Antisémitisme : le bal des Tartuffes

Ils étaient là à jouer « plus philosémite que moi tu meurs » Place de la République le 19 février, le grand show organisé par le  PS a exclu de vrais adversaires des antisémites (le RN et DLF) et a généreusement inclus des antisémites obsessionnels, issus de l’extrême gauche.

Manifestation ? Manipulations en série plutôt. La manif visait – à tort – les Gilets jaunes, auxquels on a tenté de faire porter le chapeau des insultes à Finkielkraut. Surtout, elle anticipait sur la manoeuvre électorale, au terme de laquelle Macron nous dira a nouveau : c’est moi ou les nazis. Enfin les vrais antisémites – que sont les cinquante nuances d’islamistes – ne sont presque pas désignés au cours de ce show raté.

Ils étaient tous là, pourtant, blottis dans la réconfortante chaleur de l’entre-soi, par une clémente soirée de fin d’hiver. Les responsables de 14 partis, la moitié du gouvernement, la foule des bonnes âmes en carré VIP. Il avait un petit air de « Charlie » miniature, ce rassemblement contre l’antisémitisme. 20 000 personnes selon les organisateurs, chiffre cité par la presse plutôt que celui de la préfecture, qu’elle reprend quand il s’agit des GJ.

L’agression verbale dont a été victime Alain Finkielkraut en marge de l’acte XIV des Gilets jaunes du 16 février a été une violence de trop. Récemment, 80 tombes du cimetière juif de Quatzenheim ont été couvertes de croix gammées. Une profanation découverte le 19 février, le jour même du rassemblement, qui a donné l’occasion à Macron de produire sur place, après un saut au mémorial de la Shoah, son air le plus résolu pour promettre de poser des « actes forts, clairs ».

Auparavant, un tag sur un restaurant juif avait fait parler de lui, de même que l’abattage de l’arbre planté en mémoire d’Ilan Halimi et les croix gammées dessinées sur des boites aux lettres ornées du portrait de Simone Veil. + 74 % d’actes antisémites en un an, on croit les statistiques. Si personne ne songe a nier l’abjection que représente l’antisémitisme, récupérer l’émoi qu’il cause a des fins politiciennes est autre chose. Le parti moribond a ainsi pu remercier Finkielkraut de lui permettre de renaitre de ses cendres LREM était ravie de mettre sur la touche le RN et DLF. Qu’ils fussent irréprochables sur le plan du philosémitisme ne faisait pourtant aucun doute. DLF a toujours été « propre sur elle » et cela fait longtemps que le RN mène dans ses rangs une chasse vigilante aux dérapages. Qu’importe ! Le dogme républicain, depuis Touche pas a mon pote, c’est que la droite est fasciste et que les fascistes sont les antisémites que voila une belle bouée de sauvetage électorale ! LREM compte bien reproduire pour les Européennes le scénario de la présidentielle Macron ou le nazisme.

Antisémitisme ? C’est à gauche

Que Richard Ferrand ait fait don de sa réserve parlementaire a l’association BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions), qui flirte avec l’antisémitisme sous couvert d’antisionisme, ne devrait pas nous troubler. Que le PCF soit complaisant avec certains islamistes et antisionistes ne saurait ternir le tableau. Aucune réticence ne doit nous saisir à la présence de LFI durant la manifestation.

LFI couve des yeux de Chimène indigénistes, islamogauchistes, islamistes purs et durs et antisionistes en mode anticapitaliste, bref, tous les ingrédients de l’antisémitisme actuel, celui qui insulte, qui agresse, qui est le seul – pour les islamistes – à tuer. Rappelons que Danieile Obono a soutenu Houria Bouteldja, égérie du Parti des Indigènes de la République (PIR), qui a commis le brûlot racialiste Les Blancs, les Juifs et nous, dans lequel on peut lire ce passage pas du tout antisémite, affirme-t-elle : « pour le Sud, la Shoah est – si j’ose dire – moins qu’ “un détail’’ ». Clémentine Autain, qui était présente place de la République, a par ailleurs qualifie le meurtrier de cinq Israéliens de « prisonnier politique ».

D’ailleurs, on peut toujours trouver PIR, comme cet autre rassemblement à Ménilmontant, celui des « vrais antiracistes », comprenez le gratin de l’islamogauchisme et de I’indigénisme : NPA, Comité Adama, Union Juive Française pour la Paix… et bien sûr, le PIR, dont la houri, pardon, Houria, expliquait que l’agression de Finkielkraut n’avait rien d’antisémite et sous-entendait qu’il l’avait un peu cherché, comme « raciste patenté ».

Bien sûr, ce n’est pas dans ses rangs – ni guère dans ceux des partis du système – que l’on allait apprendre que le principal agresseur du philosophe, placé en garde a vue, est un islamiste notoire : ce converti a été écarté par les GJ d’Alsace pour son prosélytisme, il fréquente la Milli Gorus, une organisation islamiste turque et a milité avec l’association des Palestiniens de France. Un exemple frappant de l’entrisme de l’extrême gauche « antisioniste » et de l’islamisme au sein des Gilets jaunes. Ces derniers sont encouragés – et pilotés, selon l’ancien cadre frériste Mohamed Habib – par les Frères musulmans. BHL a une fois de plus tort, l’antisémitisme n’est pas « au cœur du mouvement des Gilets jaunes », il est à sa périphérie. Une périphérie vert islam, comme celle de bien de nos villes de banlieue, où les Juifs n’ont plus droit de cité.

Richard Dalleau monde&vie  28 février 2019 n°967

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