La gauche et la collaboration en Belgique : De Man, les syndicats et le Front du Travail

[De Man (debout) avec Émile Vandervelde avant la guerre]

La collaboration de gauche en Belgique ? Elle prend son envol avec le manifeste que Henri De Man, chef de file du Parti Ouvrier Belge (POB), publie et diffuse dès le 28 juin 1940. De Man (1885-1953) a été agitateur socialiste dès l’âge de 17 ans, polyglotte, correspondant en Belgique de la social-démocratie allemande et des travaillistes britanniques avant 1914, volontaire de guerre, diplomate au service du Roi Albert Ier, professeur à Francfort avant le nazisme, initiateur du mouvement planiste en Europe dans les années 30, ministre, président du POB ; avec une telle biographie, il a été sans conteste l’une des figures les plus marquantes du socialisme marxiste européen. Hérétique du marxisme, sa vision du socialisme n’est pas matérialiste, elle repose sur les mobiles psychologiques des masses frustrées, aspirant à la dignité. Le socialisme, dans ce sens, est une formidable revendication d’ordre éthique. Ascète, sportif, De Man, issu de la bonne bourgeoisie anversoise, n’a jamais aimé le luxe. Le socialisme, déduit-il de cette option personnelle, ne doit pas embourgeoiser les masses mais leur apporter le nécessaire et les rendre spartiates.

Avec son fameux Plan du Travail de Noël 1933, De Man donne au socialisme une impulsion volontariste et morale qui séduira les masses, les détournera du communisme et du fascisme. Les intellectuels contestataires français, ceux que Loubet del Bayle a nommé les « non-conformistes des années 30 », s’enthousiasmeront pour le Plan et pour ses implications éthiques. Pour l’équipe d’Esprit (regroupée autour d’Emmanuel Mounier), d’Ordre Nouveau (Robert Aron et A. Dandieu), de Lutte des Jeunes (Bertrand de Jouvenel), de L’Homme Nouveau (Roditi), De Man devient une sorte de prophète. Côté socialiste, en France, ce sera surtout le groupe « Révolution Constructive » (avec Georges Lefranc, Robert Marjolin, etc.) qui se fera la caisse de résonnance des idées de Henri De Man. Pierre Ganivet, alias Achille Dauphin-Meunier, adopte également le planisme demanien dans sa revue syndicaliste révolutionnaire L’Homme réel. Au sein du parti, Léon Blum craint le Plan du Travail :

  • parce qu’il risque de diviser le parti ;
  • parce qu’il implique une économie mixte et tend à préserver voire à consolider le secteur libre de l’économie ;
  • parce qu’il crée une sorte de « régime intermédiaire » entre le capitalisme et le socialisme ;
  • parce que la critique du parlementarisme, implicite chez De Man, rapproche son socialisme du fascisme.

Pour Déat, les idées planistes, exposées notamment par De Man à l’Abbaye de Pontigny (septembre 1934), reflètent un pragmatisme de la liberté, une approche de l’économie et de la société proche du New Deal de Roosevelt, et ne relèvent nullement du vieux réformise social-démocrate. Le planisme, avait affirmé Déat dans L’Homme Nouveau (n°6, juin 1934), n’impliquait aucune politique de compromis ou de compromissions car il était essentiellement révolutionnaire : il voulait agir sur les structures et les institutions et les modifier de fond en comble.

Presqu’au même moment, se tenait un Congrès socialiste à Toulouse : la plupart des mandats de « Révolution Constructive » s’alignent sur les propositions de Blum, sauf deux délégués, parmi lesquels Georges Soulès, alias Raymond Abellio, représentant le département de la Drôme. Georges Valois, proudhonien un moment proche de l’AF, est hostile à De Man, sans doute pour des motifs personnels, mais accentue, par ses publications, l’impact du courant para-planiste ou dirigiste en France.

Or, à cette époque, pour bouleverser les institutions, pour jouer sur les « structures », pour parfaire un plan, de quelque nature qu’il soit, il faut un pouvoir autoritaire. Il faut inaugurer l’« ère des directeurs ». Pratique « directoriale », planification, etc. ne sont guère possible dans un régime parlementaire où tout est soumis à discussion. Les socialistes éthiques, ascètes et spartiates, anti-bourgeois et combatifs, méprisaient souverainement les parlottes parlementaires qui ne résolvaient rien, n’arrachaient pas à la misère les familles ouvrières frappées par le chômage et la récession. Dans son terrible livre, La Cohue de 40, Léon Degrelle croque avec la férocité qu’on lui connaît, un portrait du socialisme belge en déliquescence et de De Man, surplombant cet aréopage de « vieux lendores adipeux, aux visages brouillés, pareils à des tartes aux abricots qui ont trop coulé dans la vitrine » (p. 175). De Man, et les plus jeunes militants et intellectuels du parti, avaient pedu la foi dans la religion démocratique.

