Comment tout cela finira-t-il ?

Qu’est-ce que tu regrettes ? Je regrette la vision du monde que j’avais avant d’en savoir trop à son sujet.

Il s’agit d’une Théorie du Champ unifié au sujet de la guerre Israël-Iran. Je pense savoir où elle va, comment cela finira probablement (mais pas certainement), et pourquoi. Jetons-y donc un coup d’œil.

Remarque : Ce texte ne présente pas ce que je pense. Il présente ce que je pense être le plus probable. Veuillez le lire dans ce sens.

Le contexte : Joueurs et objectifs

Les joueurs impliqués ont ces objectifs.

Israël veut la destruction permanente de l’Iran. Cela signifie tous les éléments suivants :

  • La guerre doit durer jusqu’à ce que l’Iran se rende, et tout cessez-le-feu doit être entièrement à l’avantage d’Israël.
  • L’armée américaine doit rester engagée jusqu’au bout.
  • Toutes les autres menaces régionales potentielles doivent être neutralisées.

L’Iran veut la fin réelle des attaques israéliennes et américaines. Cela signifie tous les éléments suivants :

  • Retrait de l’armée américaine de tout le Moyen-Orient
  • Contrôle iranien permanent du détroit d’Ormuz (comme le contrôle de l’Égypte ou du Panama sur leurs propres canaux)
  • Un cessez-le-feu avec Israël, qu’Israël ne peut pas rompre

Les objectifs supplémentaires de l’Iran, tels que les réparations et l’allégement des sanctions, peuvent être négociables.

Les États-Unis sont moins clairs dans leurs objectifs :

  • Les néoconservateurs veulent briser l’Iran pour s’assurer le contrôle de tout le pétrole du Moyen-Orient.
  • Les sionistes, comme le président de la Chambre, Johnson, veulent provoquer la « fin des temps fantasmée ».
  • La plupart des personnes ayant un pouvoir d’État permanent — comme les militaires et les professionnels du renseignement — veulent éviter une défaite qui mettrait fin à l’Empire.

Quant au président Trump il veut :

  • S’enrichir et enrichir sa famille
  • Ne pas être exposé aux conséquences de la publication des fichiers Epstein
  • Ne pas être étiqueté comme un perdant (une de ses grandes peurs)
  • Vivre jusqu’au bout dans « un état d’auto-adoration insatiable »

Voilà donc les joueurs et les objectifs, dont certains se chevauchent. Gardez cela à l’esprit pendant que vous lisez la suite.

Qu’est-ce qui mettra fin aux combats ? Seulement la défaite

Pour que la guerre se termine, tous les joueurs doivent arrêter de se battre. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

L’Iran doit atteindre tous ses objectifs avant de s’arrêter. Sinon, rien ne garantit que les attaques ne recommenceront pas. Par contre, pour qu’Israël s’arrête, l’Iran doit être complètement vaincu.

Ce point garantit que les combats se poursuivront jusqu’à ce que l’un de ces deux pays s’effondre – soit l’Iran perd la capacité de se battre et son gouvernement se rend, soit Israël s’effondre en tant qu’État et une Palestine laïque surgit de ce qui en reste.

Cela pourrait être la dernière grande guerre au Moyen-Orient. Son résultat pourrait remodeler le monde.

Pour qu’Israël survive

S’il est vrai qu’Israël est sur la bonne voie pour perdre la guerre – je suis certain que c’est le cas – que doit-il faire pour survivre ?

Premièrement, les États-Unis doivent rester engagés jusqu’au bout. Cela signifie qu’Israël doit garder Trump dans la guerre jusqu’à ce que la fin de la guerre soit décidée. C’est le seul espoir d’Israël. Il perdra de toutes façons, probablement, mais Israël perdra certainement si Trump se retire avant.

