Confrontés à la trahison de la classe dirigeante, la majorité des Français de souche oscillent entre naïveté et fatalisme 2/2

La classe dirigeante a mis en place cette politique d’immigration avec un double objectif. Le premier est d’empêcher, grâce à l’importation massive de travailleurs low cost, les hausses de salaires dans les secteurs non délocalisables. Le second objectif est pour la classe dirigeante plus important encore : dans des pays européens caractérisés par la faiblesse de leur démographie, l’immigration massive permet d’y augmenter le nombre des consommateurs et d’y maintenir donc d’importants débouchés. Plus généralement, la classe dirigeante veut mettre en place un monde sans frontières, en Occident du moins, au sein duquel la population de consommateurs-producteurs mobiles, interchangeables et sans identité peut augmenter régulièrement grâce à la croissance démographique mondiale.

La plupart des Français de souche, là encore, n’y voient goutte. Ils sont certes de plus en plus inquiets de l’immigration et de ses conséquences. Ils voient bien que la délinquance et le sentiment d’insécurité qu’ils subissent résultent de l’immigration de façon presque exclusive. Mais ils n’ont aucune conscience de ce que, loin de vouloir réguler et encadrer l’immigration, la classe dirigeante cherche au contraire à l’accroître. Les Français ont pourtant les preuves de la trahison sous les yeux. Les instances européennes et les organisations patronales déclarent ainsi, à intervalles réguliers et de façon et parfaitement publique, que la poursuite et l’accroissement de l’immigration sont nécessaires à l’économie et au développement de nos sociétés. Avant même d’être élu, E. Macron avait lui aussi annoncé ses intentions sans ambiguïté en déclarant que «  l’immigration est une chance d’un point de vue économique, social, culturel ».

  • La gestion de l’épidémie vient confirmer et illustrer l’ampleur de la trahison

La gestion de l’épidémie par les pouvoirs publics a jusqu’à présent enregistré des résultats très piteux. Avec une surmortalité de 60.000 morts en 2020, la France occupe une position médiocre du point de vue de la mortalité rapportée à la population : elle fait jusqu’à présent un peu mieux que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou l’Italie, mais nettement moins bien que l’Allemagne ou les pays d’Europe du nord. Le gouvernement a pourtant appliqué à sa population des mesures de contrainte extrêmement lourdes et prolongées, et l’on n’aperçoit toujours par la fin de la crise. Sur le plan économique les résultats de la France sont médiocres là-encore : la France a connu une récession considérable, de 8 %, en 2020, contre 6 % dans la zone euro et 4 % aux Etats-Unis et en Allemagne. Le système hospitalier, réputé jusque-là parmi les meilleurs du monde, s’est révélé en fait gravement insuffisant : c’est à la pénurie de structures et de personnels médicaux que l’on doit depuis plus d’un an la politique de restriction des libertés et de mise à l’arrêt d’une partie de l’économie. Et tout cela, encore une fois, alors que la France est le pays le plus taxé du monde…

La mauvaise gestion de l’épidémie est pour une part une conséquence de la mauvaise organisation d’une sphère politico-administrative aussi pléthorique qu’inefficace. Mais elle est surtout le produit des choix stratégiques et idéologiques effectués par la classe dirigeante depuis des décennies : la mondialisation et le sans-frontiérisme. Du fait du libre-échange et des délocalisations, la France s’est retrouvée dépendante de l’étranger pour se procurer des moyens de lutte contre l’épidémie, qu’il s’agisse des masques, des tests ou des divers médicaments. Surtout l’épidémie et son prolongement depuis plus d’un an trouvent l’essentiel de leur cause dans l’idéologie sans-frontiériste de la classe dirigeante française et européenne. Depuis le début de la crise, la France s’est ainsi toujours refusée à fermer ses frontières et même à mettre en place aux frontières une quarantaine effective et systématique. Elle l’a refusé au début, y compris vis-à-vis des pays d’où venait l’épidémie, la Chine, puis l’Italie. Elle l’a refusé ensuite vis-à-vis de la Grande-Bretagne, malgré l’apparition d’un « variant anglais » plus contagieux et dangereux. Elle s’y refuse aujourd’hui, vis-à-vis du Brésil, malgré l’apparition d’un nouveau variant dangereux. Le gouvernement a certes fini, face aux critiques, par suspendre les vols en provenance du Brésil. Il a dû consentir, après avoir encore attendu plusieurs semaines, à mettre en place un système de quarantaine vis-à-vis des pays d’Amérique du sud, puis vis-à-vis de l’Inde. Las, cette quarantaine reste très laxiste et sera donc probablement inefficace : les personnes venues des pays à risque pourront effectuer leur quarantaine à domicile et pourront même, à l’intérieur d’une certaine plage horaire, sortir de chez eux… La déclaration d’E.Macron – « le virus n’a pas de passeport » – a montré dès les premières semaines de la crise que l’idéologie sans-frontiériste resterait sa boussole.