Dès le déclenchement des hostilités, en septembre 1939, De Man opte personnellement contre la guerre, pour la neutralité absolue de la Belgique, proclamée par le Roi dès octobre 1936. Fin 1939, avec l’appui de quelques jeunes militants flamands, dont Edgard Delvo, il fonde une revue, Leiding (Direction), ouvertement orientée vers les conceptions totalitaires de l’époque, dit Degrelle. Il serait peut-être plus juste de dire que le socialisme planiste y devenait plus intransigeant et voulait unir, sans plus perdre de temps, les citoyens lassés du parlementarisme en un front uni, rassemblé derrière la personne du Roi Léopold III.

Après l’effondrement de mai-juin 1940, De Man publie un « manifeste aux membres du POB », où figurent deux phrases qui lui ont été reprochées : « Pour les classes laborieuses et pour le socialisme, cet effondrement d’un monde décrépit, loin d’être un désastre, est une délivrance » ; « [le verdict de la guerre] est clair. Il condamne les régimes où les discours remplacent les actes, où les responsabilités s’éparpillent dans le bavardage des assemblées, où le slogan de la liberté individuelle sert d’oreiller à l’égoïsme conservateur. Il appelle une époque où une élite, préférant la vie dangereuse et rapide à la vie facile et lente, et cherchant la responsabilité au lieu de la fuir, bâtira un monde nouveau ». Ces phrases tonifiantes, aux mâles accents, étaient suivies d’un appel à construire le socialisme dans un cadre nouveau. Cet appel a été entendu.

De toutes pièces, De Man commence par créer un syndicat unique, l’UTMI (Union des Travailleurs Manuels et Intellectuels), officiellement constitué le 22 novembre 1940, après d’âpres discussions avec le représentant du Front du Travail allemand, le Dr. Voss. De Man, ami du Roi, voulait sauvegarder l’unité belge : son syndicat serait dès lors unitaire, ne serait pas scindé en une aile flamande et une aile wallonne. Le Dr. Voss, visant l’éclatement du cadre belge en deux entités plus facilement absorbables par le Reich, impose la présence des nationalistes flamands du VNV dans le comité central composé de socialistes, de démocrates-chrétiens, de syndicalistes libéraux. Edgard Delvo, ancien socialiste, auteur d’un ouvrage préfacé par De Man et paru à Anvers en 1939, collaborateur de Leiding, la revue neutraliste hostile à toute participation belge aux côtés des Anglais et des Français, théoricien d’un « socialisme démocratique » ou plutôt d’un populisme socialiste, est l’homme du VNV au sein de ce comité.

En 1942, poussé par les services du Front du Travail allemand, Delvo deviendra le maître absolu de l’UTMI. Ce coup de force des nationalistes provoque la rupture entre De Man et son syndicat : l’ancien chef du POB quitte Bruxelles et se réfugie en Haute-Savoie, grâce à l’aide d’Otto Abetz. Il sera désormais un « cavalier seul ». Les socialistes, les libéraux et les jocistes quittent l’UTMI en 1942, laissant à Delvo les effectifs nationalistes flamands et wallons, peu nombreux mais très résolus.

En Wallonie, dès la parution du Manifeste du 28 juin 1940, plusieurs journalistes socialistes deviennent du jour au lendemain des zélotes enragés de la collaboration. Ainsi, Le Journal de Charleroi, organe socialiste bon teint depuis des décennies, était édité par une société dont l’aristocratique famille Bufquin des Essarts étaient largement propriétaire. Dès les premiers jours de juin 40, un rédacteur du journal, J. Spilette s’empare du journal et le fait paraître dès le 6, avant même d’avoir créé une nouvelle société, ce qu’il fera le 8. En novembre 1940, Spilette, avançant ses pions sans sourciller, s’était emparé de toute la petite presse de la province du Hainaut et augmentait les ventes. Els De Bens, une germaniste spécialisée dans l’histoire de la presse belge sous l’occupation, écrit que l’influence de De Man était prépondérante dans le journal.

Spilette défendait, envers et contre les injonctions des autorités allemandes, les positions de De Man : syndicat unique, augmentation des salaires, etc. Spilette baptisait « national-socialisme » la forme néo-demaniste de socialisme qu’il affichait dans son quotidien. Ensuite, rompant avec De Man, Spilette et ses collaborateurs passent, non pas à la collaboration modérée ou à la collaboration rexiste/degrellienne, mais à la collaboration maximaliste, regroupée dans une association au nom évocateur : l’AGRA, soit Amis du Grand Reich Allemand. L’AGRA, dont le recrutement était essentiellement composé de gens de gauche, s’opposait au rexisme de Degrelle, marqué par un héritage catholique. Les 2 formations finiront par s’entendre en coordonnant leurs efforts pour recruter des hommes pour le NSKK. Le 18 octobre 1941, Le Journal de Charleroi fait de la surenchère : il publie un manifeste corsé, celui du Mouvement National-Socialiste wallon, où il est question de créer un « État raciste » wallon. Spilette appelle ses concitoyens à rejoindre cette formation « authentiquement socialiste ».

