
Jean-François Copé (LR) illustre, jusque dans sa désinvolture, l’échec des élites qui ont renoncé à protéger la France. « C’est trop tard ! », a-t-il lancé l’autre jour sur RTL, à propos de l’interdiction du voile islamique dans l’espace public. « Il fallait le faire il y a vingt-cinq ans ». Lui-même, reconduit à la mairie de Meaux avec 63,45% des suffrages, a accepté qu’une élue LFI exhibe ce signe politico-religieux promu par les Frères musulmans. Pour Copé, s’il y a une menace de grand remplacement, elle ne concerne que le cerveau humain confronté à l’intelligence artificielle ; c’est ce qu’il soutient dans son essai (1). Cependant, nier la réalité dérangeante au prétexte de se démarquer du réalisme des populistes l’amènera à répéter demain : « C’est trop tard ! ».
Mais la France sera alors irrémédiablement islamisée. Il écrit néanmoins : « La fermeté de la République contre l’entrisme islamiste doit être totale et partout ». Ce qui ne l’empêche pas de flatter le communautarisme qu’il dit combattre. Cette incohérence lui fait défendre la cause des « Français musulmans ». Or sa démarche électoraliste, appréciée d’Edouard Philippe, le discrédite. Son clientélisme est celui de Jean-Luc Mélenchon. Copé, qui estime débattre « avec finesse », laisse voir dans son arrogance manichéenne les limites des professionnels de la politique : ils considèrent celle-ci comme un métier au lieu de la voir comme un mandat au service des autres. Non seulement cette caste ne s’excusera jamais d’avoir bradé le pays, mais elle ne cessera d’injurier les indignés qui déplorent l’irresponsabilité de tels mandarins.
Les auto-congratulations de Copé sont plus généralement celles d’un système incapable de se remettre d’aplomb. La sévère défaite du populiste Victor Orban, hier soir en Hongrie, acte l’essoufflement d’un homme mais non la fin du national-conservatisme construit sur la défense de nation face à une immigration invasive. Copé, lui, est condamné à accéder toujours davantage aux revendications islamiques les plus réactionnaires, puisqu’il se flatte de « parler aux musulmans » au lieu de s’adresser à des citoyens. Certes, il est préférable d’avoir à Meaux un élu de la prétendue « droite décomplexée » plutôt qu’un mélenchoniste de la « nouvelle France » néofasciste, antisémite et racialiste. Cependant les faiblesses sont les mêmes. Or il est encore temps de résister, avec l’appui du peuple ordinaire qui reste majoritaire, à l’effacement de l’identité nationale. C’est Boualem Sansal qui appelle, hier dans le JDD en compagnie de Philippe de Villiers, à « libérer » la France : « Ceux qui combattent la France de l’intérieur (doivent être) déclarés ennemis et boutés du pays ». Copé s’interdit un tel courage. Sa haine des populistes, qu’il compare à des charlatans, est proportionnelle à ses accommodements « raisonnables » avec l’islam. Ses injures le rapprochent là encore de Mélenchon quand le leader LFI traite de fascistes ses contradicteurs. « Les populistes n’ont pas vocation à résoudre les crises mais à s’y installer confortablement », assène Copé. Or ce sont les populistes, c’est-à-dire ceux qui refusent de voir mourir la France, qui sont au cœur de la Révolution des oubliés (2). Ces derniers savent sur qui ils ne pourront jamais compter pour en finir avec les fossoyeurs de la nation.
(1) Quand les populistes trahissent le peuple, Plon
(2) De l’auteur, La Révolution des oubliés, Fayard
https://blogrioufol.com/pourquoi-cope-se-discredite-en-injuriant-les-populistes/
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