Sous le signe de l’insécurité

Le meurtre indiscutablement islamo-terroriste commis à Rambouillet ce 23 avril déplace les centres d’intérêt que l’on impose à l’opinion depuis mars 2020.

Que la cible ait été une malheureuse secrétaire administrative travaillant dans un commissariat de police devrait faire réfléchir tous ceux qui doutent encore de la sauvagerie de telles attaques.

La question de l’insécurité grandissante dans notre pays n’en finit pas d’émouvoir légitimement les électeurs en vue des deux échéances, celle de 2021 et celle de 2022. Au-delà même des secteurs partisans habituels ou des forces de l’ordre elles-mêmes, elle risque fort de faire basculer toutes les hypothèses, toutes les perspectives à l’approche d’élections présidentielles puis législatives, dans un an exactement, et en grande partie dès le scrutin régional qui se déroulera dans moins de 60 jours.

Or, président en exercice, Emmanuel Macron n’a jamais sans doute approché d’aussi près l’opinion réelle du pays qu’il dirige, qu’en se posant à lui-même, puisqu’il est son seul véritable interlocuteur, le problème de l’insécurité.

Il a cru habile de prendre position, dans un sens sécuritaire, ce 19 avril dans un commissariat de Montpellier. Cette ville était choisie, nous dit-on, non pas en raison de la délinquance qu’elle subit, mais en vertu de la macrono-compatibilité municipale – un phénomène de plus en plus rare depuis la déroute, dans la plupart des grandes villes que ce parti briguait, de la prétendue République en Marche en 2020.

Il le faisait certes en fonction de l’inquiétude justifiée de tous les Français à propos des questions de sécurité, et probablement aussi de sa propre crainte d’être désavoué par le peuple en 2022, ses partisans ayant dès les élections régionales de juin la quasi-certitude d’être eux-mêmes balayés.

Cette question de l’insécurité transcende désormais le clivage entre droite et gauche, encore que, bien entendu, il subsiste une certaine gauche désireuse de sous-estimer le sujet. Cette gauche divisée, encroûtée dans de vieux réflexes remontant à la guerre d’Algérie, creuse ainsi son propre tombeau.

On continuera à interdire, au nom du politiquement correct, toute suggestion d’un lien entre l’islamo-terrorisme et l’immigration et le fait que l’assassin de Rambouillet vienne du Maghreb doit toujours être considéré comme fortuit. Personne ne s’y trompe cependant.

On nous promet une élection présidentielle de 2022, match retour de 2017. Fort bien.

Mais si la future campagne se déroule sur le terrain de l’insécurité, un sondage Ipsos-Le Point évalue que 45 % des Français font confiance à Marine Le Pen contre seulement 17 % au président. Celui-ci se trouverait donc distancé sur ce sujet, de très loin, par sa rivale annoncée.

Un tel contexte rend prévisibles de nouvelles manœuvres. Elles s’opéreront au sein même des forces qui ont porté le citoyen Macron sur le pavois à partir de 2016. Ceux qui ont pratiquement forcé Hollande à l’humiliation de ne pas se représenter n’ont aucune raison de ne pas réitérer leur opération, et ne pas renvoyer le chef de l’État en titre, à ses chères études sur la réinvention de l’Histoire de France, sa dernière lubie.

Ceci risque fort de devenir éclatant, dès que la menace de la pandémie cessera d’être constamment matraquée par les médias comme le problème numéro 1 du pays.

Ce que la Déclaration de 1789, approuvée par le roi, appelait la sûreté fait partie des droits de l’homme et du citoyen. Nos dirigeants qui se disent, à l’envi et du matin au soir, républicains, ne devraient jamais l’oublier.

JG Malliarakis 

https://www.insolent.fr/2021/04/sous-le-signe-de-linsecurite.html

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