Élections régionales : la montée en puissance des listes communautaires, par Marie d’Armagnac.

En Île-de-France, en Bretagne, dans les Hauts-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Grand Est, l’Union des démocrates musulmans français (UDMF) présente des candidats aux élections régionales et départementales.

Pour les municipales de 2020, les listes de l’UDMF étaient considérées par les préfets comme des listes communautaires, terme que le fondateur récuse totalement.

Fondée en 2012 par Nagib Azergui, l’UDMF est née « suite au constat tragique que le musulman était devenu un argument électoral majeur et récurrent dans la vie politique de notre pays ».

Dès le départ, le ton victimaire est donné, le filon exploité à outrance et décliné sur tous les tons. Le piège mitterrandien d’accusation « a priori » de  né dans les années 80, et qui ces derniers temps renouvelle son expression par les accusations d’islamophobie, fonctionne encore. Et l’UDMF en est un des derniers avatars. Leur leitmotiv de la campagne des régionales ? « Tous unis contre l’islamophobie. Agir pour ne pas subir. »

Conscients que la tendance démographique de la France joue en leur faveur, les musulmans français (on appréciera la subtile différence de priorité avec ceux qui se disent français musulmans) passe à l’action politique directe, ce que leur permet le régime politique français, libéral et démocratique. Il est d’ailleurs très difficile d’interdire les listes communautaires, comme l’avait demandé, en son temps, Bruno Retailleau : une telle interdiction serait entachée d’inconstitutionnalité.

« Au sein de l’UDMF, nous croyons en la force de l’engagement politique. Nous voulons protéger les plus fragiles, lutter contre le rejet, combattre l’injustice, préserver notre écosystème, préparer l’avenir de nos enfants et sauvegarder le rôle central de la famille », écrit Nagib Azergui. Propos lénifiants, sans aspérité et qui ont tout du cheval de Troie. Si le hashtag « La République, c’est nous » fleurit sur les réseaux sociaux, le hashtag « Touche pas à mon hijab » aussi. Car, sous couvert d’humanisme bienveillant, les revendications communautaristes, empruntées à l’idéologie de , sont bien présentes.

À l’UDMF, on milite en effet pour le renforcement de la Cour européenne des droits de l’homme () afin que celle-ci ait un pouvoir de contrainte ou de sanction, notamment en matière de droit des . Ils dénoncent les « violences policières […] sur les camps de réfugiés à Paris ».

À l’UDMF, on réclame le droit de vote pour les étrangers résidant et travaillant en France, en particulier extra-communautaires.

Enfin, à l’UDMF, on veut réécrire l’histoire coloniale de la France : « Il est de notre devoir d’agir pour la sauvegarde de notre mémoire et en finir avec ce roman national. » Et déconstruire l’Histoire… L’histoire de l’Algérie française, « réalité effroyable », est honnie et les militants de l’UDMF exigent l’ouverture des archives de la guerre d’Algérie « et la reconnaissance pleine et entière de ces crimes de guerre et de ces crimes d’état ».

Si le  est l’ennemi juré de l’UDMF, la loi confortant les principes républicains, anciennement loi contre le séparatisme, est dans leur viseur : ils ont, d’ailleurs, lancé une pétition, hébergée par le blog de Mediapart, pour « élever nos voix contre la surenchère islamophobe qui nous prive de nos droits fondamentaux ». Assez habilement, ils jouent l’État de droit contre la France, ce piège que nous a tendu l’Union européenne.

Enfin, évoquant l’importance de l’engagement en politique de l’UDMF aux élections régionales, les militants exhortent ainsi les électeurs : « Faites en sorte que vos enfants soient fiers de vous et bénissent votre combat. »

Et si on les prenait au mot ?

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