Audrey Pulvar : la pasionaria de la pensée indigéniste, décoloniale et racialiste ?

Veut-elle faire le buzz pour gagner en notoriété ? Ou s’attirer les bonnes grâces des Français d’origine immigrée ? Est-elle, tout simplement, sotte ? Quoi qu’il en soit, , adjointe d’Anne Hidalgo et candidate à la présidence de la région Île-de-, a réussi à faire parler d’elle.

Interrogée par  sur les réunions racialement non mixtes, interdites aux Blancs, elle a répondu : « S’il se trouve que vient à cet atelier une femme blanche, un homme blanc, il n’est pas question de la ou le jeter. En revanche, on peut lui demander de se taire. »

Elle est loin d’être sotte, son jugement fût-il faussé par ses préjugés. Voyez son aptitude au sophisme, sa maîtrise de la dialectique, à moins qu’il ne s’agisse d’un jésuitisme inconscient. Elle commence par proclamer des valeurs universalistes, considérant qu’il n’y a « qu’une race humaine » et que « la République doit être chez elle partout », ajoute que si un groupe de travail est « consacré aux personnes noires ou métisses », il est probable que « 99 % des participants […] seront les personnes dont il est question dans l’intitulé ». Pour conclure qu’on peut demander à un Blanc, qui s’y serait égaré, « d’être spectateur ou spectatrice silencieux ».

Elle préférerait sans doute que « la formulation de ces réunions n’exclue pas une catégorie de la population » mais, dit-elle, « ça ne me choque pas profondément que des personnes discriminées éprouvent le besoin de se réunir entre elles pour en discuter ». Comme des rencontres d’alcooliques anonymes, sauf que, dans ces rencontres, les participants cherchent à se soigner et ne fustigent pas les buveurs d’eau. Voilà comment, sous l’apparence de la logique, on justifie l’injustifiable. Une variante du « en même temps », du  à la sauce Pulvar.

Si elle a suscité les réactions indignées de la  et du , elle a reçu le soutien de plusieurs personnalités de . Jean-Luc Mélenchon estime qu’ « Audrey Pulvar n’est pas raciste. Elle a juste compris ce qu’est un groupe de parole ». L’eurodéputé Vert David Cormand déclare, en écriture inclusive comme il se doit : « Au nom de la République, certains font passer les militant.es anti-racismes pour des racistes et les luttes d’émancipation pour du repli identitaire. » Vous l’aurez compris : il n’existe que des racistes blancs ; si vous prétendez le contraire, c’est que vous êtes de la graine de facho !

Cette polémique révèle, une fois de plus, que, pour une partie de la gauche, la lutte des classes, selon le mot de Manuel Valls, a été remplacée par la lutte des races. Sur ce point, l’ancien Premier ministre n’a pas tort. Mais force est de constater que, malgré des exceptions notables, la gauche, par son angélisme ou sa complaisance, a une lourde responsabilité dans l’extension des courants indigénistes, décoloniaux, intersectionnels et islamo-gauchistes.

La droite s’en indigne, mais n’est pas innocente : elle s’en démarque par une lucidité tardive, ravivée par l’approche des  régionales et présidentielles. Voir , qui n’aurait jamais gagné la région des Hauts-de-France sans le retrait de la liste socialiste, s’ériger en rassembleur, froncer les sourcils et jouer le Monsieur  serait risible s’il n’était le parangon de la politicaillerie. Quant aux Marcheurs, Macron en tête, ils sont les rois de l’ambiguïté et de l’opportunisme, associant le pire de la droite et de la gauche, poussant le culot jusqu’à confondre, avec une fausse candeur, leurs propres intérêts avec ceux de la France.

Philippe Kerlouan

Écrivain

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