Un Nuremberg qui n’a jamais eu lieu

Ce premier mai à Paris ce n’étaient pas des nervis d’extrême droite qui secouaient les cotes des vieux staliniens de la CGT, mais quelque 500 à 600 anarchistes ultra violents utilisant la technique émeutière des blocs noirs. Cette nouvelle nuisance doit être certes dénoncée parfaitement repérable par la sécurité territoriale, puisque dès la veille les services savaient jusqu’au nombre des individus que rassembleraient leurs réseaux, aisément identifiés sur internet. Depuis des années maintenant, ils parviennent à perturber les rassemblements d’extrême gauche, sur lesquels, à dire vrai, aucune larme ne mérite d’être versée.

Mais la rhétorique de ces anarchistes, de ces trotskistes et autres gauchistes ne fait que reprocher au PCF, à la CGT et à la FSU de ne plus ambitionner de reprendre le projet et la longue liste des crimes commis, depuis 1917, au nom du marxisme-léninisme.

Et ce discours peut être tenu à son tour impunément par ce que ces crimes n’ont jamais fait l’objet d’une condamnation globale, ni sur les causes, ni sur les conséquences.

Naïvement au lendemain de la dislocation du bloc soviétique quelques bons esprits ont cru et milité, quelque temps, en faveur de ce qu’ils appelaient de leur vœu comme un Nuremberg du communisme.

Cette vision faussée ne s’est évidemment jamais réalisée car il eût fallu pour cela un certain nombre de conditions qui existaient en 1945 et qui n’ont jamais été réalisées depuis 1991. Divers procès se sont déroulés presque inutilement tels ceux des communistes cambodgiens Khmers rouges, qui condamnèrent à la prison en 2018, soit 40 ans trop tard, deux vieillards édentés sans qu’on ait dénoncé leur idéologie. Ils allaient simplement rejoindre le chef tortionnaire « Douch » : 3 prisonniers pour 2 millions de morts.

Cette dérision a encore connu une réplique, ce 30 avril à Bogota, où se jouait une assez écœurante comédie pseudo-judiciaire.

Pseudo-judiciaire, oui : car elle ne se déroulait pas devant un tribunal ordinaire, mais dans le cadre de la JEP, sigle espagnol d’une instance se voulant Juridiction spéciale de paix. Cela résultait des accords négociés à La Havane en 2016, entre le président colombien Santos et les narcoterroristes des FARC.

Rappelons avant tout le palmarès criminel de cette organisation révolutionnaire. Fondée en 1964 elle émane du parti communiste colombien adossé lui-même à Cuba et à l’Union soviétique. Souvent présentée complaisamment comme une “insurrection paysanne”, elle est, en réalité, le résultat d’une décision politique unilatérale du PCC. Les FARC furent durablement alimentées par le trafic de la cocaïne. Cette industrie a pris son essor particulier dans les années 1980, avec d’importantes connexions au Venezuela de Maduro et dans l’Équateur des années Correa.

Globalement les FARC comptent à leur actif, plus de 21 000 enlèvements crapuleux. Celui d’Ingrid Betancourt fit beaucoup de bruit en France, jusqu’au jour où, une fois libérée par l’armée colombienne au cours de l’opération Jaque, à la déception des bobos qui faisaient mine de la soutenir, celle-ci déclara s’être convertie pendant sa captivité. On a pu dénombrer 1 182 massacres collectifs commis principalement à l’encontre de villageois et de petits paysans. Les violences sexuelles reconnues comme telles concernent plus de 17 000 victimes dont pas mal de militantes violées par leurs chefs. On recense plus de 64 000 enfants embrigadés de force comme soldats. Le nombre des disparus s’élève à quelque 520 000 dont 4 600 soldats de l’armée régulière. Les personnes déplacées sont au nombre de 5,7 millions, ceci dans un pays de 49 millions d’habitants sur un territoire deux fois grand comme la France.

Il s’agit bien, depuis 1945, de la plus grave et la plus longue guerre révolutionnaire ayant endeuillé l’Amérique latine.

Dans la population pacifique de Colombie le rejet des méthodes et des objectifs des FARC est tel que la première version des accords de paix, soumise à référendum fut rejetée par référendum, à une courte majorité de 50,2 % en octobre 2016. Ceci malgré une sorte de soutien universel, allant de l’ONU à la Banque mondiale en passant par toutes les instances habituelles de la bien-pensance. Retouchés en novembre, il fallut les imposer par une fausse voie législative, cependant que Santos recevait le Prix Nobel de la paix.

En définitive, il fut donc admis que 5 députés et 5 sénateurs siégeraient au titre des FARC sans passer par le suffrage universel. Transformée en parti politique des « Communes » l’organisation des FARC fut entièrement rejetée par le peuple colombien à l’occasion des élections libres de 2018. Au terme de celle-ci, tout en conservant les 10 sièges parlementaires attribués d’autorité par les accords de novembre 2016, elles n’obtinrent aucun élu.

L’AFP et Le Monde ont informé leurs lecteurs que les dirigeants des FARC ont admis avoir participé aux crimes contre l’humanité dont on a donné les terribles statistiques énumérées plus haut. Mais ni l’AFP ni Le Monde n’ont cru utile de souligner que ces aveux hypocrites, de crimes qualifiés d’imprescriptibles ailleurs, leur permettaient de bénéficier de peines « alternatives » limitées à 3 ans de travaux agricoles, sans privation de liberté.

L’impunité, ça suffit.

JG Malliarakis  

À lire en relation avec cette chronique
Le livre de JG Malliarakis et Charles Culbert « La Terreur rouge théorie et pratique »

https://www.insolent.fr/

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