En finir avec la mondialisation, l’immigration, l’assistanat et l’Union européenne

Chronique de Paysan Savoyard (n°234 – mai 2020)

La crise sanitaire n’est manifestement pas terminée : elle aura un impact important sur la vie économique et sociale sans doute pendant des mois. Même si la fin de l’histoire n’est donc pas écrite, on peut d’ores et déjà en tirer différentes leçons. Concernant la façon dont la crise a été gérée en France, tout d’abord, nous avons consacré les dernières chroniques à ce sujet. Mais la crise du virus a mis en évidence des enseignements plus fondamentaux, qui ne sont pas nés avec elle mais dont elle souligne la portée.

  • En finir avec la mondialisation 

Il faudrait en finir avec la mondialisation et ses différents aspects. La mondialisation économique et les délocalisations, tout d’abord. Un système fondé sur un marché mondial est synonyme d’affaiblissement et de déstabilisation des sociétés européennes : le virus a montré les conséquences d’une situation où nous sommes devenus dépendants pour tout, du plus simple, les masques, au plus complexe, les médicaments. Chaque grande zone du monde devrait plutôt évoluer désormais de façon autonome, en fonction de ses caractéristiques sociales, historiques et civilisationnelles.

Il faudrait en finir avec l’agriculture industrielle, tournée vers l’exportation. En finir avec le marché mondial agricole où les aliments sont produits dans tel pays, retraités dans un autre, conditionnés dans un troisième, avant d’être consommés encore ailleurs. Il faudrait en venir à une agriculture de plus petite dimension, utilisatrice de main d’œuvre locale, moins polluante, productrice d’une alimentation de qualité, écoulée par des circuits courts. Dans cette perspective les subventions devraient être réorientées. Il faudrait également cesser d’accorder des autorisations d’ouverture supplémentaires aux grandes surfaces, maillon essentiel de l’agro-industrie. Les consommateurs eux-aussi ont un rôle à jouer : la crise sanitaire a montré qu’un grand nombre de gens avaient envie de s’adresser à une agriculture nouvelle.

Il faudrait en finir avec cet autre aspect de la mondialisation qu’est le tourisme intercontinental. Il se traduit par des mouvements de population qui favorise la diffusion des épidémies. Il est source de pollution. Il engendre la destruction et la bétonisation des paysages. Il entraîne également des conséquences sociétales délétères, transformant les populations d’accueil en domestiques ou en mendiants et les touristes en profiteurs et en voyeurs.

  • En finir avec l’immigration

Surtout il faudrait en finir avec l’immigration, qui déstructure et détruit l’organisation sociale. Celles des pays envahis, en premier lieu. Mais également les sociétés des pays d’émigration, où les populations, au lieu de prendre en main leur développement, vivent des transferts de salaires des immigrés.

Entre autres méfaits, l’immigration entraîne également une surpopulation dans les pays envahis. On remarquera à cet égard que les régions françaises pour l’heure très peu touchées par l’épidémie sont aussi celles où la densité de population est moindre et l’immigration réduite.

Enfin l’épisode du virus a montré une fois de plus que les immigrés – « français de papier » – n’étaient aucunement intégrés : ils ont au contraire transformé leurs « quartiers » en enclaves étrangères, où la loi qui s’applique n’est plus la loi française.

  • En finir avec l’assistanat

La crise a montré que notre dispositif de santé était insuffisant. Dès les premiers jours, le système hospitalier a été saturé. Des malades ont dû être accueillis à l’étranger. C’est pour éviter le débordement du système hospitalier que le gouvernement a finalement décidé le confinement de l’ensemble de la population. De la même manière l’épidémie a révélé que la France était dépourvue des moyens de lutte indispensables, en particulier les masques de protection et les tests, dont on avait décidé de supprimer les stocks pour réaliser des économies budgétaires. On entendait proclamer jusqu’ici que notre système de santé était l’un des meilleurs du monde : l’épidémie vient de prouver que tel n’était aucunement le cas.

Pourtant la France connaît un niveau de dépenses sociales très élevé. Pour les financer, elle est un pays où les prélèvements publics, impôts, taxes et cotisations, sont particulièrement lourds : la France est même désormais, depuis 2018, le pays du monde où ils sont les plus élevés, devant même les pays d’Europe du nord. A l’inverse l’Allemagne vient de montrer que son système de santé est plus efficace et mieux doté que le nôtre, alors même que son taux de prélèvement public est nettement plus faible (37 % du revenu national en Allemagne contre 45 % en France ; voir cette chronique).

