Les OGM augmentent l’usage des pesticides et ne réduisent pas la pauvreté

Le 13 février dernier un nouveau rapport des Amis de la Terre (1) a révélé que, très loin des affirmations réitérées et des assurances données, le recours aux organismes génétiquement modifiés (OGM) a en réalité conduit à une hausse massive de l’usage des pesticides et n’a pas réussi à augmenter les rendements ou à vaincre la faim et la pauvreté dans le monde. Ce rapport coïncide avec la sortie annuelle des données de l’industrie des biotechnologies sur les cultures OGM à travers le monde.

Pour Christian Berdot, en charge des OGM aux Amis de la Terre France : « Les OGM ont échoué à apporter les bénéfices promis depuis des années par l’industrie des biotechnologies. À la place, l’augmentation de l’usage des pesticides causé par ces cultures menace l’environnement et les populations à travers le monde. »

Même son de cloche de la part de Nnimmo Bassey coordinateur des Amis de la Terre International sur les OGM au Nigeria : « L’industrie des biotechnologies dit aux Africains que nous avons besoin des OGM pour répondre à nos besoins alimentaires. Mais la majorité des OGM sont utilisés pour nourrir le bétail des pays riches, pour produire des agrocarburants causant des dommages énormes et n’ont même pas un rendement supérieur aux cultures conventionnelles. » Et Helen Holder, coordinatrice de la campagne OGM des Amis de la Terre Europe, de renchérir : « Il est de plus en plus clair que l’Union Européenne et ses États membres ont raison d’appliquer le principe de précaution aux OGM. Ils ne sont pas la solution aux défis environnementaux, économiques et alimentaires que rencontrent les agriculteurs, aussi bien en Europe que dans les pays du sud. Des études de plus en plus nombreuses montrent à travers le monde que des méthodes d’agriculture durable apportent des solutions viables tout en développant l’économie locale et en créant des emplois. »

C’est très exactement ce que ne cesse de répéter depuis des années notre ami Petrus Agricola, aussi bien dans notre hebdomadaire RIVAROL que dans Écrits de Paris.

Intitulé « Qui bénéficie des OGM ? », le rapport rendu public le 13 février montre en effet :

– que les OGM ont conduit à une hausse significative de l’usage de pesticides.

Des études gouvernementales montrent qu’on utilise quinze fois plus de désherbant RoundUp (glyphosate) aux États-Unis et près de 80 % au Brésil. Ceci est lié au nombre croissant de mauvaises herbes résistantes au glyphosate à travers le monde, augmentant ainsi les coûts de production et les impacts environnementaux. Les États-Unis ont également augmenté leur usage de pesticides plus toxiques, dont l’un est interdit en Europe, cette augmentation du glyphosate ne remplaçant pas pour autant les autres désherbants. Entre 2002 et 2006 l’usage du 2,4,D (un composant de l’agent orange) sur le soja a plus que doublé.

L’utilisation de l’atrazine (interdite en Europe à cause de problèmes pour la santé) sur le maïs a augmenté de 12 % entre 2002 et 2005.

– Les OGM n’apportent pas de solution à la faim et à la pauvreté dans le monde.

La grande majorité des OGM commercialisés est destinée à l’alimentation animale pour le bétail dont la viande est destinée aux pays riches et industrialisés et non à nourrir les pauvres. Les OGM et le modèle d’agriculture intensive qu’ils véhiculent contribuent à la disparition des petits paysans et d’une agriculture familiale et ne réduisent en rien la pauvreté.

L’industrie revendique souvent que le coton OGM a stimulé les rendements permettant de réduire ainsi la pauvreté des paysans. Pourtant, un examen approfondi montre que des conditions climatiques favorables, une meilleure irrigation et l’introduction de semences améliorées sans qu’elles soient GM produisent les meilleurs rendements. De plus, dans plusieurs pays, les paysans qui payaient un supplément pour des semences de coton OGM ont fini par dépenser plus en insecticides chimiques que ceux qui cultivaient du coton conventionnel.

Dans l’ensemble, les OGM n’ont pas de meilleurs rendements que les autres semences et même le département américain de l’Agriculture reconnaît qu’aucun OGM sur le marché n’a été modifié pour accroître les rendements. Les principaux facteurs influençant les rendements sont le temps, l’irrigation et les engrais, la qualité des sols., et le savoir-faire millénaire des paysans.

C’est peut-être pourquoi les OGM connaissent toujours un échec relatif en Europe.

Moins de 2 % de la totalité du maïs cultivé dans l’Union Européenne est génétiquement modifié et cinq pays de notre continent ont maintenant interdit le maïs Monsanto à cause de preuves de plus en plus nombreuses montrant leur impact négatif sur l’environnement. Une revue des biotechnologies en Europe en 2007 confirme que le secteur des OGM se porte mal. En revanche, les méthodes d’agriculture durable comme l’agriculture biologique créent davantage d’emplois, développent les économies rurales et sont plus sûres pour l’environnement.

Caroline PERAC Écrits de Paris N° 708

(1) Le résumé de ce rapport est consultable avec le lien suivant

<http://www.foeeurope.org/GMOs/Who_Benefits/FULL_REPORT_FINAL_FEB08_FR.pdf&gt;.

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