La responsabilité de la profession journalistique dans la propagation de fausses nouvelles

Lu dans La Nef :

Le film documentaire Hold-up : retour sur un chaos, sorti sur la plateforme Vimeo le 13 novembre 2020, a réalisé une audience inattendue alors même que ses producteurs ne parvenaient pas à trouver un média classique pour le diffuser. Cette réalisation du journaliste Pierre Barnérias, ancien de France 2, traite de la manière dont la pandémie de Covid-19 a été gérée au cours de l’année 2020 en France et dans le monde. Elle a vite été qualifiée de « conspirationniste », terme que l’on retrouve sur sa notice wikipédia.

Il s’agirait d’un mélange de vérités et de contre-vérités, d’un documentaire cousu de fil blanc qui laisserait apparaître à la fin du reportage l’existence d’un grand complot mondial profitant de la propagation de la pandémie. Il faut se rendre à l’évidence : ce film cède à la tentation de vouloir à tout prix résoudre les énigmes pour le bon déroulement du récit, sans la recherche de preuves tangibles. Mais il apparaît étonnant que toute l’intelligentsia se soit ruée pour le disqualifier alors qu’il ne diffère pas, sur la forme et sur la méthodologie, des reportages de Cash Investigation sur France 2.

Depuis quelques mois, une véritable confusion règne dans les médias. Le fait vérifiable et la preuve journalistique semblent être devenus relatifs. La pandémie de Covid-19 a fait apparaître une véritable crise de l’information. On parle facilement de « fake news », anglicisme qui est dé­sormais entré dans le langage courant. La thèse officielle est celle-ci : le développement des réseaux sociaux a rendu accessible aux amateurs le métier de journaliste. Il est facile aujourd’hui de créer un blog, de faire des films sur Youtube ou autres plateformes, d’y produire de l’information et de donner son opinion, sans répondre aux exigences de la profession. La caisse de résonance du web participatif aurait médiatisé les discussions de comptoir et ainsi les rumeurs. D’où l’idée de fausse information qui, depuis l’apparition de Facebook en 2004, se serait multipliée. Cette explication est vraie, mais partielle. Elle empêche la profession journalistique de voir sa propre responsabilité dans la propagation de fausses nouvelles. Elle néglige toute l’histoire de la désinformation depuis l’apparition des mass media. [Lire la suite]

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