Du Christianisme au Libéralisme : le chemin de la décadence

Que ce soit dans le cadre de colloques internationaux, de séminaires organisés par des autorités universitaires, ou plus simplement de débats télévisés, le monde intellectuel est dominé par une idéologie qu’il est malaisé de définir, mais qui projette son ombre omniprésente sur tous les champs du savoir. La recherche de la vérité DOIT passer préalablement par le “filtre” castrateur de la pensée du Big Brother universel.

Dans un essai collectif paru sous la direction de Watson Fuller (La Responsabilité scientifique, Hermann, 1974), le professeur Geoffrey Beale signale que certains savants se sont prononcés pour la suppression des crédits affectés aux recherches dont les résultats n’iraient pas dans le même sens que les croyances universalistes et égalitaristes.

Des sciences telles que la biopolitique ou les expériences en génétique sont jugées dangereuses, anti-chambre de la philosophie scientifique nazie ! Il suffit de suivre d’assez près les milliers d’ouvrages qui paraissent en économie pour juger de cette hantise moderne. Malgré le cynisme de gens comme Jacques Attali, Jacques Delors, André Leysen, Alain Minc et consorts, qui, en bafouant en pratique leurs propres dogmes pour s’enrichir, n’en développent pas moins une idéologie des Droits de l’Homme certes très théorique, les sciences économiques baignent dans cet “humanisme” enfanté par les Loges ou par les doctrinaires du Club de Rome.

Comment une telle vision du monde a-t-elle pu s’élaborer et s’enraciner aussi profondément dans le mental des hommes de cette fin de XXe siècle, aussi bien en Europe qu’en Amérique et, dans une moindre mesure, en Asie et en Afrique ? Le chemin parcouru peut être synthétisé dans le parcours des “révolutionnaires” de la génération mai 68, qui se passe en 5 phases :

◊ 1) Révolte aveugle contre la société et contre toutes hiérarchies. C’est la phase “anarchiste”, sentiment avorton d’une plèbe mal née qui rejette la beauté, l’harmonie, la Tradition et ses lois. Le mouvement est lancé par les scories de la société, les désaxés, les refoulés, les métis et les malades de tous ordres. À Rome, c’est dans cette population que les chrétiens trouveront le meilleur appui à leurs phantasmes. Rejetés par le Beau et le Fort, les exclus aspirent dans leur néant nihiliste à une idée qui modulera la revanche de leur haine.

◊ 2) Du stade “anarchiste”, le révolté passe au stade marxiste, ou “gauchiste” pour les contestataires de mai 68. La revendication sociale s’inscrit dans une vision messianique de l’évolution des peuples. Abolition des acquis de « l’ancien système » et suppression des Ordres nés de la Tradition. La famille, la nation, l’art classique, autant de cibles de choix pour les marginaux en guerre. Les marxistes trouveront même le moyen de modifier la biologie (doctrine de Lyssenko) et découvriront un sens à l’Histoire dont l’aboutissement est bien entendu le Communisme universel.

◊ 3) Déçu du marxisme et de ses faillites, le “déraciné” poursuit son chemin vers l’Invisible, c’est-à-dire vers la psychanalyse. Ne pouvant régenter les hommes, il s’emploie à les analyser au microscope de ses délires. Karl Marx est complété par les théories de Sigmund Freud ou par les délires de Wilhelm Reich. Tout ce qui n’avait pas été détruit par le marxisme le sera par l’interprétation psychanalytique du monde : les anciens dieux et les contes de fées (Bruno Bettelheim), la famille et les rapports entre hommes et femmes, l’éducation, les rêves (Carl G. Jung), etc… Les thérapies de groupe remplacent les défilés de rue, l’introspection nombriliste poursuit l’auto-critique marxiste. Puisqu’il ne peut ou ne veut saisir le monde, le désaxé essaie de se comprendre lui-même ; il échoue… Il ne reste donc plus que Dieu, fuite facile pour exorciser les hantises qui naissent des cogitations maladives !

