symboles païens devenus symboles chrétiens : peut-être parce que dans l’esprit des hommes anciens il n’existait que 2 types d’arbres, ceux que l’on pouvait utiliser (chauffage, construction, teinture, alimentation…) et ceux qui ne servaient à rien ; les premiers étaient trop “matérialistes”, les seconds “inexistants” pour qu’ils aient valeur symbolique.

◊ LE CHÊNE :

Cependant, le chêne, par son aspect majestueux et la qualité de son bois s’est imposé. Il est toujours associé à un dieu majeur : Thor dans les civilisations nordiques, Donar en Allemagne, Perkunas en Lithuanie, Zeus en Grèce, Jupiter à Rome ; arbre isolé représentant le dieu lui-même, bois sacrés ou forêts sanctuaires. Si, en Grèce le chêne était la demeure des dryades (nymphes), en Europe Centrale il se transformait en une sorte de sirène-vampire. Pour les chrétiens, il est symbole d’immortalité : le bois de la Croix fut longtemps en chêne! Le chêne sous lequel Saint Louis rendait la justice est sûrement plus symbolique qu’historique.

◊ LE SAPIN :

Le SAPIN, a un parcourt plus tortueux et moins net. À l’origine, le pin noir est attribut d’un dieu ou déesse des batailles, sur une grande partie des pays nordiques et baltes : il était habituel de pendre les dépouilles (sauf le cadavre) des soldats vaincus aux branches de ces arbres ; il est bien difficile de démêler le rite social du rite religieux d’un tel comportement, les deux étant probablement liés : image tangible de la victoire et offrande. Au moment de la christianisation de ces régions, cette pratique s’était effacée, mais, devaient subsister, de façon occulte, des “dons” à un arbre représentant une divinité, sortes d’ex voto. Par quelles arcanes de la mémoire collective cette coutume a-t-elle transitée ? Car, ce n’est qu’au XIXe siècle que le Sapin de Noël (un épicéa, le plus souvent), a resurgi, les branches couvertes d’offrandes, mais associé au christianisme sans être élément religieux. Il faut noter que le “mai” a une autre origine, reprise par les “Rameaux”.

Les choses-symboles

Les choses symboles sont innombrables et surtout reflet de civilisation. Il nous est difficile, à nous, hommes modernes, d’imaginer ce que tel objet pouvait représenter pour les hommes anciens : un pot, c’est toujours un pot, un récipient pour cuire ou conserver. Il y a mille ans, un pot était signe d’aisance, objet utilitaire et précieux que l’on transmettait en héritage ; c’était aussi la recherche de la meilleure argile, du décor ; c’était encore l’angoisse de la cuisson dernière épreuve pouvant anéantir bien des heures de travail ; c’était enfin l’image d’une famille réunie dans l’assurance d’un repas ; c’était… peut-on savoir ? 

◊ LE CŒUR : 

Dans l’imagerie religieuse, sans cesse revient le CŒUR. Il était courant de prêter à ce muscle les qualités du cerveau, à ce point que, de nos jours, restent toute une série d’expressions qui en atteste : agir selon son cœur, va où le cœur te porte… Les premières formes d’écriture en Europe sont des idéogrammes dont certains subsisteront jusqu’au XIIIe siècle avec valeur de lettre (runes), d’autres disparaîtront : le cœur est de ceux-là. Il était symbole de la femme puisqu’il représente en réalité les organes génitaux externes stylisés, symbole étendu à tout ce qui est d’essence féminine, il est associé à la terre et au soleil, au cycle de reproduction et de culture. L’iconographie chrétienne en a largement usé et abusé comme représentation de l’Amour, siège des pensées et sentiments nobles… au point que le cœur dans tous ces états (sauf celui de viande !) s’étale depuis des siècles dans une certaine littérature qui fut tour à tour courtoise, galante, romanesque avant d’être rose, grivoise ou X !

◊ L’ANCRE : 

L’ANCRE n’est pas présente dans les anciennes cultures, et pour cause, c’est un objet récent. Sans que rien le laisse prévoir, l’ancre est apparue associée à la Vierge sur quelques représentations moyenâgeuses, sporadiquement et spontanément, puis est retombée dans l’oubli. Cette bizarrerie n’en est que plus suspecte, d’autant que les dites Vierges, en pied sur l’ancre, surgissent dans les terres, loin de la mer et des voies d’eau navigables : il faut y voir la transposition d’une déesse (Freya ?) debout sur le marteau de Thor. Beaucoup plus tard, les mariniers reprirent cette image, en toute logique. Quant aux croix ancrées, il s’agit d’un système de fermeture de porte et non d’une ancre ; les croix ancrées sont apparues tout d’abord sur les écus, dans les armes et signifiaient “je garde au nom du Christ”.

◊ LE MARTEAU :

Puisque le MARTEAU est cité, autant signaler que lui n’a jamais quitté la symbolique païenne ; Thor, juge impitoyable des guerriers, a transmis, tel quel, son instrument aux hommes contemporains : le marteau siège au tribunal ! Avant d’être utilisé, également avec le sens de sentence rendue, par les commissaires priseurs, il servit, toujours avec ce sens, a entériner les mariages. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, on pouvait trouver dans les campagnes françaises des “forgeux” : forgerons véritables qui, en plus de leur métier somme toute banal, chassaient les esprits ; le malade (souvent névrosé ou psychotique) était étendu nu sur une table dans la forge ; le “forgeux” abattait sur lui sa masse la plus effrayante et arrêtait son geste au ras de la poitrine ou du ventre. Ou on était débarrassé de toute psychose ou on devenait complètement fou de terreur !

Les premières sociétés humaines dressèrent des axes de vie ou axes du monde, symbole du lien des dieux avec les hommes. Sous différents aspects, ce symbole est universel et perdure : menhir, lingam, pyramide, totem, arbres ou pieux sculptés… La Croix et les cierges (avec la flamme en plus) sont chargés de ce sens.

L’évolution n’est donc que la prise de conscience des phénomènes et leur enrobage dans diverses enveloppes fournies par la société. Notre esprit est le même que celui de Lucy !

► Marie Brassamin, Vouloir n°142/145, 1998.

http://www.archiveseroe.eu/tradition-c18393793/44

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