Les pouvoirs de la conscience

Il existe des sites de témoignages comme NDRERF : les  EMI(1), très nombreuses, concordantes, y sont significatives. Mais plus significatifs encore apparaissent les témoignages de médecins. C’est à eux que nous laissons la parole à la fin de ce dossier.

Quelle est l’expérience que nous faisons quand nous subissons une EMI ? L’explication matérialiste a été formulée : lorsque le cerveau manque d’oxygène, il libère des endorphines qui seraient à l’origine d’une désinhibition du cortex visuel et du système limbique.

Les EMI seraient le fruit d’un dérèglement du fonctionnement du cerveau. Partant sur cette hypothèse, un certain Olaf Blanke, chercheur en neuroscience a l’université de Lausanne aurait réussi en 2002 a provoquer la sensation de décorporation chez une patiente atteinte d’épilepsie en stimulant électriquement différentes régions de son cerveau. En réalité, la patiente a déclaré qu’elle se voyait de dessus, mais seulement ses jambes. Bref l’expérience semble peu satisfaisante. Elle tranche avec les données lumineuses qu’offrent les milliers de témoignages d’EMI.

Exemple ? En 2008, le docteur Sam Parnia de l’Université de Southampton a initié une étude (Aware) portant sur 2 060 cas de morts cliniques. 156 patients ont survécu aux arrêts cardiaques. Et sur ces 156 patients 10 % présentent quelque chose comme une EMI ou plus rarement un phénomène explicite de décorporation. Les enfants parce qu’ils ne sont pas encore soumis au rationalisme ordinaire, sont particulièrement éloquents lorsqu’ils vivent une expérience de mort imminente, le pourcentage peut monter jusqu’à 65 % de témoignages.

Mais les adultes lorsqu’ils parlent présentent parfois des expériences irréfutables. Un des cas les plus troublants, dans le protocole du docteur Sam Parnia, a été cet homme de 57 ans racontant être sorti de son corps pendant son opération. Il dit avoir vu toute la scène de réanimation depuis un coin du plafond et a pu décrire des faits dont il n’aurait pas dû avoir conscience (paroles prononcées et gestes médicaux de l’équipe soignante, description physique de certains d’entre eux, etc.), faits ensuite corroborés par les personnes présentes à l’opération.

Le docteur Pim van Lommel insiste sur la nécessité de ne pas s’en tenir a une anthropologie matérialiste. Il explique que l’enjeu se trouve autour du statut de la conscience et de son rapport au cerveau : « La conscience, avec des souvenirs et parfois des perceptions peut être expérimentée pendant une période d’inconscience – c’est-à-dire pendant une période ou le cerveau ne manifeste aucune activité mesurable et ou toutes les fonctions cérébrales telles que réflexes du corps réflexes du tronc cérébral et respiration ont cessé. Il apparait donc que dans ces circonstances une conscience lucide soit possible indépendamment au cerveau et de l’organisme ».

Cette perspective recouvre le témoignage du médecin toulousain Jean-Jacques Charbonier, qui a publié en 2017 un livre intitulé Cette chose (édition First puis Pocket) : « Des personnes, avec un électroencéphalogramme plat, donc avec un cerveau à l’activité cérébrale inexistante parviennent une fois réveillées a d’écrire leur réanimation, certaines parlent même de ce qui se passe dans les autres pièces leurs propos ont été vérifiés par la suite et se sont révélés exacts. En tant que médecin et scientifique nous sommes obligés de nous questionner : comment est-ce possible de retranscrire ces événements si le cerveau ne fonctionne plus ? C’est donc à partir de cela que j’ai formulé l’hypothèse que ce n’est pas le cerveau qui produirait la conscience. Le cerveau ne serait qu’un récepteur ». Le docteur Charbonier continue : « Les preuves scientifiques sont la, mais nous sommes tellement intoxiqués par la pensée matérialiste que l’on prend pour acquis le fait qu’il n’y a rien après la mort ». Quant a lui, il préfère l’appellation “expérience de mort provisoire’’ à “expérience de mort imminente” et il parle de “ressuscitation” (et non de résurrection) pour le retour à la vie de gens qui se trouvent réanimes entre la mort clinique et la mort cérébrale.

Francois Lallier médecin généraliste a consacré sa thèse aux EMI. « Je suis toujours agacé quand je rencontre dans les journaux l’idée que l’EMI est expliquée par la privation d’oxygène ou de telle substance ». Dans son livre Le mystère des Expériences de mort imminente (Leduc 2018), il explique qu’il y a beaucoup d’interprétations possibles des EMI et il suggère que la recherche médicale puisse s’ouvrir aux spéculations de la physique quantique sur le caractère discontinu du temps Sam Parnia, l’auteur de l’enquête Aware conclut lui aussi avec précaution : « Contrairement à ce que nous pensons la mort ne serait pas un instant donné mais un processus potentiellement réversible ». Jean-Jacques Charbonier n est pas aussi prudent. Nous lui laissons le dernier mot : « Au bout de ces 32 années d’étude et de recherches sur les expériences vécues par celles et ceux qui avaient connu un arrêt cardiaque, j’ai acquis la certitude – et quand j’écris “certitude” ce n’est pas à 99,99 % mais vraiment à 100 % – que nous sommes un esprit incarné et que celui-ci continue à vivre après la destruction du corps qui le contient ».

1). Expérience de mort imminente

Joël Prieur monde&vie 12 septembre 2019 n°975

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