Entre tambouilles et violences, l’agonie du vieux monde

Les appareils, politiques ou syndicaux, ne représentent plus qu’eux-mêmes. Ils sont appelés à se heurter à une société civile qui a pris le large en s’émancipant des mots d’ordre décidés par des castes. C’est un ancien monde, déphasé, qui agonise sous nos yeux. Dimanche, en région Paca, des politicards ont perpétué d’antiques tambouilles en vue des élections régionales tandis qu’à Paris la CGT a été agressée par des manifestants du 1er mai.

« Nous assistons à la naissance de l’ère des soulèvements populaires », va jusqu’à soutenir le sociologue Michel Maffesoli dans son dernier essai (1). Pour lui, « le peuple ne supporte plus le mensonge propre au discours officiel ». Une chose est sûre : les « élites » vont avoir du mal à se faire entendre de cette partie de la population, la plus vulnérable, qui subit quotidiennement les désastres de décennies d’idéologies hors-sol.

Si l’épisode des Gilets jaunes a peu de chance de renaître dans sa première spontanéité, d’autres mouvements d’humeur sont à prévoir. D’autant que les dirigeants ne semblent pas disposés à revoir leurs habitudes et à se mettre à l’écoute d’une société inquiète. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer la violence verbale avec laquelle la macronie a accueilli l’alerte existentielle lancée par des militaires en retraite sur la vulnérabilité de la France. La vérité ferait-elle peur à ceux qui veulent la taire ?

L’accord passé en catimini, pour la région Paca, entre La République en marche et le républicain Renaud Muselier est une illustration de l’appauvrissement des partis, obsédés par leur survie. Eric Ciotti (LR) a eu beau jeu de rappeler, ce lundi sur Europe 1, que « notre idéal n’était pas de battre le RN », mais d’apporter des réponses aux attentes des gens. Il est probable que le choix de Muselier, désavoué par son parti (LR), incitera des républicains, faute de candidats, à rallier Thierry Mariani (RN), dans un rapprochement d’ailleurs souhaité par de nombreux citoyens.

Quant à l’agression subie par des militants CGT durant la manifestation parisienne, elle est venue rappeler l’hostilité que peut susciter une organisation sclérosée. Nous seulement la CGT a perdu l’autorité de ses « gros bras » dissuasifs mais elle apparaît débordée par une extrême gauche qu’elle cherche à singer. Le syndicat dénonce une « extrême violence », commise par des « groupes d’individus dont certains se revendiquaient Gilets jaunes ». Déjà, le 1er mai 2019, Philippe Martinez, le patron de la CGT, avait dû être un temps exfiltré de la manifestation sous la pression de black blocs. Dès le 17 novembre 2018, jour de la première manifestation des Gilets jaunes, les syndicats avaient fait connaître leur opposition à ces initiatives populaires leur tournant le dos. Elles vont se poursuivre. Les exaspérations des Français précipitent la fin d’un monde.

(1) L’ère des soulèvements, Les éditions du Cerf

Ivan Rioufol

https://blogrioufol.com/entre-tambouilles-et-violences-lagonie-du-vieux-monde/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s