Chloroquine : vers un énorme scandale ? (2020)

Vertu des réseaux sociaux : ceux qui suivent l’actualité sur le réseau touitteur, ont aperçu les premiers, puis découvert dans les détails, l’étonnante affaire dite de la Chloroquine.

Ce médicament connu de longue date, associé à une autre molécule de la famille des retro-antiviraux, se révèle très efficace pour lutter contre la pandémie du « sras2 » aussi appelé « nouveau coronavirus ». Cette combinaison fut mise au point à Marseille par le Professeur Didier Raoult, personnage haut en couleur dont l’allure originale (il ressemble au Christ…) et le verbe haut, ont suscité d’innombrables commentaires. De formation littéraire (ce qui explique sans doute son robuste bon sens, et un recul sur l’actuelle pandémie que ne peuvent avoir que les esprits dotés de quelques connaissances historiques), Didier Raoult s’est assez vite passionné pour la recherche médicale, domaine dans lequel il a acquis une renommée mondiale – au point qu il bénéficia de concours financiers nombreux pour créer l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) dénommé « Méditerranée infection », devenu le plus grand centre européen de maladies infectieuses.

Un stupéfiant entrelac de soupçons

Marseille, mais pas Paris – justement ! En octobre dernier, l’Inserm révoque le statut de « fondation » des IHU aux fins de « mieux les coordonner » (ou les mieux contrôler ? ). Visé par cette directive, Didier Raoult s’en émeut publiquement, devenant la « bête noire » du PDG de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Il le devient aussi de sa femme, Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé et épouse dudit Yves Lévy. Peu après, Yves Lévy qui avait été nomme a l’Inserm, en 2014 par Marisol Touraine, est nommé au Conseil d’État, chose curieuse pour un homme qui n’a jamais fait de droit.

Il n’en participa pas moins à l’inauguration du laboratoire P4 à Wuhan, celui où fut isolé pour la première fois le « nouveau corona virus », laboratoire à l’origine monté par la France (après la crise du sras 1) mais que le renseignement français soupçonné d’être devenu un immense laboratoire militaire – il faut lire à ce sujet le stupéfiant entretien accordé au site de Marianne (et publié le 31 janvier dernier) par Antoine Izambard, journaliste au magazine Challenges, qui a suivi les péripéties, qui accrédite l’idée, très présente sur les réseaux sociaux d’une attaque virale à grande échelle. Son livre France-Chine, Les liaisons dangereuses (éd. Stock) pourrait devenir lui aussi… viral.

Revenons au Pr Raoult qui, en février tandis que la maladie commence à se répandre, montre que la chloroquine, médicament peu cher (10 centimes le cachet, très utile contre le paludisme, et largement utilisé en Afrique), soigne 90 % des cas de coronavirus s’ils sont dépistés assez tôt. Or il est curieux que, le 13 janvier 2020, Agnès Buzyn ait classé la chloroquine, qui était en vente libre depuis un demi-siècle, dans les substances dites « vénéneuses » – disponibles seulement sur ordonnance. Curieux que la même Agnès Buzyn avoue avoir su très tôt que le nouveau corona provoquerait « une hécatombe ». Curieux aussi que le Pr Christian Perronne ait révélé il y a quelques jours que le stock de chloroquine de la pharmacie centrale de Paris avait été « pillé ». Curieux enfin que Le Monde et Agence d’État de la Santé aient qualifié les recherches du Pr Raoult de fake news, avant de se rétracter. On comprend la fureur dudit professeur qui critique aujourd’hui le confinement généralisé des porteurs sains qu ii juge digne du Moyen Âge – et prône un traitement à la chloroquine, avec confinement des seuls malades…

Le Pr. Raoult loué dans le monde entier, saut en France.

À mesure que les informations se répandent sur les capacités de la chloroquine, de nombreux gouvernements se tournent vers le Pr Raoult : la semaine dernière, grâce à un tweet d’Elon Musk, le richissime patron de Tesla, Donald Trump décide de lancer un grand « programme chloroquine » afin de la mettre aussi vite que possible à la disposition de tous les Américains. Le Maroc se propose d’acheter les stocks de chloroquine de Sanofi à Casablanca. Le Pakistan va accroitre sa production de la chloroquine à destination de la Chine. En israël, la société Téva annonce qu’elle va livrer gratuitement plus de 10 millions de dose de chloroquine aux pays qui la demanderont. 18 pays se déclarent intéressés a cette date – 24 mars. L’IHU de Marseille est partout loué…

Pendant ce temps, en France, des hôpitaux réclament la fameuse substance. Le maire de Nice, Christian Estrosi décide même de commander à Sanofi une livraison massive de chloroquine afin d’en équiper les hôpitaux de Nice. Finalement, le gouvernement demande à l’Inserm de tester le médicament à grande échelle. Étrange réflexe ! ses effets sont connus depuis des lunes – il est certes déconseillé à haute dose aux déficients cardiaques, mais largement utilisé dans le monde.

Les résultats sont attendus… début mai !

Attendons, donc. Mais cette affaire est étrange. Elle pourrait un jour faire tomber bien des têtes, et des plus haut placées – surtout si les Français, qui savaient être dirigés par des incompétents, découvrent qu’ils le sont par des criminels.

Charles Trégor monde&vie 31 mars 2020 n°984

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