Deuxièmement, Israël doit garder l’État israélien intact. Il n’est pas difficile d’imaginer un Israël sans population, une nation d’émigrants, d’âmes perdues en fuite. J’ai vu plusieurs rapports comme celui-ci :

Une proposition soutenue par un ancien ministre israélien de la Défense d’acquérir des îles grecques pour les utiliser comme site d’évacuation d’urgence a suscité un débat à Tel Aviv. … L’initiative [suggère] un effort stratégique pour s’implanter en dehors des frontières d’Israël en préparation des pires scénarios sécuritaires.

Selon The Forward, une publication juive indépendante, plus de 25% des Israéliens souhaitaient quitter Israël, au mois d’avril 2025. Ça fait deux millions de personnes. Quel doit être ce chiffre maintenant ?

Un Israël sans Israéliens n’est plus Israël. C’est la Palestine : multiethnique, diversifiée et laïque. Rien ne garantit que la région se stabilisera, mais elle sera différente et beaucoup moins génocidaire.

Le piège pour Trump

Le fait qu’Israël ait besoin de Trump coince Trump dans un piège. Il peut abandonner sans envahir l’Iran et perdre définitivement le Golfe en tant que domaine américain ; ou l’envahir, comme le veut Israël, et faire face à un désastre certain.

Si Trump recule maintenant, il sera considéré comme un perdant ; aucun doute là-dessus. Les États-Unis cèderont le Golfe et prouveront, par cette perte et ce recul, leur déclin en tant que puissance. Le soleil américain commence à se coucher, Israël échoue et l’Amérique est déshonorée.

Mais si Trump met des bottes au sol – des bottes américaines – un millier de corps américains reviendront dans un cercueil. Sionistes et néoconservateurs comme Lindsey Graham mis à part, aucun Américain ne veut de cela. Le prix à payer sera la fin de sa présidence et peut-être même de sa vie d’homme. Je pense qu’il est clair que Trump cherche un moyen de s’en sortir.

Ce que veut Israël

Mais Trump n’a peut-être pas le choix. D’abord, il y a l’argent sioniste. Miriam Adelson a donné à elle seule 250 millions de dollars pour financer la campagne de Trump. Les sionistes veulent ce qu’ils ont acheté – une défense israélienne inconditionnelle.

Maintenant, ajoutez le chantage. Si Israël dispose de moyen de chantage – Ian Welsh, entre autres, plaide vigoureusement en ce sens – Trump fait face à un choix terrible : voir des enregistrements diffusés de lui faisant l’indicible ou ordonner, à la vue du monde entier, la mort de ses troupes.

Trump fut le meilleur ami d’Epstein pendant des années, et les propriétés d’Epstein étaient toutes saturées de caméras vidéo. Epstein travaillait clairement pour Israël.

Quelles sont les chances que ces enregistrements soient diffusés ? Fais le calcul toi-même.

Trump est dans un piège. De toute façon, il en paiera le prix. Et tout le jeu de Trump est d’essayer de de ne jamais en payer le prix. Pas étonnant qu’il agisse comme un perdu.

Le comportement erratique de Trump

Ce piège, je pense, explique le récent comportement erratique de Trump : des commentaires distraits sur la qualité des stylos, sur les coûts du mobilier. Il n’est ni stupide ni ennuyé. Il est tellement effrayé qu’il perd l’esprit. Peu importe son choix, il est mort. C’est un homme portant des chaussures en béton au bord d’une jetée, attendant la poussée, attendant ce qu’il ne peut pas arrêter.

Une activité erratique se produit « lorsqu’un animal ou un humain éprouve une forte motivation pour deux comportements contradictoires ou plus … Les oiseaux, par exemple, peuvent simplement continuer à picorer l’herbe lorsqu’ils ne savent pas s’ils doivent attaquer ou fuir un adversaire ».

S’agit-il d’une activité erratique ?

Trump peut envahir de lui-même, mais si Netanyahu a des enregistrements, l’ordre viendra de là.

