Jordan et Maria Carolina : la gauche n’a vraiment pas le monopole du cœur !

Capture d'écran CNews.
Capture d’écran CNews.
En janvier, c’était une rumeur. En avril, c’est Paris Match qui officialise l’idylle entre Jordan Bardella et la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. « Depuis leur rencontre en mai dernier [ils] ne se quittent plus », raconte le magazine, qui prétend les « [avoir] surpris en Corse ». Vraie ou fausse paparazzade, quoi qu’il en soit, la gauche panique : elle n’a vraiment pas le monopole du cœur.

La construction d’une stature présidentielle ?

Difficile de faire croire à des photos volées. D’ailleurs, tant sur X que dans les médias, personne n’est dupe : « Quelle chance ils ont, d’être photographiés bien maquillés, bien apprêtés, tenues bleu marine assorties, lunettes de soleil dans les mains, tout sourire, bien droits, sans rien qui dépasse, face à la mer », ironise ainsi Clément Garin, sur X. Sur BFM TV la journaliste Anne Saurat-Dubois rapporte que, de l’avis général, « c’est trop posé pour que ce soit des photos volées », ajoutant que c’est très courant, en communication politique dans une stratégie de campagne, car « on s’humanise », rappelant qu’en 2016, Paris Match avait fait sa une sur le couple Macron. Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse d’une stratégie électorale, de communication politique ou de tentative d’humanisation de la part du président du RN — qui expliquait à Karine Lemarchand tenir à sa vie privée, son dernier espace de liberté —, l’officialisation de la relation entre la princesse et l’enfant des cités, entre l’hérité et le construit, entre la lignée et le mérite, inquiète la gauche.

La gauche médiatique pleure son monopole du cœur

« « C’est un atout, à mort ! Les gens adorent les histoires du petit gars et de la princesse, dans les milieux populaires en particulier ! Ça veut dire que oui, c’est possible ! » s’enflamme une figure du [RN] », rapporte Le Parisien. C’est vrai que la success story du gamin des HLM de Saint-Denis devenu président du premier parti de France et en couple avec une princesse de sang royal, cela fait rêver, cela fait jaser et, à gauche, ça fait paniquer ! La gauche médiatique, d’abord, comme Edwy Plenel qui reposte la publication aigre d’un journaliste de Mediapart : « Avec l’officialisation de sa relation avec l’héritière des Deux-Siciles, c’est tout un monde qui s’ouvre pour @J_Bardella : celui de l’opulence et des trusts dans des paradis fiscaux (Jersey, Seychelles, Curaçao, Monaco…). » Forcément, comment la gauche pourrait-elle y voir autre chose qu’une sordide manœuvre financière, puisqu’il est bien connu qu’elle détient le monopole du cœur… De la même façon, Le Huffington Post tente de montrer la face sombre du conte du fées : « Au-delà de ces images anecdotiques, un autre aspect du milieu dans lequel évolue Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles risque de gêner le récit que tente de construire le président du RN : la propension de certaines fortunes aristocratiques à se soustraire à l’impôt. […] Pas évident à assumer pour qui se prétend représenter le camp « patriote » et qui a consacré tant d’efforts à vendre la légende du gamin modeste issu de Saint-Denis. »

La gauche politique sonne l’alerte rouge

Les militants et personnalités politiques ne sont pas en reste : Anasse Kazib, syndicaliste SUD Rail et militant de « Révolution permanente », n’est pas loin de crier au complot en expliquant, sur X, que c’est la preuve que le RN est un « parti bourgeois » et que « quand ils auront fini d’attaquer les Arabes et les Noirs, ils s’en prendront à l’ensemble des travailleurs pour servir les intérêts de la bourgeoisie ». L’avantage, c’est qu’il fait passer Alexis Corbière, député de la Seine-Saint-Denis, et Raquel Garrido pour de gentils commentateurs people un peu envieux. Le premier dénonce « « le peopopulisme »… ou la nouvelle étape écœurante de la banalisation de l’extrême droite. Paris Match : le poids des maux, le choc des fachos. » La deuxième sonne l’alerte sur un ton alarmiste : « Quand les oligarques achètent des médias, c’est exactement pour ceci : rendre inoffensif ce qui est dangereux, rendre romantique ce qui porte la haine de l’autre. Le tout, pour protéger leur monde de lucre et d’égoïsme. C’est un rouleau compresseur qui requiert beaucoup de distance et de lucidité de la part des Français. Notre chemin vers le bureau de vote est semé d’embûches : les sondeurs, le papier glacé des magazines « people », la confusion et le bruit des réseaux sociaux.. Mais nous avons les moyens de notre liberté. Soyons en alerte. » Des réactions culottées, d’ailleurs, puisque Gabrielle Cluzel rappelle qu’eux-mêmes ont profité d’une romantisation de Paris Match …

Idylle vieille France ou romance nouvelle France ?

C’est qu’il faut bien l’avouer, même s’il s’agit d’une mise en scène, les photos font rêver avec leur esthétique à la fois classique et sobre, tout en pudeur et tenue. La description élogieuse de Paris Match est loin, elle aussi, de la déconstruction, du chaos, du culte du laid qui sert de mantra à la gauche. Et puis, surtout, « en réalité, au-delà de leurs personnes, il y a ce qu’ils incarnent », explique le magazine, « lui le surgissement, elle la mémoire longue. Lui la rupture, elle la continuité. Dans la tradition française, ces oppositions ne sont jamais absolues. Elles dialoguent, s’entrelacent, se répondent. Après tout, la monarchie, l’Empire, la République ne sont-ils pas autant de formes d’un même récit national, toujours traversé par cette tension entre héritage et conquête ? » On comprend donc sans mal l’aigreur et la panique de la gauche. Et d’autant plus, d’ailleurs, quand, sur X, un certain David Dobsky demande, innocemment : « Et si c’était ça, la nouvelle France ? »

Victoire Riquetti

Laisser un commentaire