À Liège, le quotidien La Légia, après avoir été dirigé par des citoyens allemands, tombe entre les mains de Pierre Hubermont, écrivain, lauréat d’un prix de « littérature prolétarienne » à Paris en 1931, pour son roman Treize hommes dans la mine. Les Allemands ou Belges de langue ou de souche allemandes, actionnaires de la société ou rédacteurs du journal, entendaient germaniser totalement le quotidien. Pierre Hubermont entend, lui, défendre un enracinement wallon, socialiste et modérément germanophile. Cette option, il la défendra dans une série de journaux culturels à plus petit tirage, édités par la Communauté Culturelle Wallonne (CCW).

Parmi ces journaux, La Wallonie, revue culturelle de bon niveau. Dans ses éditoriaux, Hubermont jette les bases idéologiques d’une collaboration germano-wallonne : défense de l’originalité wallonne, rappel du passé millénaire commun entre Wallons et Allemands, critique de la politique française visant, depuis Richelieu, à annexer la rive gauche du Rhin, défense de l’UTMI et de ses spécificités syndicales.

Fin 1943, les services de la SS envoient un certain Dr. Sommer en Wallonie pour mettre sur pied des structures censées dépasser le maximalisme de l’AGRA. Parmi elles : la Deutsch-Wallonische Arbeitsgemeinschaft, en abrégé DEWAG, dirigée par un certain Ernest Ernaelsteen. Ce sera un échec. Malgré l’appui financier de la SS, DEWAG tentera de se donner une base en noyautant les « cercles wallons » de R. De Moor (AGRA), foyers de détente des ouvriers wallons en Allemagne, et les « maisons wallonnes », dirigée par Paul Garain, président de l’UTMI wallonne, qui pactisera avec Rex.
Quelles conclusion tirer de ce bref sommaire de la « collaboration de gauche » ? Quelles ont pu être les motivations de ces hommes, et plus particulièrement de De Man, de Delvo et d’Hubermont (de son vrai nom Joseph Jumeau) ? La réponse se trouve dans un mémoire rédigé par la sœur d’Hubermont, A. Jumeau, pour demander sa libération. Mlle Jumeau analyse les motivations de son frère, demeuré toujours socialiste dans l’âme.

« Une cause pour laquelle mon frère restait fanatiquement attaché, en dehors des questions d’humanisme, était celle de l’Europe. Il était d’ailleurs Européen dans la mesure où il était humaniste, considérant l’Europe comme la Patrie de l’humanisme (…) Cette cause européenne avait été celle du socialisme depuis ses débuts. L’internationalisme du XIXe siècle n’était-il pas surtout européen et pro-germanique ? L’expérience de 1914-1918 n’avait pas guéri les partis socialistes de leur germanophilie (…). … la direction du parti socialiste était pro-allemande. Et, au moment de l’occupation de la Ruhr,…, [mon frère] a dû aligner son opinion sur celle de Vandervelde [chef du parti socialiste belge] et de De Brouckère [autre leader socialiste], qui étaient opposés aux mesures de sanctions contre l’Allemagne.

Le Peuple [journal officiel du POB], jusqu’en 1933, c’est-à-dire jusqu’à la prise du pouvoir par Hitler, a pris délibérément et systématiquement fait et cause pour l’Allemagne, dans toutes les controverses internationales. Il a systématiquement préconisé le désarmement de la France et de la Belgique, alors que tout démontrait la volonté de l’Allemagne de prendre sa revanche. Mon frère (…) n’avait pu du jour au lendemain opérer le retournement qui fut celui des politiciens socialistes. Pour lui, si l’Allemagne avait été une victime du traité de Versailles avant 1933, elle l’était aussi après 1933 (…). Et si la cause de l’unité européenne était bonne avant 1933, lorsque Briand s’en faisait le champion, elle l’était toujours après 1933, même lorsque les Allemands la reprenaient à leur compte (…). [Mon frère] partait de l’idée que la Belgique avait toujours été le champ de bataille des puissances européennes rivales et que la fin des guerres européennes, que l’unification de l’Europe, ferait ipso facto la prospérité de la Belgique. »

