Sur le gaz de schiste

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Le 22 décembre 2017, la cour administrative d’appel de Versailles confirmait l’annulation du permis de rechercher des hydrocarbures dont le gaz de schiste dans le Sud-Est de la France. Si Total peut encore contester cette décision devant le Conseil d’État, c’est une belle victoire pour les opposants qu manifestaient en nombre à Barjac (Gard) en février 2016.

Les méfaits du gaz de schiste ont été popularisés par le documentaire américain de Josh Fox, Gasland, en 2010, malgré un contre-documentaire, TruthLand, sorti trois ans plus tard.

Une extraction difficile

L’Amérique du Nord, l’Asie et l’Europe en détiendraient de vastes gisements. Le conditionnel s’impose, car les réserves de ce gaz naturel présent dans les sols argileux ne sont connues qu’une fois les forages effectués.

Pris dans des roches imperméables, ce gaz ne s’extrait que par des techniques violentes pour les milieux naturels. Le forage dirigé et la facturation hydraulique à grands volumes utilisent beaucoup d’eau, d’où l’épuisement des nappes phréatiques, leur pollution, des risques de sécheresse agricole et une impossibilité à refroidir les réacteurs des centrales nucléaires et thermiques. Ces techniques coûteuses favorisent aussi les tremblements de terre et le rejet d’émissions de gaz à effet de serre. Commencée au début des années 2000 au moment où s’envolait le prix des hydrocarbures, l’exploitation du gaz de schiste a suscité aux États-Unis une grosse bulle spéculative.

Une arme énergétique

Le gaz de schiste contrecarre la Russie qui dispose de 20 % des réserves mondiales en gaz naturel. La France dépend pour se chauffer de la Russie, de la Norvège, des Pays-Bas et de l’Algérie. Les firmes françaises souhaiteraient traquer le gaz de schiste en Ardèche, en Lorraine, dans le Nord-Pas-de-Calais et dans les Bouches-du-Rhône. Paris s’y refuse pour des raisons écologiques fondées. Une loi de juillet 2011 interdit la fracturation hydraulique. Arrosés par le lobby des énergies fossiles, la Grande-Bretagne, la Pologne et le Parlement européen en 2012 approuvent en revanche la dévastation programmée des paysages de notre continent pour obtenir encore plus de fric. Or, le contexte européen diffère largement de la situation nord-américaine nos routes sont plus étroites, la densité de population plus élevée, les infrastructures plus denses et les réglementations nationales et de l’UE sur l’eau, l’air et la santé plus contraignantes. Son extraction coûterait enfin très chère aux contribuables. La dernière entrave réside dans la mobilisation des populations locales prêtes à combattre cette dégradation.

Notre combat

Certes, les gauchistes, les écolos et les régionalistes animent cette honorable résistance. Que font pendant ce temps les identitaires, les conservateurs et les nationalistes-révolutionnaires ? Le combat contre les OGM et le gaz de schiste est légitime, essentiel et primordial.

Dans le cadre d’une Europe impériale décroissante qui encouragera l’exode urbain et incitera au retour massif des Albo-Européens à la campagne, le gaz de schiste n’aura pas sa place.

par le CREA Réfléchir&Agir N° 58 Hiver 2018

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