Si Trump décide d’envahir

L’appareil sécuritaire américain a le dernier mot. Si Trump ordonne une frappe au sol, l’État Profond pourrait le faire démissionner. Si c’est le cas, ses choix seront les suivants :

  1. Persuasion
  2. Le 25e Amendement
  3. Mise en accusation
  4. Sa maladie ou sa mort
  5. Un déplacement forcé (un coup d’État)

Le premier est peu probable, mais ne doit pas être écarté. Les deuxième et troisième sont trop lents. La quatrième nécessite un vice-président conforme et complice. Et le cinquième semblerait erroné à la plupart (mais pas à tous) ; les formes, au moins, doivent être préservées.

L’État Profond, s’il veut jouer, a très peu de coups. Il peut se retirer – la plupart parieraient que ce sera le cas – mais les chances ne sont pas nulles. Je dis juste ça pour le compte rendu.

La fin d’Israël

Si les États-Unis envahissent, ils perdront. Si les États-Unis ne parviennent pas à envahir, Israël restera seul.

De toute façon, Israël tombera quand ses missiles seront épuisés. Si l’Iran tient jusque-là, Israël, battu et brisé, risque la défaite. Un Israël stérilisé n’est plus Israël. Quoi alors ?

Scénario : Derniers coups pour l’Iran et Israël

Voici ce que je pense qui se passera quand Israël échouera :

  1. Israël va utiliser la méthode Samson et lancera une frappe nucléaire, dix ou quinze attaques conçues pour forcer la paix aux conditions entièrement israéliennes.
  2. L’Iran, inflexible, construira ses propres armes nucléaires s’il ne l’a pas déjà fait. Il possède suffisamment d’uranium pour fabriquer dix ou onze bombes en quelques semaines seulement (voir ici).
  3. La contre-attaque iranienne tuera Israël en tant qu’État. La terre restera, bien qu’empoisonnée. L’État disparaîtra.
  4. Les États-Unis, la Russie et la Chine garderont la tête froide. Ils se retireront et la diplomatie commencera enfin. Avec Israël disparu en tant que menace, le monde avancera.

L’ironie est évidente. Si ce scénario est juste, Israël mourra. Il aura fait tomber le temple philistin mais mourra, par suicide.

Israël utilisera-t-il vraiment la méthode Samson ?

Israël exécutera-t-il vraiment l’option Samson ? De son propre aveu, Golda Meir l’aurait fait. Citant le prologue du livre d’Alan Hart de 2009 sur le sujet :

À un moment donné [dans mon interview de Golda Meir à la BBC en 1971], je l’ai interrompue pour lui demander : « Premier Ministre, je veux être sûr de comprendre ce que vous dites. Vous dites que si jamais Israël risquait d’être vaincu sur le champ de bataille, il serait prêt à emporter la région et même le monde entier avec lui ? »

Sans la plus courte pause de réflexion, et d’une voix grave qui pouvait charmer ou intimider les présidents américains selon les besoins, Golda a répondu : « Oui, c’est exactement ce que je dis ».

Et de la même source :

Trois ans après la révélation par Golda de l’option apocalyptique de son État, au début de la panique du côté israélien pendant la guerre de 1973 (Yom Kippour), deux missiles israéliens étaient armés d’ogives nucléaires et ciblés.

Les cibles étaient le Caire et Damas, les capitales de l’Égypte et de la Syrie.

De nombreuses personnes ont relayé cette histoire.

Conclusion

Aucun de nous ne veut tout cela. Mais un regard impartial sur les possibilités montrent qu’elles ne sont pas en notre faveur, ni en celles de l’Amérique ou du monde. Ce n’est pas encore Œdipe, une histoire qui est terminée avant que le rideau ne se lève, mais c’est sacrément proche.

Pourtant, les humains peuvent changer, et les nations aussi. Les événements ne sont pas fixes tant que les gens peuvent choisir. Alors permettez-moi de terminer par une prière : Que tout ce que je viens d’écrire soit faux.

Thomas Neuburger

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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