
La preuve du scandale
Or, comme l’a révélé la presse hispanique, ces derniers jours, le Sénat espagnol, s’appuyant notamment sur des échanges entre opérateurs du réseau Red Eléctrica, a pu prouver, depuis, que le solaire était bien à l’origine de la panne, mais aussi que cette origine était connue et a été dissimulée.
En effet, l’ENTSO-E (Réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité) est venu à la rescousse de REE, après un premier rapport sur les faits, paru le 3 octobre 2025, et s’est ensuite fendu d’un rapport final de près de 500 pages, paru le 20 mars 2026. « Un modèle d’enfumage, dont l’objectif était de noyer le poisson sous des tonnes d’informations, en se gardant de pointer l’essentiel », a réagi l’expert en énergie Fabien Bouglé, dont la revue Transitions & Énergies évoque l’affaire dans un article, ce 1er avril.
La chaîne du mensonge
Et c’est une véritable chaîne solidaire du mensonge par dissimulation qui s’est en effet mise en place afin de sauver le « soldat énergies renouvelables ». En France, le 25 mars 2026, RTE reprenait complaisamment, sur son site, via des questions-réponses, les éléments de langage du rapport du ENTSO-E paru 5 jours plus tôt. Le quotidien Le Monde avait fait de même dès le 20 mars.
Très vite après la grande panne, pourtant, de nombreux experts avaient indiqué que sa cause principale était la perturbation due au solaire.
En juin 2025, Quota Climat, association spécialisée dans la délation auprès de l’Arcom de toute personnalité ou média remettant en cause le dogme écologiste (et notamment sur les énergies renouvelables), passait à l’attaque sur LinkedIn. Sa cible : André Merlin, ancien président fondateur de RTE. Son crime ? Sa « prise de position attribuant la panne électrique espagnole aux énergies renouvelables tourne dans les médias, publics et privés ». Et Quota Climat de faire jusqu’au bout sa besogne de délateur en citant les médias ayant repris les propos de l’ancien patron de RTE qui contredisaient le discours de son successeur.
« J’avais à l’époque relayé les interventions d’André Merlin, que j’estimais être le bon sens même », se rappelle Fabien Bouglé.
« Quand j’avais appris par les infos le déclenchement de ce black-out en Espagne et au Portugal, explique-t-il, j’avais immédiatement fait une capture d’écran des relevés de production électrique avant et au moment de la panne. On voyait bien que cela coïncidait avec une forte augmentation de production d’origine solaire. »
On voit ici nettement les oscillations de la production solaire (en jaune) qui ont provoqué la panne du 25 avril 2025 (document fourni par Fabien Bouglé).
Une intermittence génératrice d’oscillations
Ce sont ces données qui ont alerté les professionnels dont les échanges figurent au rapport du Sénat espagnol. Elles sont, ajoute Fabien Bouglé, l’exemple type du « danger que constituent les énergies renouvelables pour un réseau d’électricité ». En effet, pour que le réseau fonctionne correctement, « il faut que les niveaux de production et de consommation de l’électricité soient identiques ou approchants ». Or, tributaire de l’ensoleillement, « la production solaire crée des oscillations ». Et le 25 avril 2025, « une très forte oscillation de la production solaire a subitement fait osciller la production totale », bien loin du niveau de consommation du moment. « C’est cela qui a provoqué la panne générale, et les spécialistes sérieux ont vite compris ce qui s’est passé ce jour-là », conclut Fabien Bouglé, qui ajoute que « l’Espagne, ayant fait une croix sur le développement de son nucléaire, était d’autant plus fragile face à ce phénomène d’oscillation. L’inertie des réacteurs nucléaires permet en effet de contrer une hausse de fréquence, donc de limiter le risque de black-out. »
La PPE3, facteur potentiel d’un black-out
Il aura donc fallu la découverte de ces échanges entre opérateurs pour que se dissipe l’écran de fumée mis en place, pour des raisons idéologiques, par les politiques et les opérateurs, sous la pression des idéologues écologistes. Ce qui s’est passé depuis près d’un an en Espagne est évidemment grave pour l’Espagne, mais pas seulement.
Comme l’a fait remarquer François-Xavier Bellamy, sur son compte X, « malgré les tentatives de censure du gouvernement socialiste espagnol, l’évidence s’impose enfin. Avec ses conséquences pour la France, qui avec la PPE3 s’enfonce dans la même impasse… » En déséquilibrant notre « mix énergétique » au profit des énergies intermittentes, la PPE3 augmente de facto le risque d’un black-out français. Et pour l’eurodéputé LR, « Les milliards d’euros imposés chaque année aux Français pour raccorder des énergies intermittentes à notre réseau, pourtant le plus décarboné d’Europe, conduiront demain au même effondrement. Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas ! »
Ses collègues députés LR en France sont-ils sur la même ligne que François-Xavier Bellamy ? Leur attitude face au passage en force de Sébastien Lecornu et de ses alliés socialistes et écologistes sur la PPE3 permet d’en douter.
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