Tels étaient bien les ingrédients humanistes et internationalistes des réflexes partagés par De Man, Delvo et Hubermont. Même s’ils n’ont pas pris les mêmes options sur le plan pratique : De Man et Hubermont sont partisans de l’unité belge, le premier, ami du Roi, étant centraliste, le second, conscient des différences fondamentales entre Flamands et Wallons, étant fédéraliste ; Delvo sacrifie l’unité belge et rêve, avec ses camarades nationalistes flamands, à une grande confédération des nations germaniques et scandinaves, regroupées autour de l’Allemagne (ce point de vue était partagé par Quisling en Norvège et Rost van Tonningen aux Pays-Bas). Mais dans les 3 cas, nous percevons :

1) une hostilité aux guerres inter-européennes, comme chez Briand, Stresemann et De Brinon ;
2) une volonté de créer une force politique internationale, capable d’intégrer les nationalismes sans en gommer les spécificités ; une internationale comportant forcément plusieurs nations solidaires ; Delvo croira trouver cet internationalisme dans le Front du Travail allemand du Dr. Ley ;
3) une aspiration à bâtir un socialisme en prise directe avec le peuple et ses sentiments.
De Man connaîtra l’exil en Suisse, sans que Bruxelles n’ose réclamer son extradition, car son procès découvrirait la couronne. Delvo sera condamné à mort par contumace, vivra en exil en Allemagne pendant 25 ans, reviendra à Bruxelles et rédigera 3 livres pour expliquer son action. Hubermont, lourdement condamné, sortira de prison et vivra presque centenaire, oublié de tous.
► Raoul FOLCREY.
◘ Bibliographie :

• ANTHOONS, Johny : Hendrik De Man en zijn opvattingen over de parlementaire democratie, mémoire en sciences politiques, Katholieke Universiteit te Leuven, Februari 1985.
• BRELAZ, Michel : Henri De Man, une autre idée du socialisme, Éd. des Antipodes, Genève, 1985.
• DE BENS, Els : De belgische dagbladpers onder duitse censuur, 1940-1944, DNB, Antwerpen/Utrecht, 1973.
• DEGRELLE, Léon : La cohue de 40, Avalon, Paris, 1991.
• DELCORD, Bernard : « À propos de quelques chapelles politico-littéraires en Belgique (1919-1945) », in Cahiers du Centre de recherches et d’études historiques de la Seconde Guerre mondiale n°10, Bruxelles, nov. 1986.

• DELVO, Edgard :

– Hedendaagsch humanistisch streven. Democratisch socialisme en zijn beteekenis voor de BWP, De Sikkel, Antwerpen, 1939.
– Sociale collaboratie. Pleidooi voor een volksnationale sociale politiek, DNB, Antwerpen/Amsterdam, 1975.
– De mens wikt… Terugblik op een wisselvallig leven, DNB, Kapellen, 1978.
– Democratie in stormtij. Democratisch socialisme in de crisisjaren dertig, DNB, Antwerpen/Amsterdam, 1983.

• DE MAN, Henri : L’idée socialiste, suivi du Plan de Travail, L’Églantine, Bruxelles / Grasset, Paris, 1935.
• HUBERMONT, Pierre : éditoriaux de Wallonie, 1941-1944.
• JUMEAU, A. : Bon sang ne peut mentir, mémoire édité par Mlle A. Jumeau, sœur de Pierre Hubermont, alias Joseph Jumeau, Bruxelles, 1949.
• LEFRANC, Georges, « La diffusion des idées planistes en France », in Revue européenne des sciences sociales, t. XII, 1974, n°31, Droz, Genève.
• PATER, Léon : « Les thèmes sociaux de l’idéologie utmiste », in Wallonie, 3e année, n°12, déc. 1943.
• PFAFF, Dr. AAJ : Hendrik De Man. Zijn wijsgerige fundering van het moderne socialisme, Standaard, Antwerpen/Amsterdam, 1956.
• SLAMA, AG : « Henri De Man et les néo-traditionalistes français (1933-1936) », in Revue européenne des sciences sociales, t. XII, 1974, n°31, Droz, Genève.
• SPILETTE, Joseph : « Haut les cœurs ! », in Le Journal de Charleroi, 18/19 oct. 1941.
• STEUCKERS, Robert : « Henri De Man », in Études et Recherches n°3, 1984 (revue publiée par le GRECE, Paris).
• VERHOEYEN, Étienne : « De Unie van Hand- en Geestesarbeiders », in E. Verhoeyen e.a., Het minste kwaad, deel 9, België in de tweede wereld-oorlog, DNB/Pelckmans, Kapellen, 1990.
• WILLEQUET, Jacques : La Belgique sous la botte : Résistances et collaborations 1940-1945, Éd. universitaires, Paris, 1986.
• Pour ce qui concerne l’œuvre de Henri De Man en général, consulter les publications de l’Association pour l’étude de l’œuvre d’Henri De Man, p.a. Département d’histoire du droit et des doctrines juridiques et politiques, Place de l’Université 3, CH-1211 Genève 4 (Suisse).

http://www.archiveseroe.eu/histoire-c18369981/78

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