Du nouveau sur Louis XIV

La chambre du trépas de Louis XIV Roy de France

300e anniversaire de la mort du Roi-Soleil.

« Dieu seul est grand, mes frères… », proclamait Massillon en prononçant l’oraison funèbre de Louis XIV. Evoquant le roi guerrier, l’oratorien y blâmait l’« art funeste d’apprendre aux hommes à s’exterminer les uns les autres ». Au lendemain de la disparition du monarque, la parole se libérait, observe Joël Cornette : « Nul prince n’a obtenu plus de louanges pendant sa vie, ni essuyé plus de reproches après sa mort. » 

Dans un ouvrage paru dans la célèbre collection des « Journées qui ont fait la France », l’auteur, un spécialiste du Grand Siècle, étudie les réactions qui se sont manifestées après le décès du roi, le 1er septembre 1715, et confronte ce bilan à chaud à celui que peut dresser un historien, trois siècles plus tard (1). Remarquable travail, qui analyse le projet politique que Louis XIV a porté – la constitution d’un appareil administratif d’Etat appuyé sur une forte culture royale -, mais aussi ses limites et ses échecs. A l’aube du siècle des Lumières s’ouvrait une ère nouvelle pour la monarchie française, puisque ni le Régent, ni Louis XV, ni Louis XVI ne voulurent reproduire le modèle incarné par leur parent.

Ceux qui s’intéressent à cette époque avaient déjà à leur disposition le Dictionnaire du Grand Siècle que dirigea François Bluche (Fayard, rééd. 2005) ou le Dictionnaire de l’Ancien Régime coordonné par Lucien Bély (PUF, rééd. 2002). Ce dernier a réuni une douzaine de chercheurs pour publier, cette fois, le premier dictionnaire consacré à Louis XIV (2). Précieux ouvrage qui permettra aux passionnés de se rafraîchir la mémoire ou de parfaire leurs connaissances : rédigées à partir des découvertes les plus récentes, les entrées de ce volume explorent l’homme Louis XIV et son oeuvre à travers toutes leurs facettes. Voulant échapper à l’apologie, le propos, ici, est parfois critique à l’excès. Il a du moins le mérite de faire réfléchir, et laisse en tout cas place à l’admiration pour le « rêve de grandeur » qui animait le Roi-Soleil.

Jean Sévillia

(1)La Mort de Louis XIV. Apogée et crépuscule de la royauté, de Joël Cornette, Gallimard, 368 p., 21 €.
(2) Dictionnaire Louis XIV, sous la direction de Lucien Bély, Robert Laffont, « Bouquins », 1 408 p., 32 €.

https://www.jeansevillia.com/2015/10/14/du-nouveau-sur-louis-xiv/

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