Cette vieille nuisance de l’UNEF

La proposition de dissoudre l’UNEF appelle plusieurs types de débats. Les propos de son insupportable présidente Mélanie Luce, l’idéologie islamo-gauchiste, l’organisation de réunions interdites aux blancs, etc. tout cela justifie une réaction.

On aimerait qu’elle puisse trouver sa voie sur le terrain de la répression légale.

On aimerait surtout que l’on réponde aux mensonges et à l’idéologie de la direction de l’UNEF.

On peut aussi se demander si, s’agissant d’un mouvement qui se veut syndical, la loi de 1936, construite contre les ligues politiques extraparlementaires, telles qu’elles existaient sous la défunte troisième république, peut techniquement et juridiquement fonctionner.

Un journal comme Valeurs actuelles, dont on ne doute pas de la vigilance vis-à-vis des thèses de l’UNEF, pose ainsi, et se pose, la question ce 23 mars : est-ce « une fausse bonne idée » ?

D’ores et déjà, soulignait Valeurs actuelles ce 22 mars, 300 personnalités prennent sa défense.

Aussi, au moment où court cette tentation de dissoudre l’UNEF, faux syndicat, devenu aujourd’hui une véritable organisation antinationale, « racialiste » anti blanche, on se doit d’observer le fonctionnement concret du système.

Et, ces temps-ci, venant après la dissolution de Génération identitaire, que rien ne justifiait vraiment, il peut se révéler utile de se remémorer l’expérience des dissolutions symétriques.

Car la prétention de maintenir fictivement la balance égale, entre ceux qui défendent leur pays et ceux qui le combattent, reste probablement la seule et frileuse logique, qui inspire encore les services du Ministère de l’Intérieur.

En 1958, le nouveau pouvoir gaulliste, issu du 13 mai, maintenait déjà l’interdit sur les groupes nationalistes que l’éphémère ministère Pflimlin avait mis hors la loi le 15 mai.

Pendant l’été 1958 pas moins de 42 mouvements nationaux virent le jour. Le courant semblait alors un torrent et le gouvernement tout neuf paraissait l’exprimer.

Très vite, cependant, furent balayés les comités de salut public apparus à Alger, qui avaient pourtant porté au pouvoir le général De Gaulle. Aucune mesure ne fut prise contre les communistes contre lesquels, cependant, depuis les événements de Budapest de 1956, l’opinion publique s’était largement retournée. Aux élections législatives de novembre, leur groupe parlementaire fut ramené de 150 députés dans la chambre de 1956 à 10. Mais l’appareil du PCF fut remis en selle du fait de sa convergence avec le pouvoir sur la lutte anti-OAS et l’abandon de l’Algérie : en 1962, reviennent 41 élus staliniens, puis 73 en 1967.

Par la suite, entre 1959 et 1961 ce furent essentiellement les mouvements pro Algérie française, et notamment l’éphémère parti nationaliste (dissous en février 1959) reconstituant du mouvement jeune nation, puis le front national français de Jo Ortiz, responsable des barricades d’Alger (dissous en janvier 1960) puis le front national pour l’Algérie française (créé par JM Le Pen en juillet, dissous en décembre 1960) qui subirent les uns après les autres les foudres du ministère de l’Intérieur, et ceci jusqu’à la constitution de l’OAS, organisation de l’armée secrète au printemps 1961.

À noter, le ridicule ne tuant pas, que le gouvernement Debré pris des décrets de dissolution contre l’OAS, structure par définition secrète, dont les dirigeants avaient tous choisi la clandestinité.

En 1968 on a dissous à la fois, symétriquement, le Mouvement Occident, comme pour faire bonne mesure, alors que pendant toute la crise il avait milité pour le rétablissement de l’ordre public – et on a dissous aussi les mouvements gauchistes responsables des désordres révolutionnaires, de la paralysie du pays et des déprédations du mois de mai.

La FER, trotskiste lambertiste qui, pourtant s’était soigneusement tenue à l’écart, dès la nuit de la rue Gay-Lussac, sera elle aussi interdite. Ses rivaux de la JCR l’accablent de sarcasme dans le livre « mai 1968, la répétition générale » publié par Henri Weber et Daniel Ben Saïd. Les groupuscules prochinois connaîtront le même sort. Tous se reconstituèrent, sous les noms respectifs d’Alliance des jeunes pour le socialisme, de Ligue communiste, et des mouvements prochinois plus complexes, eux-mêmes divisés entre mao-spontex, ainsi appelait-on les spontanéistes admirateurs de la Révolution culturelle aux 80 millions de morts, et les m-l, marxistes léninistes de stricte obédience qui donneront naissance plus tard aux terroristes de la Cause du Peuple. Négligeons ici les groupes et revues intermédiaires entre les différentes tendances gauchistes, ainsi que le mouvement du 22 mars, hologramme anarchiste rassemblé autour de Cohn-Bendit.

Remarquons que l’UNEF 1968, autrement plus représentative, – quoique déjà en crise, déchirée entre courants trotskistes, maoïstes, le PSU et les staliniens – que l’UNEF 2021, n’a fait l’objet d’aucune mesure de dissolution.

En 1973 le gouvernement procède à de nouvelles dissolutions symétriques :

D’un côté le pouvoir frappait Ordre Nouveau, qui se recyclera dans le Front national dont il avait porté la création récente, puis se repliera sur le GUD et le parti des forces nouvelles, etc. mais ne retrouva jamais sa dynamique.

De l’autre, la ligue communiste de Krivine était dissoute, comme pour faire bonne mesure. Elle se reconstituait impunément et immédiatement sous le nom de ligue communiste révolutionnaire, LCR, jugé nettement plus rassurant. Cette LCR a donné naissance au NPA, nouveau parti anticapitaliste.

La vérité c’est que les instruments de répression, conçus à l’époque de l’invention du mot d’ordre antifasciste en 1935 par le Komintern, tout en se présentant sous des aspects d’équité, de balance égale entre les prétendus « extrémistes des deux bords » fonctionnent en fait à sens unique et paralysent l’action des défenseurs du pays, de l’ordre et des libertés.

L’expérience semble donc prouver que sous la cinquième république le déséquilibre entre répression antinationaliste et velléité de blâmer les excès, même délirants, des gauchistes et des communistes demeure permanent. Les balances sont faussées. Espérer que le régime actuel nous débarrassera vraiment de la vermine gauchiste c’est croire au Père Noël.

JG Malliarakis 

https://www.insolent.fr/2021/03/cette-vieille-nuisance-de-lunef.html

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