Décidément, le Maghreb est source de bien des pollutions de notre environnement…

Il n’y a pas, en effet, que ses habitants qui se ruent à l’assaut de notre pays par toutes les voies possibles, légales ou non. Il y a aussi le sable du Sahara qui franchit allègrement la Méditerranée, sans l’aide du moindre passeur, pour atteindre nos côtes et même au-delà.

Ces dernières heures, la France offre des images de paysages insolites qui se répandent sur les réseaux sociaux : des ciels orange façon sépia, des sommets enneigés qui virent au jaune…. Ils sont la manifestation la plus spectaculaire d’un phénomène encore méconnu : le passage au-dessus du pays d’un nuage de poussières de sable en provenance du SaharaSurtout, c’est la troisième fois qu’il se produit en moins d’un mois, après un premier épisode début février et un deuxième en fin de semaine dernière.

Combiné à des conditions météorologiques favorables (anticyclone et inversion des températures) et à d’autres sources d’émission de particules fines (chauffage domestique, trafic routier, début des épandages agricoles), le phénomène a généré d’importants pics de pollution dans plusieurs régions, de la Corse à l’Ile-de-France en passant par la Bourgogne, les Alpes ou le Grand-Est. Une alerte à la pollution de l’air aux particules fines a ainsi été déclenchée mercredi 3 mars et pour deux jours dans trois départements du Sud-Ouest, les Pyrénées-Atlantiques, les Landes et la Gironde, ont annoncé les préfectures.

« Ce phénomène est assez habituel en hiver mais cette fois, il a été particulièrement remarquable et remarqué », commente Vincent Guidard, responsable de l’équipe « pollution atmosphérique » au Centre national de recherches météorologiques (CNRS/Météo-France). Mais comment ces poussières issues du Sahara ont-elles pu retomber en France ? Bonne question, que l’on pourrait poser à propos d’autres arrivages !

Les mécanismes de formation sont bien connus : un vent fort en surface va soulever les poussières de sable dans le désert ; les particules capturées vont ensuite monter à des altitudes troposphériques (entre 3 000 et 4 000 mètres) par des régimes de fortes convections qui se développent à travers le Sahara ; enfin, les flux de masse d’air orientés du sud vers le nord (comme d’autres phénomènes migratoires…) vont les transporter sur des milliers de kilomètres, puis, les particules vont se déposer (comme d’autres déposent leur progéniture dans nos maternités…). On pourrait presque sourire de ces analogies si elles n’étaient pas si tragiques.

Quant aux poussières, plus elles montent haut, plus elles vont être transportées loin. Lors de l’épisode de la semaine dernière, les poussières du Sahara ont voyagé jusqu’en Angleterre et dans le sud de la Scandinavie.

Selon les estimations de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), entre 1 milliard et 3 milliards de tonnes de poussières sont rejetées chaque année dans l’atmosphère à l’échelle de la planète. Une grande partie – entre 500 millions et 1 milliard de tonnes (30 à 50%) – provient du Sahara. Mais ces tempêtes de sable peuvent aussi trouver leur source dans la mer de Salton (Californie), la Patagonie (Argentine, Chili), l’Altiplano (cordillère des Andes), le bassin du lac Eyre (Australie), le désert du Namib (Afrique australe), la vallée de l’Indus (Pakistan, Inde), le désert de Gobi (Mongolie, Chine) ou encore le désert du Taklamakan (au Xinjiang, en Chine).

La part des poussières émises en Asie est en constante augmentation depuis vingt ans, en raison de la désertification croissante, relèvent plusieurs études. Le réchauffement climatique pourrait encore augmenter la fréquence et l’intensité de ces phénomènes, selon le Centre de prévision de la poussière atmosphérique de Barcelone, qui supervise avec des supercalculateurs la survenue de tempêtes de sable et de poussière en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Europe.

En collaboration avec l’OMM, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) doit boucler d’ici à la fin de l’année une première étude d’envergure sur les effets sanitaires des poussières du désert et les inclure dans ses lignes directrices sur la qualité de l’air. « Les études épidémiologiques ont mis en évidence un risque accru de mortalité cardiovasculaire due à des problèmes respiratoires, ainsi que d’asthme chez l’enfant. Mais ce risque a été identifié dans les effets à court terme et il y a un déficit d’études sur les effets à long terme », relève Pierpaolo Mudu, statisticien et spécialiste des questions de pollution de l’air à l’OMS.

Les particules de sable sont dites « grossières », de diamètre situé essentiellement entre 2,5 micromètres et 10 micromètres (µm). Elles sont donc généralement stoppées par les voies respiratoires, à la différence des particules fines (inférieures à 2,5 µm) et ultrafines (moins de moins de 0,1 µm). « Leur composition initiale est également moins toxique que celle des particules issues de la combustion d’énergie fossile, précise Thomas Bourdrel, radiologue et membre du collectif Air Santé Climat. Le problème est qu’en voyageant sur des centaines voire des milliers de kilomètres, elles vont transporter tout un tas de polluants et d’agents pathogènes qu’elles croisent en chemin. »

Une étude menée en Guadeloupe et publiée en 2019 dans la revue Occupational and Environmental Medicine a mis en évidence que l’exposition aux particules en provenance du Sahara pendant la grossesse multipliait par trois le risque de naissance prématurée. D’avril à octobre, les alizés ramènent sur les Antilles des nuages de poussières du Sahara. Des épisodes à l’origine de fréquentes et sévères alertes à la pollution atmosphérique : en juin 2020, la Guadeloupe et la Martinique ont notamment été placées en alerte rouge pendant plusieurs jours.

Mais ce n’est pas tout car, comme vous le savez, les emm….., ça vole en escadrille. Les recherches ont également montré que les particules de sable pouvaient agir en redoutable cheval de Troie et être elles-mêmes contaminées par des composés chimiques (métaux lourds, phtalates, pesticides…) potentiellement dangereux ou transporter des pollens, des bactéries et des virus.

« Cela a été démontré, par exemple, pour la grippe aviaire, pour laquelle on a pu mettre en évidence une transmission du virus entre deux poulaillers distants de plusieurs centaines de mètres », rappelle Thomas Bourdrel, coauteur d’un article de synthèse sur les liens entre pollution de l’air et Covid-19, publié en février, dans la revue European Respiratory. 

Et certains ennemis de la France vont même jusqu’à prétendre que des analyses de la composition de prélèvements de sable effectués lors d’une balade en raquettes dans le Jura (!), fin février, auraient retrouvé des traces de césium 137. Héritage, selon l’ACRO (Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest – une officine écolo – ), des essais nucléaires menés par la France en Algérie, au début des années 1960 ! On croit rêver devant tant de mauvaise foi.

Le 4 mars 2021.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2021/03/04/decidement-le-maghreb-est-source-de-bien-des-pollutions-de-notre-environnement/

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