
Pendant des années, la fraude à l’Assurance maladie a souvent été ramenée, dans le débat public, à quelques abus individuels ou à des arrêts de travail contestés. Mais les informations publiées ces derniers jours dessinent une réalité bien plus grave : l’Assurance maladie est désormais visée par des réseaux structurés, capables de détourner des dizaines de millions d’euros à travers des centres de santé. Franceinfo révèle ainsi que sept personnes ont été mises en examen fin mars, soupçonnées d’avoir escroqué 58 millions d’euros dans 18 centres de santé, principalement dentaires. Fabien Badinier, directeur de la lutte contre la fraude à l’Assurance Maladie, parle d’« une affaire exceptionnelle par son ampleur ».
Le général José Montull, chef de l’Office central de lutte contre le travail illégal, souligne lui aussi le changement d’échelle. « Nous avons affaire à des gens qui détournent des millions d’euros et qui ont un train de vie de flambeurs », explique-t-il, évoquant des appartements loués « à 13 000 euros par mois », des déplacements en hélicoptère et des véhicules de luxe. Il conclut : « Donc on n’est pas du tout dans un schéma de fraude du pauvre ».
Des structures de soins dévoyées de leur mission
Le plus inquiétant est que cette fraude prospère au sein même de structures censées faciliter l’accès aux soins. Franceinfo rappelle qu’il existe aujourd’hui 3 000 centres de santé en France, majoritairement dentaires et ophtalmologiques, dans lesquels le tiers payant est généralisé : le patient « n’a donc rien à débourser ». Cette opacité facilite les abus.
L’exemple d’Alliance Vision est, à cet égard, édifiant. Selon franceinfo, ce réseau de 13 centres ophtalmologiques est visé par une fraude estimée à 21 millions d’euros. Une ancienne secrétaire raconte : « On cotait [facturait, NDLR] des fonds de l’œil pour 80 % des patients. Même s’ils n’étaient pas réalisés, il fallait qu’on les cote ». Elle ajoute : « On devait toujours ajouter quelque chose pour élever le montant de la facturation ».
Une menace directe contre le modèle social
L’affaire dépasse largement quelques centres véreux. Franceinfo révèle aussi l’existence de « centres de santé 100 % fictifs », selon les mots du général José Montull. Marc Scholler, directeur financier de l’Assurance Maladie, résume la bascule : « Ce n’est plus de la fraude opportuniste », mais quelque chose « d’extrêmement agressif » dont l’objectif est « de piller le système extrêmement vite ».
Dans ce contexte, les 723 millions d’euros de fraude détectés et stoppés en 2025, annoncés par le ministre de la Santé Stéphanie Rist, montrent certes une montée en puissance des contrôles, mais surtout l’ampleur du phénomène. BFMTV précise que ce total est en hausse de 15 % sur un an et que 49 millions d’euros concernent les arrêts de travail. Autrement dit, la fraude à l’Assurance maladie ne relève plus de quelques abus marginaux : elle prend désormais les traits d’un pillage méthodique de l’argent des cotisants.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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