Présidentielle, deux petits tours, et s’en iront

Par Philippe Germain

Abstention électorale, rejet des partis, la démocratie va très mal. Pour la sauver, seule subsiste la compétition présidentielle au suffrage universel. C’est là où l’avenir de la France est censé se jouer.

Et, de fait, une part très importante de la France périphérique, celle invisibilisée par la démocratie, place tous ses espoirs dans le candidat de la droite populiste, Jordan Bardella. Son ticket gagnant avec Marine Le Pen et Éric Ciotti en fond de court est adroit. L’une drague sur la gauche nordiste, l’autre sur la droite sudiste et Marion Maréchal séduit les conservateurs catholiques europhiles. De plus, les apparitions de Bardella sur le réseau TikTok en font la vedette de la jeunesse populaire. Pourtant, pourtant… la France périphérique risque d’être très déçue, une fois de plus.

Pourquoi ? Parce que le président du RN est assuré de l’emporter uniquement si le candidat du second tour est celui de l’extrême-gauche Jean-Luc Mélenchon. Ce qui est assez peu probable car pour être le candidat de la gauche arrivant en tête au premier tour, Mélenchon doit parvenir à domestiquer le PS et éviter la présence d’un candidat communiste. Exercice délicat.

Il est plus vraisemblable que Bardella doive faire face à Édouard Philippe le candidat du centre. Les média affirment qu’aujourd’hui le maire du Havre est donné gagnant dans le duel de second tour. Pour être au second tour il faut qu’Édouard Philippe évite la multiplicité des candidats centristes mais qu’il la favorise sur sa droite afin qu’elle soit réduite au vote utile. Ce même vote utile qui a joué contre Éric Zemmour la dernière fois.

Si Philippe y parvient, et ne doutons pas que pour cela il bénéficiera du soutien de l’oligarchie financière, donc des médias et instituts de sondages, il se passera à la présidentielle 2027 ce qui s’est passé pour Laure Lavalette à la municipale 2026 de Toulon. Pour cela, il n’y aura même pas besoin de rejouer le théâtre antifasciste de plus en plus usé ; même si Édouard Philippe n’attend que cela. Non, il suffira aux médias de dénoncer des ingérences russes et de mettre en parallèle l’expérience d’un ancien Premier ministre avec celle d’une vedette de TikTok. Le jeu est fait d’avance ; deux petits tours et les marionnettes populistes s’en iront pour gratter quelques places de députés supplémentaires au sein du « pays légal ». Tiens, et pourquoi pas l’introduction d’une dose de proportionnelle ?

Alors, la France périphérique, pendant qu’elle subira la comédie parlementaire, devra réfléchir à la sentence d’Adolphe Thiers : la République gouverne mal mais se défend bien. Le pays réel devra être éclairé sur la nécessité de mettre fin au « régime des partis ».

https://www.actionfrancaise.net/2026/04/07/combat-royaliste-120-presidentielle-deux-petits-tours-et-sen-iront/

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