Dans un paysage intellectuel français souvent engoncé dans la pensée unique, l’essai de Jean-Yves Le Gallou, Remigration, publié en 2025 aux éditions de La Nouvelle Librairie, arrive comme un pavé dans la mare. Loin de se limiter à un énième constat alarmiste sur les dérives migratoires, cet ouvrage propose une rupture stratégique. Avec une rigueur l’auteur n’offre pas seulement un diagnostic ; il propose des solutions. En s’appuyant sur l’histoire longue, le droit et une vision politique claire, Le Gallou livre un véritable manuel de survie pour les peuples européens. Cet article se propose d’en restituer les propositions essentielles, qui font de ce livre un événement intellectuel majeur de cette année 2026.
La force première de Remigration réside dans son postulat de départ, que l’auteur qualifie lui-même de « renversement copernicien ». Pendant des décennies, le débat public a été structuré autour du point de vue du migrant et de ses droits. Jean-Yves Le Gallou retourne la table. Il pose une question aussi simple que subversive : qu’en est-il du peuple d’accueil ?
L’auteur déplace le centre de gravité de l’analyse. Il ne s’agit pas de nier l’individu, mais de réaffirmer le primat du politique et de la continuité historique. Le Gallou soutient qu’une communauté historique a non seulement le droit mais aussi le devoir de penser sa survie, sa tranquillité et son avenir démographique et culturel. Cette approche, qui replace « les nôtres avant les autres », n’est pas une posture moralisatrice ; c’est un réalisme politique et historique.
La remigration comme « mythe mobilisateur »
Contre ceux qui réduiraient la remigration à un simple slogan, Jean-Yves Le Gallou en propose une définition exigeante : celle d’un « mythe mobilisateur ». Loin de l’acception péjorative du terme, il rappelle que, en philosophie politique, le mythe n’est pas un mensonge, mais une représentation structurante de l’action collective. Toute grande transformation historique, de la construction des nations aux luttes de libération, repose sur un récit fondateur.
L’auteur distingue soigneusement son projet de l’utopie. L’utopie est détachée du réel ; la remigration, elle, s’ancre dans des constats concrets et statistiques : l’explosion démographique, les tensions culturelles palpables, la transformation visible des paysages sociaux et urbains. En faisant de la remigration un horizon stratégique plutôt qu’une formule creuse, Le Gallou dote le combat identitaire d’une épaisseur doctrinale qui lui faisait cruellement défaut. C’est là une proposition intellectuelle majeure : transformer une angoisse existentielle en projet politique organisé.
La légitimité historique : l’Europe des peuples premiers
Un des chapitres les plus convaincants du livre est celui où Jean-Yves Le Gallou établit la légitimité historique de la remigration. Contre le narratif qui voudrait que l’immigration massive soit une fatalité ou une loi naturelle, l’auteur démontre que les « remigrations » sont une constante de l’histoire du monde. Il convoque des précédents aussi variés que la Reconquista, certaines phases de décolonisation, ou encore l’Alya (retour des Juifs en Israël).
Mais c’est surtout sa démonstration sur la continuité du peuplement européen qui impressionne. Le Gallou rappelle que les Européens sont le « peuple premier » du continent. Il retrace l’ethnogenèse européenne sur la longue durée : la fusion des chasseurs-cueilleurs paléolithiques (Lascaux, Chauvet), des agriculteurs anatoliens (les mégalithes) et des Indo-Européens. Selon lui, depuis 200 à 250 générations, la structure du peuplement était stable. Cet ancrage dans la préhistoire et l’histoire ancienne donne au projet de remigration une légitimité qui n’est pas seulement politique, mais ontologique. L’auteur ne défend pas une « pureté » abstraite, mais le droit à la continuité d’une civilisation face à ce qu’il nomme, sans détour, une « invasion migratoire ».
