Djihad politique aux Municipales

Retraite  un projet de réforme nul et non avenu.jpeg

Les Municipales seront-elles marquées par l’émergence de listes islamistes ? Le phénomène inquiète, mais il est encore incertain. Il ne représenterait en tous états de cause que la partie émergée de la pénétration islamiste dans nos communes.

« Non aux listes communautaristes » ! Cri d’alarme ou écran de fumée ? À l’approche des Municipales, nombreux sont ceux qui se sont émus de la possibilité de listes communautaires – comprendre « musulmanes », en Nov-langue – dans le scrutin de mars prochain.

Le 8 novembre, Bruno Retailleau déposait une proposition de loi pour l’interdiction des listes communautaires. Alors que Macron se prononçait contre le 19 novembre dernier, Gérard Larcher, président du Sénat, confiait qu’« aux Municipales de 2020, le problème [de l’infiltration de salafistes ou de Frères musulmans dans les listes électorales] pourrait se poser en certains points du territoire ». Céline Pina, militante de gauche laïque engagée contre l’islamisme, publiait une tribune appelant à interdire de telles listes. Dans son collimateur, l’Union des démocrates musulmans français (UDMF), pointant justement que « cela dépasse la question de la laïcité. C’est une question civilisationnelle. »

Pourtant, le premier décembre, ce même parti, qui se présente comme « laïc », mais aussi « anticolonialiste et antisioniste » et veut lutter contre l’islamophobie, bref, qui a bien intégré la vulgate progressiste pour mieux masquer son islamisme, lançait sa campagne à Clichy (Hauts-de-Seine). Son emprise est pour le moment modeste. Il a fait élire un conseiller à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, après avoir rallié la liste de Stéphane de Paoli (UDI). Aux Européennes, l’UDMF n’a rassemblé que 0,13 % des suffrages, un résultat qui masque des percées dans les banlieues 7,43 % à Garges-lès-Gonesse, 6,77 % à Mantes-la-Jolie, 4,87 % à Vaulx-en-Velin. L’UDMF espère présenter une cinquantaine de listes.

UDMF : sous le progressisme, l’islamisme

Pas de quoi mettre la République en danger et pourtant, on sent que les digues craquent petit à petit. En mars dernier, Marlène Schiappa, que l’on a connue plus ferme sur la laïcité, ne fermait pas la porte à des candidatures LREM de femmes voilées aux prochaines Municipales. Par ailleurs, ce n’est rien de moins qu’un fiché S pour radicalisme islamiste, Abdelaziz Hamida, qui se présente à la mairie de Goussainville, après avoir claqué la porte de la mairie divers gauche qui l’avait propulsé au Conseil municipal. Candidat aux législatives, il était arrivé en tête dans sa commune avec 22 % des voix. À Aulnay-sous-Bois (93), c’est Adama Traore, organisateur de la manifestation de soutien au terroriste Mickaël Harpon (le tueur de la Préfecture de police), qui se présente.

Un début d’effervescence auquel le Qatar, puissant parrain des Frères musulmans, n’est sans doute pas étranger. En décembre dernier, la Carep, un think tank qatari – relais d’influence de l’émirat-, appelait, pour lutter contre « l’hystérie anti-musulmane », à « taper là où ça fait mal, taper aux urnes », bref, à monter des listes communautaires.

La plupart des islamistes ne se donnent pourtant pas la peine de se présenter sous leurs couleurs, quand il suffît de faire du chantage aux voix sur les élus « républicains » pour faire avancer leur cause. Des « Qatar Papers » de Christian Chesnot et Georges Malbrunot aux ouvrages d’Alexandre Del Valle, en passant par « Les territoires perdus de l’islamisme » de Bernard Rougier (M&V 981), le phénomène a été abondamment étudié pour qui se donne la peine de s’y pencher.

Des « écosystèmes islamiques »

Acheter des voix en échange d’un terrain et d’une subvention pour une mosquée (pardon, un « centre culturel »), subventionner des associations islamiques sportives ou d’aide sociale (les fameux « grands frères ») pour conserver un semblant de paix sociale, tout cela est monnaie courante depuis les années 80, à droite comme à gauche.

