Marine Le Pen face à BFM TV

Et si  se révélait vraiment au même âge que son père ? À 52 ans (elle est née en 1968), Jean-Marie Le Pen était un quasi-inconnu des Français tout autant que des médias. C’est à 56 ans que le fondateur du Front national a participé à sa première « Heure de Vérité », en 1984, alors même qu’il était tombé en politique plus tôt que sa fille (il fut député à l’âge de 27 ans). Si la présidente du Rassemblement national ne fend pas l’armure – euphémisme – dans les débats, elle est beaucoup plus à l’aise sur une estrade ou face aux journalistes, comme jeudi 11 mars 2021, sur .

Pas d’adversaire. Que des journalistes. Et pas les plus virulents – on n’est pas sur le service public, c’est BFM TVA priori, c’est confort, d’autant qu’en se présentant à leur invitée et malgré les masques, c’est plus sourire que grimace.

BFM, accusée de rouler pour Macron pour 2017, virerait-elle sa cuti ou, tout au moins, aurait-elle fait le choix de ménager la probable candidate de la droite au second tour de l’élection présidentielle, créditée de 48 % des intentions de vote, donc clairement dans la marge d’erreur ? C’est pourtant à une consultante extérieure, Marie-Virginie Klein, du grand cabinet de conseil en communication Tilder, que revient la mission d’expliquer qu’elle peut l’emporter.

Pas parce que les idées du Rassemblement national pourraient devenir majoritaires demain, mais tout simplement parce que les Françaises, mais aussi les Français, sont pour la première fois prêts à faire confiance à une femme pour prendre en main leur destin, et donc à voter pour elle.

Marine Le Pen bénéficierait même d’une légère avance sur  chez les électrices.

Une chose est certaine, l’exercice de l’interview réussit beaucoup mieux à Marine Le Pen que le débat. Là où son père s’épanouissait dans la joute oratoire, terrassait bien des adversaires et ridiculisait bien des journalistes, Marine Le Pen a basculé du côté de la force tranquille depuis son débat raté face à Emmanuel Macron. Stoïque bien que brouillonne face à Gérald Darmanin. Posée face aux journalistes de BFM TV, qui montrent au passage que l’on peut faire dignement ce métier en interviewant et non en harcelant.

C’est propre, millimétré, chirurgical, à des années-lumière du cirque Léa Salamé-Thomas Sotto. Même quand Marine Le Pen est relancée simultanément par Maxime Switek, le présentateur, et l’un des journalistes en charge des thèmes choisis, cela reste audible, calme, pro. Et quand c’est calme, pro, Marine Le Pen l’est tout autant.

La suite ici

Jean-Baptiste Giraud

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