Sœur Bernadette, la miraculée de Lourdes

Le 11 février 2018, Mgr Benoit-Gonin, évoque de  Beauvais, annonçais la reconnaissance du 70e miracle attribué à l’intercession de Notre Dame de Lourdes, le jour même où l’Église la fête.

Par un mandement officiel (document juridique du droit canonique), il explique : « observant que ladite guérison fut soudaine, instantanée, complète, durable et « reste inexpliquée selon l’état actuel de nos connaissances scientifiques  » observant les liens étroits entre la démarche de pèlerinage effectuée par sœur Bernadette Moriau, à Lourdes, et cette guérison, nous déclarons le caractère « prodigieux-miraculeux » et la valeur de « signe divin » de la guérison de sœur Bernadette Moriau, obtenue par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Notre-Dame de Lourdes. »

Qui est la miraculée ?

Sœur Bernadette Moriau est originaire du Nord de la France née en 1939, au sein d’une famille nombreuse, modeste et pratiquante – ses parents sont membres du tiers-ordre franciscain -, elle rentre à 19 ans dans la congrégation franciscaine du Sacré-Coeur de Jésus. Au sein de cet ordre hospitalier, elle devient infirmière mais ressent les premiers effets de sa maladie dès l’âge de 27 ans. Affligée d’une « atteinte pluriradiculaire des racines lombaires et sacrées », communément appelée « syndrome de la queue de cheval », elle entame alors une vie de souffrance, ponctuée d’opérations et de séjours à l’hôpital, tandis que la maladie gagne du terrain, la paralysant peu à peu. Cela dure quarante ans. En 2008, elle se rend à Lourdes pour demander non

pas la guérison mais « la conversion du cœur et la force de poursuivre mon chemin de malade », explique-t-elle. Le 11 juillet 2008, trois jours après son retour dans son couvent, au cours de l’adoration du Saint-Sacrement, elle ressent « détente, bien-être et chaleur » dans tout son corps. Elle rentre dans sa cellule, se débarrasse sans plus tarder de son corset, ses attelles et son neurostimulateur, et marche normalement. Elle ne prendra plus aucun traitement.

Ce n’est que le début d’un long processus car l’Église, dans sa sagesse, n’a déclaré miraculeuses que 69 guérisons sur les milliers de cas qui lui ont été soumis. Après dix années d’expertises et d’examens, le Comité Médical International de Lourdes vote et conclut que la guérison de sœur Bernadette reste « inexpliquée en l’état actuel de nos connaissances scientifiques ». Quelques mois plus tard Mgr Benoit-Gonin déclare cette guérison miraculeuse. « Quelque chose d’extraordinaire s’est visiblement produit, en lien avec Dieu et Notre Dame » dit-il alors.

La polémique Enthoven

Il est toujours émouvant, cent soixante ans après l’apparition de la Vierge à Sainte Bernadette, de voir ressurgir dans le débat public ce signe divin, alors que notre siècle, ivre de matérialisme et dont l’athéisme semble partout triompher, n’a plus qu’une pâle idée de la réalité chrétienne. Émouvant…mais pas pour tout le monde.

L’inénarrable Raphaël Enthoven, qui n’en est pas à une polémique près, étale sur twitter sa péremptoire suffisance, en expliquant à ce sujet que l’Église prend vraiment les gens pour des imbéciles, en osant parler de miracle. L’irruption du surnaturel en 2018 lui semble relever de la plus absurde superstition. À voir la violence de cette réaction et de cette condamnation, on ne peut s’empêcher de se demander quelle peur irrationnelle s’est emparée du brouillon philosophe ? Peut-être, outre son ignorance de la Foi chrétienne, se rend-il compte qu’il touche là les limites de son athéisme, qu’il professe comme une religion intouchable ? On lui préférera la prudence respectueuse du professeur Montagne, prix Nobel 2008, ancien directeur de l’Institut Pasteur et découvreur du VIH, qui écrivait en 2009 dans un livre d’entretiens avec le moine cistercien Michel Niassaut : « pour les miracles de Lourdes, il y a quelque chose d’inexplicable ». Et fustigeant ces scientifiques non-croyants qui « commettent l’erreur de rejeter ce qu’ils ne comprennent pas », il cite l’astrophysicien Carl Sagan, pour qui « l’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence ».

On touche là le cœur du Mystère, celui de la Foi en la toute-puissance divine. Certes le miracle ne donne pas mécaniquement la foi : le docteur Alexis Carrel, témoin oculaire d’un miracle à Lourdes, a attendu 10 ans pour se convertir. Mais le fait qu’il y ait des miracles, scientifiquement expertisés aujourd’hui constitue une porte ouverte sur le Divin, pour tous ceux que le conditionnement ambiant en aurait détourné.

Marie d’Armagnac monde&vie 8 mars 2018 n°952

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