« La communauté musulmane a 6 millions de voix à portée de main », prévenait la Carep et à son échelle, chaque édile a bien cet avertissement en tête. Le phénomène est partout identique. Par un effet cliquet, les revendications se succèdent après les repas halal dans les cantines, les accompagnatrices voilées dans les sorties scolaires, viennent les horaires séparés dans les piscines, l’abattoir pour l’Aïd, etc.

Bernard Rougier décrit ainsi la constitution d’un « écosystème islamique » à Aubervilliers de la construction d’une grande mosquée aux revendications communautaires, voilées sous le vocable de « coutumes culturelles » et drapées des oripeaux idéologiques indigénistes, les communistes auront tout permis, tout favorisé, au nom de leur chasse aux voix musulmanes. La mosquée fait figure d’agence Pôle Emploi pour trouver un job à la mairie et les cours de coran qui s’y tiennent prêchent le salafisme.

On pense aussi à Saint-Denis, qui abrite le tombeau de nos rois, et une autre municipalité rouge-vert. Laurent Russier compte dans son équipe Madjid Messaoudène, tête d’affiche des organisateurs de la manif contre l’islamophobie (Cf M&V 978). Il a fait de la ville une plaque tournante des activistes décoloniaux et islamistes, mais à l’approche des Municipales, Laurent Russier se garde bien de désavouer ce précieux rabatteur de voix musulmanes.

Verts, LFI, LREM, LR, PCF tous compromis

Il arrive aussi que les islamogauchistes se retrouvent en première ligne, comme Omar Slaouti candidat soutenu par LFI à Argenteuil (95). Proche du Parti des Indigènes de la République (PIR), il avance masqué sous les traits d’une liste « citoyenne », mais est pourtant porte-parole du collectif Rosa Parks, qui avait organisé les opérations burqini l’été dernier. Il a naturellement signé la controversée tribune contre l’islamophobie et a épaulé Madjid Messaoudène dans l’organisation de la manif du 10 novembre, durant laquelle on a scandé Allah Ouakbar, le slogan-signature de Daech. Une manifestation à laquelle ont notamment participé Ian Brossât (PCF), adjoint au logement à la mairie de Paris et Frédéric Hocquard (Generation.s), adjoint d’Hidalgo à la vie nocturne.

Citons aussi la maire de Bondy, Sylvine Thomassin, qui se présente comme « socialiste, féministe, catholique ». Une catholique qui a demandé en novembre 2019 la déprogrammation du film « J’accuse » dans six cinémas de Seine-Saint-Denis. Conviction « féministe », comme elle l’affirme, ou racolage électoral en forme de gros clin d’oeil à l’antisémitisme des banlieues ? Son appel municipal au boycott de produits provenant des colonies israéliennes donne un élément de réponse. Son nom au bas de la pétition contre l’islamophobie, soutenue par les Frères musulmans du CCIF, en est un autre.

Une pétition qui est un commode marqueur des islamo-collabos, puisque l’on retrouve au bas de ce document le nom de nombre d’élus EELV notamment les Parisiens Antoinette Guh, Jérôme Gleizes (conseillers d’Hidalgo), Jacques Boutault, Laurence Hugues, Sylvain Raifaud (maires ou maires adjoints d’arrondissement). D’autres édiles Verts ont d’ailleurs déposé une proposition d’aménagement d’horaires séparés pour les femmes dans les piscines parisiennes… au nom du féminisme ! un vœu heureusement rejeté. À Rennes, les élus Verts ont préféré voter avec la maire Nathalie Appere (PS) l’autorisation du burqini dans les piscines municipales.

On pourrait citer bien sûr Edouard Philippe, maire du Havre, qui a subventionné l’association Havre de Savoir, proche des Frères musulmans et quantité d’autres élus de droite qui frayent avec l’islamisme, mais la démonstration est déjà assez claire : face à cette compromission généralisée, le combat contre les listes communautaristes est de la poudre aux yeux l’islamisme est déjà bel et bien au cœur de nos villes… et des prochaines Municipales. Les rares qui résistent doivent être soutenus.

Richard Dalleau monde&vie 5 février 2020

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