Chasse internationale aux « complotistes »

Ils ne partagent pas l’avis général sur les processus thérapeutiques à mettre en œuvre contre le Covid. Leurs recherches médicales les met donc hors la loi : ce sont des complotistes ou des obscurantistes à bannir au sens propre du terme.

Il faut d’abord faire un constat : la censure que l’on rencontre de manière à peu près constante dans de très nombreux pays a les mêmes priorités, mais elle n’est pas un bloc. Elle vise le plus souvent la contestation des mesures anti-Covid, la dénonciation des dangers des vaccins développés à la hâte, la mise en cause des tests de contamination ou du calcul des morts liés au virus SARS-CoV2, la mise en avant de traitements prophylactiques ou thérapeutiques efficaces. Et sur un autre plan, la critique de l’utilisation politique de la pandémie à des fins idéologiques, telle la « grande réinitialisation » (Great Reset) pourtant clairement annoncée par des institutions internationales publiques et privées.

Mais elle n’est ni systématique, ni absolue : preuve en est que les informations circulent, notamment sur les réseaux sociaux et les médias indépendants, avec des vidéos, des textes, des entretiens et autres contenus « alternatifs » certes traqués, mais finalement accessibles dans l’ensemble pour qui veut les chercher. Il faut croire qu’une censure totale serait contre-productive, et ce pour plusieurs raisons. D’abord, elle supposerait une prise en mains beaucoup plus complète d’Internet, alors que l’existence même du réseau et sa liberté offrent des moyens de surveillance : trop de surveillance tuerait la surveillance, en somme. Elle ouvrirait la porte à une défiance et à une contestation accrues, même si cette dernière parviendrait alors moins facilement à se fédérer.

La censure généralisée constituerait un outil en quelque sorte trop « coûteux » par rapport aux bénéfices attendus, et ce d’autant que les utilisateurs des médias ont tendance à agir comme des tribus, se regroupant par affinités, de telle sorte que l’existence d’un média « libre » diminue relativement peu le poids du discours dominant.

Notons aussi qu’en Chine, le pouvoir – autrement dit, le part communiste – a eu un Comportement inverse de celui qui a cours dans le reste du monde et surtout dans les pays occidentaux : ici, on dramatise l’affaire du Covid-19, la-bas, le discours officiel tend à la minimiser pour mieux souligner l’excellente gestion de la crise à Wuhan. Le Dr Li Wenliang qui avait tenté d’alerter le monde sur le virus qui « s’échappait » de Chine en est mort au mois de mars, mais entretemps il a subi les foudres de la censure chinoise, et sa mort même n’aurait pas du filtrer. Tout a été fait ensuite pour le faire disparaitre des notifications et autres messages circulant sur les réseaux sociaux. Bien plus large, la censure continue d’opérer en Chine selon un récent article du New York Times, au moyen d’une pointilleuse surveillance automatique d’Internet et d’une armée d’internautes rémunérés pour vanter les mérites des autorités.

Sur le plan mondial, les recommandations éventuellement contradictoires de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont rapidement donné le “la” en matière de gestion de l’épidémie, avec la même omerta qu’en France sur les traitements prometteurs et la même insistance sur la vaccination.

Le 23 septembre, conjointement avec l’Unicef, l’Unesco, l’Onusida, l’Union internationale du travail, la Fédération internationale de la Croix rouge (FICR) et l’initiative Global Pulse, l’OMS signait une déclaration sur la gestion de l’infodémie : comprenez, la circulation virale « d’informations fausses et trompeuses » dont il faudrait « atténuer les effets néfastes ». Dans l’inflation de « news » à laquelle nous assistons, il y aurait ainsi abondance de « fake news » se caractérisant « par des tentatives délibérées de diffuser des informations erronées afin de saper la riposte de santé publique.

« La diffusion d’informations trompeuses a pour effet de diviser le débat public sur des sujets liés à la Covid-19, d’amplifier les discours de haine, d’accroitre le risque de conflit, de violence et de violation des droits humains, ainsi que de compromettre les perspectives à long terme de faire progresser la démocratie, les droits humains et la cohésion sociale », assure cette déclaration qui, à la suite de l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2020, appelait ses États membres à prendre des mesures pour lutter contre la diffusion d’informations fausses et trompeuses et à tirer parti des technologies numériques pour la riposte dans son ensemble.

On comprend mieux comment et pourquoi des scientifiques, des médecins, des psychologues, des statisticiens… se sont trouvés du mauvais côté, honnis par le pouvoir, éventuellement arrêtés ou internés, black-listés par la plupart des grands médias, et pas seulement en France. Il n’y a plus qu’un discours autorisé, celui auquel adhèrent les pouvoirs publics, et tout le reste est quasiment criminel, y compris la simple critique rationnelle ou l’interrogation, parce que « la diffusion d’informations fausses coûte des vies », selon la déclaration.

Il faut savoir que l’initiative Global Pulse lancée par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a pour but d’utiliser les « big data » et l’intelligence artificielle pour traquer les propos dissidents, notamment ceux qui remettent en cause les mesures prises par les autorités nationales, et pour analyser les changements de comportement dans les différents groupes sociaux.

L’exemple le plus emblématique de cet état de fait est sans doute celui de l’arrestation, en septembre, par la police de Londres, du Dr Heiko Schéning, un médecin allemand hostile aux mesures liberticides prises au nom du Covid, alors qu’il venait s’exprimer à « Speakers’ Corner » à Hyde Park. C’est le « coin des orateurs » où traditionnellement, depuis 1872, chacun pouvait librement prendre la parole – socialistes et catholiques, anarchistes et pacifistes y racontaient ce qu’ils voulaient faire entendre. Depuis l’arrivée du coronavirus, cette liberté d’expression a été fortement atteinte.