Le préalable : « JUGEXIT » : sortir de la dictature des juges
Aucune politique migratoire ne peut réussir, selon Le Gallou, sans une refonte radicale du rapport de force institutionnel. Il consacre un développement percutant à ce qu’il appelle le « gouvernement des juges ». Son constat est sans appel : dans les pays européennes, ce n’est plus le peuple, via ses parlementaires, qui décide de l’immigration. Ce sont les juges.
Il prend des exemples concrets : le regroupement familial imposé par le Conseil d’État dès 1978, l’asile accordé de manière extensible par la CNDA, ou encore la surinterprétation idéologique des conventions internationales. L’auteur va jusqu’à chiffrer l’absurdité du système : selon l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, l’interprétation actuelle des motifs d’asile (femmes afghanes, homosexuels togolais, albinos congolais, transsexuels péruviens) ouvrirait le droit d’asile à 600 millions de personnes sur la planète.
Face à ce blocage, Jean-Yves Le Gallou propose le JUGEXIT : une sortie de la dictature judiciaire. Cela implique une réaffirmation de la primauté du droit national (souveraineté constitutionnelle), une révision des engagements internationaux (Convention de Genève, Convention européenne des droits de l’homme) et un rééquilibrage des pouvoirs entre la loi votée et le juge. Cette proposition est probablement la plus explosive du livre, mais aussi la plus nécessaire pour qui veut rendre la souveraineté effective.
Les propositions concrètes : une feuille de route en cinq actes
Le grand apport de Remigration par rapport à la littérature du « constat » est l’élaboration d’un plan opérationnel. Jean-Yves Le Gallou sait que l’intendance suivra le politique, mais il prend soin de détailler une feuille de route progressive et graduée, destinée à éviter le chaos administratif. Cette progression en cinq actes démontre une maturité politique rare :
- Acte 1 – L’arrêt immédiat : Préalable indispensable à toute politique. Stopper net toute nouvelle immigration légale ou illégale pour stabiliser la situation.
- Acte 2 – Les situations claires : Cibler en priorité les clandestins, les délinquants étrangers et les titres de séjour caducs.
- Acte 3 – Le réexamen économique : S’attaquer aux titres de séjour de ceux qui vivent durablement des aides sociales.
- Acte 4 – Les binationaux hostiles : Réexaminer la situation des binationaux inassimilés qui manifestent une hostilité active envers le pays d’accueil.
- Acte 5 – Les incitations au retour : Pour les binationaux inassimilés mais non hostiles, proposer des encouragements financiers ou administratifs au départ volontaire.
L’auteur prend soin de préciser une limite éthique essentielle à ses yeux : les binationaux assimilés sont explicitement exclus du champ de la remigration. Cette distinction entre l’assimilé et l’inassimilé est cruciale ; elle ancre le projet dans le critère culturel et civilisationnel, et non dans un racialisme sommaire.
Conclusion
Remigration de Jean-Yves Le Gallou n’est pas un livre de plus sur l’immigration. C’est un acte de fondation intellectuelle. L’auteur réussit le pari de transformer un thème défensif (la peur du remplacement) en un projet offensif, cohérent et historiquement légitimé. En proposant un « mythe mobilisateur », une feuille de route en cinq actes et une stratégie de rupture juridique (JUGEXIT), Le Gallou donne aux peuples européens les armes pour reprendre le contrôle de leur destin.
L’ouvrage a le mérite de la clarté et du courage. Il dérange, car il nomme les tabous. Il stimule, car il sort de la plainte pour entrer dans l’action. Pour quiconque s’inquiète de la continuité de la civilisation européenne et cherche une alternative à la fatalité, Remigration est une lecture indispensable. Jean-Yves Le Gallou ne promet pas un lendemain qui chante sans effort, mais il dessine un horizon crédible pour que l’Europe reste « l’Europe de nos enfants ».
Tout au plus pourrait on imaginer qu’au terme de « remigration » soit substitué celui de « décolonisation » car ce que subit la France, c’est une conquêtes souvent violente et prédatrice appuyée par une une classe dominante autochtone collaboratrice.
Jean Lamolie
https://ripostelaique.com/remigration-de-jean-yves-le-gallou-laudace-dun-projet-civilisationnel/
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