Tout montre pourtant que le contrôle strict des frontières et la mise en quarantaine systématique aux frontières mêmes constituent les mesures les plus essentielles pour endiguer puis éradiquer l’épidémie. Les pays qui ont pratiqué ces mesures (Taïwan, Australie, Nouvelle-Zélande en particulier) ont ainsi réussi à stopper et éradiquer l’épidémie avant même d’avoir pu vacciner leur population (voir également cette chronique)

Le sans-frontiérisme idéologique des dirigeants français ne s’est pas arrêté là. Dès que les premiers vaccins ont commencé à être livrés en Europe, l’une des premières déclarations de Macron a été pour souhaiter qu’une partie de ces vaccins soient réservés aux pays pauvres. De même, sous l’impulsion de Macron, c’est la commission européenne qui a été chargée d’acheter des vaccins pour le compte de tous les pays membres, dans le but d’adopter un comportement européen « solidaire » et d’éviter la concurrence des différents Etats membres. Cette politique européiste était contraire aux traités européens, qui prévoient que la santé reste une compétence des Etats. Elle s’est révélée qui est plus est tout à fait inefficace. A à la fin du mois d’avril 2021, moins de 20 % des populations des pays de l’UE ont reçu une première dose de vaccin, contre 40 % aux Etats-Unis et 50 % au Royaume-Uni…

Là encore l’impéritie des dirigeants et leurs politiques de trahison mondialiste et sans-frontiériste semblent avoir assez peu d’impact sur les Français, persuadés pour la plupart, selon les sondages, que leurs dirigeants ont jusqu’ici fait tout leur possible…

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Au moment de conclure, redisons d’abord que la situation est peu ou prou la même dans tous les pays d’Europe occidentale. La majorité de la population pense que la mondialisation, l’immigration et l’épidémie sont des phénomènes qui s’imposent aux gouvernements. Non seulement la plupart des gens, modèles de soumission, exonèrent ainsi leurs autorités de toute responsabilité, mais ils ont en plus tendance à les plaindre et à estimer « qu’on n’aimerait pas être à leur place »…

Les causes de l’incroyable naïveté et de l’immense passivité de la plupart des Français et des Européens de souche sont au nombre de trois. La population tout d’abord est la victime d’une propagande intense et sans répit. La plupart des gens deuxièmement ne disposent pas de la formation et de la compétence leur permettant de juger valablement des choses publiques, ce qui ne peut évidemment leur être reproché. C’est d’ailleurs pourquoi, nous l’avons déjà expliqué par ailleurs, la démocratie ne peut qu’être un leurre.  

La réaction passive et fataliste de la population est également la résultante de l’individualisme général, qui constitue aujourd’hui le ressort de nos sociétés européennes. Chacun cherche à tirer son épingle du jeu et espère que la dégradation qu’il constate l’épargnera lui et son entourage. C’est pourquoi la plupart des Français, bien conscients pourtant du processus de dégradation en cours, recherchent avant tout le statu quo.

Mariées à la trahison, la naïveté, l’individualisme et le fatalisme seront les causes de la disparition désormais probable de la civilisation européenne. Comme le diagnostiquait brillamment Father Mackenzie, l’Europe va être la victime d’une conjuration : celle des salauds et des imbéciles.

https://leblogdepaysansavoyard.wordpress.com/

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