La raison de cette situation française paradoxale – un système de santé insuffisant alors même que les dépenses sociales sont très élevées – est la suivante : en France les dépenses sociales sont constituées pour une part beaucoup trop importante de transferts financiers vers les ménages. Les ménages bénéficient en effet d’une multiplicité d’allocations de toutes sortes, particulièrement généreuses (chômage, ASS, RSA, allocations diverses aux familles…). Ces transferts se cumulent avec de multiples systèmes de gratuité ou de quasi gratuité dans l’accès aux services publics. De sorte qu’une part importante de la population vit de ces systèmes d’allocations et de gratuité et s’est, depuis plusieurs décennies désormais, installée dans l’assistanat. Les grands bénéficiaires de ce système d’assistanat et d’allocations sont les immigrés. On vient ainsi d’apprendre que près de la moitié des allocataires de la CAF sont des étrangers.

L’arrêt de l’assistanat et de l’immigration permettrait d’augmenter les crédits consacrés au système de santé, hospitalier en particulier. Il autoriserait également une baisse des impôts et charges écrasant prélevés sur les Français moyens de souche qui travaillent. En outre l’arrêt de l’immigration conduirait mécaniquement à une augmentation des salaires.

  • En finir avec l’UE et construire une Europe confédérale

La crise a marqué en Europe un retour de l’Etat. Chacun des Etats européens a géré la crise sur un plan strictement national, tous, la France mise à part, fermant même plus ou moins rapidement leurs frontières avec leurs voisins. Par les carences qu’il a manifestées, comme en France, ou par l’efficacité dont il a fait montre, comme en Allemagne, l’Etat a revêtu un rôle central dans la gestion de la crise.

L’UE, elle, est restée hors-jeu. Certes elle ne possédait pas de compétence en matière de santé, ce qui l’exonérait de responsabilités dans la gestion de la crise.  L’UE s’est seulement signalée par ses prises de positions hostiles à la fermeture des frontières européennes, conformément à son idéologie sans frontiériste (voir ici), sans heureusement être suivie. Cette crise sanitaire l’a montré en creux : L’UE n’est qu’un organisme économique, dont la raison d’être est d’intégrer le marché européen au marché mondial et d’y garantir l’application du principe de concurrence. Disons les choses autrement. L’UE ne favorise ni l’union des Européens ni leur solidarité : elle n’est qu’un maillon de la mondialisation et promeut la concurrence de tous contre tous.  Si les Européens veulent resserrer leurs liens à l’avenir ce ne peut donc être dans le cadre de l’UE (voir cette chronique).

Ceci posé on sait maintenant que le 21e siècle sera celui de l’affrontement des super puissances impériales que sont les Etats-Unis et la Chine. Si les Européens veulent exister en tant que tels il leur faudra s’unir. S’ils ne se rapprochent pas mutuellement et continuent à se livrer entre eux à une concurrence sans merci, ils resteront comme aujourd’hui de simples supplétifs des américains. Ils seront également de façon croissante les victimes des menées agressives de la Chine. Faute de cette union, leur continent ne sera qu’un terrain de manoeuvre pour l’affrontement des deux géants.

Il s’agit donc de tenter de concilier deux réalités également puissantes, mais contradictoires : seuls les Etats en Europe constituent des entités vraiment vivantes, ainsi que l’a montré la crise du virus ; en même temps, comme on vient de le dire, l’union des Européens est un impératif.

Pour concilier ces deux réalités contradictoires il faut répudier l’UE, tête de pont de la mondialisation. Il faut à l’inverse rejeter l’idée fédérale et le projet d’érection d’une Europe supranationale, qui ne correspondent ni à l’histoire des Européens ni aux réalités du temps. La voie à suivre nous paraît être la suivante : il faudrait une Europe des coopérations renforcées, entre Etats restant souverains, sans transfert de compétence à une organisation supranationale. En bref il faudrait une confédération. Nous y reviendrons.

Mettre fin à la mondialisation, à l’immigration, à l’assistanat, à l’UE : tout cela paraît hautement souhaitable. Malheureusement ce souhaitable est également peu probable. En effet, les forces qui sont à la tête du Système et qui ont intérêt à la mondialisation, aux délocalisations, à l’immigration et à l’UE comme maillon de la mondialisation, ces forces n’ont pas disparu. Leurs intérêts restent identiques. Elles sont toujours aussi puissantes. On peut donc penser que, malheureusement, rien de fondamental ne changera dans les années à venir. Puissions-nous être démentis par les événements qui se produiront…

https://leblogdepaysansavoyard.wordpress.com/

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