Les arrestations se sont succédé depuis lors à Hyde Park, pour cause de discours non conformes à propos d une maladie dont bien plus de 99 % des « victimes » se remettent à moins d’être âgées et déjà malades. Les vidéos de ces faits sont en ligne, mais les grands médias ne les évoquent guère.

En Allemagne, un autre universitaire a été arrête en direct alors qu’il enregistrait une vidéo, le 18 novembre, lors d’une descente de police dans son studio. – Le Dr Andreas Noack est connu pour avoir apporté une assistance médicale aux manifestants lors de manifestations contre les confinements et pour ses propos « corona-sceptiques ». Comme souvent, des « fact-checkers » – vérificateurs d’informations et autres décodeurs – des grands médias ont assuré par la suite que la présentation des faits sur les réseaux sociaux était inexacte. La police serait intervenue dans le cadre d’une enquête liée au trafic de drogue et Noack n’était pas visé, nous dit-on. Vrai ? Faux ? L’essentiel semble être de semer le doute, sans donner d’éléments permettant de vérifier l’affaire, dans un sens ou dans l’autre.

Il faut en effet la collusion des gouvernements et des médias les plus influents ainsi que des réseaux sociaux – ou du moins un discours univoque – pour aboutir à une vérité officielle prise au sérieux par le plus grand nombre. Il en existe un exemple criant la Déclaration de Great Barrington par laquelle trois scientifiques plaidaient pour la « protection ciblée » des plus fragiles et pour la liberté des autres, afin de créer une immunité de groupe face au SARS-CoV-2 : selon le journal The Spectator au Royaume-Uni la Déclaration était pour ainsi dire ignorée par la grande presse, ou alors décriée dans des publications confidentielles comme émanant de climato-sceptiques financés par l’extrême droite.

En l’occurrence, les initiateurs de la déclaration étaient des professeurs d’Oxford, Harvard et Stanford, qui allaient rapidement être rejoints par des dizaines de milliers de scientifiques spécialistes de la santé publique ou de l’épidémiologie. Comme en France on décrie – jusque dans l’Ordre des médecins – un Pr Raoult comme un « charlatan », ou encore l’adversaire des nouveaux vaccins anti-Covid, le Pr Christian Perronne privé de son service à l’hôpital de Garches, et tant d’autres spécialistes en médecine ou en génétique, les signataires de la Déclaration de Great Barrington ont été ridiculisés dans les médias. Un conseiller en santé publique du gouvernement écossais, Devi Sridhar, a ainsi expliqué à une chaine de télévision d’État que cette déclaration n’était pas « scientifique ». Sridhar est diplômé en anthropologie sociale; Sunetra Gupta, l’une des dix premiers signataires de la Déclaration, est professeur d’épidémiologie à Oxford… Celle-ci devait se voir invitée quelques jours plus tard à ne pas mentionner le texte lors d’un entretien sur les mesures anti-Covid en Angleterre du nord enregistré par la BBC.

Aux États-Unis, la liberté d’expression est mise sous cloche par les réseaux sociaux : ainsi Twitter et YouTube ont supprimé cet été de leurs plateformes une vidéo d’un collectif de médecins « America’s Frontline Doctors » qui plaidaient devant les marches de la Cour Suprême à Washington pour le traitement précoce du Covid19 par le protocole hydroxychloroquine, zinc et azithromycine. Ils étaient accusés d’avoir fait de « fausses déclarations ».

On constate en France le même type de dénonciation et de persécution de quiconque ose invoquer d’un remède efficace contre le Covid-19. En avril, la presse régionale pouvait encore présenter les expériences de médecins ayant obtenu de bons résultats, parfois spectaculaires, en associant de manière précoce l’antibiotique Zithromax et une supplémentation en zinc, faute de pouvoir prescrire de l’hydroxychloroquine  : les docteurs Denis Gastaldi, Jean-Jacques Erbstein et Olivia Vansteenberghe affirmaient ne plus avoir eu à envoyer de patients à l’hôpital depuis qu’ils avaient recours à ce protocole empirique.

Le résultat ne se fit pas attendre : Erbstein et Gastaldi furent convoqués par le Conseil de l’Ordre et traités de « charlatans ».

Jean-Jacques Erbstein a écrit un livre sur son expérience : Je ne pouvais pas les laisser mourir. Les choses sont claires l’État ne cautionne que l’absence de traitement, le renvoi des patients qui présentent des symptômes de Covid-19 chez eux avec du Doliprane, quitte à les laisser entrer en réanimation quand il est déjà trop tard.

Même scénario pour le Dr Nicolas Zeller de Saint-Cyr-sur-Mer, qui a prescrit du Zithromax à 200 patients afin d’éviter d’avoir à les envoyer à l’hôpital, disait-il. Il est aujourd’hui poursuivi par le Conseil de l’Ordre, tout comme le Dr Hélène Roseau-Frantz, qui avait obtenu des résultats encourageants en proposant des antihistaminiques à ses patients.

L’ivermectine, une autre molécule prometteuse contre le Covid19 selon des médecins de terrain, a été décrétée inutile aux États-Unis par les autorités sanitaires. Là encore, les « décodeurs » officiels minimisent les assertions de ces médecins qui sont pourtant au contact du réel…

Photo : Le documentaire Holp-Up (2020) du journaliste Pierre Barnerias consacré a la gestion de la crise du Covid-19 a créé la polémique et cristallisé autour de lui les plus virulentes critiques et les désormais traditionnelles accusations de complotisme. Ici, photo lors d’une récente manifestation hostile au port du masque.

Jeanne Smits Monde&Vie 14 janvier 2021 n°994

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