◊ 4) Après l’anarchisme, le marxisme, la psychanalyse, voici donc LA solution à tous les maux : Jéhovah, Yahvé, Dieu-Le-Tout-Puissant et son fils venu sur terre pour racheter les “péchés” des hommes. Le “déraciné” adhère à une doctrine religieuse vomie par les peuples du désert, bricolée de traditions diverses et hétéroclites. Le christianisme permet au marxiste de plaider la cause des faibles et de figer l’Histoire en une rectiligne marche vers le “paradis” où chacun sait que les puissants auront bien des comptes à rendre ! Le très mystique Freud n’y perd rien non plus ; nos phantasmes ne sont-ils pas une déviation du “péché originel” ? Le nihilisme des médiocres pourra s’épanouir dans la vision onirique d’un égalitarisme où races, cultures, conditions sociales et traditions sont ravalées au rang unidimensionnel du christianisme. Mais pour tenir une place dans la société, chose qu’il souhaite ardemment, le déraciné ex-révolutionnaire doit s’affirmer dans une “réussite” où sa vanité donnera la mesure de son égoïsme.

◊ 5) N’étant plus lié à rien, le désaxé peut donc tout se permettre et donner à son égocentrisme la forme la plus achevée de sa petitesse : le libéralisme à prétention humanitaire. Mélange de socialisme mitterandesque, de christianisme, de Droits de l’Homme, de sociologie, le libéralisme permet de s’enrichir tout en ayant bonne conscience. La doctrine a ses papes : Keynes, Friedmann, Fisher. Et ses évêques, Silvio Berlusconi, Bernard Tapie. “Du pavé à la carte de crédit” écrit un ex-gauchiste fustigeant ses anciens amis tombés dans un culte de la réussite personnelle, tel Serge July, actuel direc-teur du journal Libération, publication reconvertie au pire matérialisme teinté de sous-culture made in USA…  Car si le Grand Dogme a ses papes et ses évêques, il possède aussi sa Terre Promise : les Etats-Unis d’Amérique. La Bible et le dollar, le pays où l’on trouve le plus grand nombre de psychanalystes et… de tarés ! Le pays de la corruption et de la criminalité, mais aussi celui du “busing” racial et des centaines de sectes d’inspiration chrétienne.

Le cercle se referme sur l’itinéraire du déraciné. De l’anarchisme au libéralisme, en passant par la parole du Christ et de celle de Marx, le “branché” pourra se rendre en pèlerinage à Wall street, puis se reposer au Club Med de monsieur Trigano, le “babylonien” de service.

Mais il reste un espoir de voir un jour s’abattre cette monstrueuse construction d’hypocrisie et de bêtise. Le marxisme meurt lentement dans les décombres d’une URSS qui ne tient plus que par l’aide de la Banque Mondiale. La Chine, dix ans avant Moscou, a pris les mesures nécessaires pour s’ouvrir à l’économie marchande, enterrant ainsi sa révolution culturelle et les préceptes marxistes. La psychanalyse est remise en question dans toutes les facultés et les méthodes modernes d’éducation sont mises au placard par ceux-là même qui les avaient appliquées. Les plus récentes découvertes de la biologie balaient les doctrines égalitaires. Konrad Lorenz est Prix Nobel, Bernard-Henry Levy ne le sera jamais…

Malgré des décennies de mensonge (par ex., l’histoire récente de l’Europe et de la Deuxième Guerre mondiale) une aube éclaire les cieux européens. Le renversement du mur de Berlin n’est sans doute qu’une première étape dans la voie de la libération des peuples d’Europe. Le christianisme balbutie de synodes en schismes ses dernières vilénies et les églises, comme les séminaires, se vident peu à peu. Dieu n’est ni mort (Frederich Nietzsche), ni “en réparation” (Louis-Ferdinand Céline), il n’a jamais existé ! Le libéralisme, miné par les différentes crises économiques, le chômage, l’immigration, la dette du tiers-monde, la pollution, le “mal de vivre” de ses élites, s’essouffle dans sa pusillanime course au bonheur.

Des hommes et des femmes d’horizon très divers redécouvrent d’autres valeurs et réagissent contre cet état de fait. Les valeurs traditionnelles de nos peuples reviennent en première ligne malgré une entreprise de destruction sans précédent par les médias. Plusieurs pays d’Europe ont donné à des partis nationalistes des élus au Parlement de Strasbourg et les ethnies des pays de l’Est retrouvent la fierté d’exister par elles-mêmes. Laissons crever la dernière génération des homoncules du petit bonheur, le vent qui souffle du désert n’a pas égratigné la forteresse Europe. Les walkmen, les jeans, les Bibles et les discours chimériques s’embraseront bientôt au souffle du dieu Lug dont le feu purificateur fera renaître l’Empire des fils d’Hyperborée…

► Daniel Derbaudrenghien, Combat Païen n°7, déc. 1990.

***

♦ Pour prolonger : B.A.-BA du néo-paganisme (C. Bouchet, Pardès, 2001)

http://www.archiveseroe.eu/tradition-c18393793/42

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