
Souvenons-nous. À sa création, en 2018, le collectif #NousToutes, cofondé par Caroline de Haas – ancienne conseillère au ministère des Droits des femmes – se voulait un mouvement populaire, à la pointe contre les violences sexistes et sexuelles, les fameuses VSS. Son objectif ? Changer les mentalités sur le consentement avec des slogans tels que « Sans oui, c’est non », « On vous croit » ou « Un viol est un viol ».
Puis est arrivé le 7 octobre 2023, et les féministes dites intersectionnelles, sous l’influence de militantes LFI ou de Révolution permanente, ont trouvé des excuses aux violeurs du Hamas, parce que les victimes étaient israéliennes et les bourreaux « racisés ». Un viol n’était plus un viol, mais un acte de « résistance ». Et des hommes chassaient des femmes juives des cortèges du 8 mars aux cris de « sionistes, fascistes, c’est vous les terroristes ». Pour avoir alerté, d’abord en interne puis publiquement, sur cette sororité à géométrie variable, Diane Richard a été harcelée, diffamée, ostracisée. La militante a tout perdu : son travail, ses amies, sa place à #NousToutes et chez les Verts. Mais pas sa boussole morale.
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Dès juin 2023, j’ai perçu une dérive, après la mort de Nahel Merzouk [l’adolescent franco-algérien tué à Nanterre lors d’un contrôle routier]. Autour de moi, des féministes de notre collectif ont fermé les yeux sur les accusations de violences portées à l’encontre de deux membres du comité « Vérité et Justice pour Adama » [en soutien à la famille d’Adama Traoré, mort lors d’une interpellation par les gendarmes en 2016] : le journaliste Taha Bouhafs et Samir Elyes. Au nom de la lutte contre le racisme menée par ces deux personnalités, ces militantes ont préféré se taire. À cette date-là, j’étais encore au sein de la coordination nationale de #NousToutes, qui, elle, a pris ses distances avec le collectif « Vérité et Justice pour Adama ». Lorsque j’ai vu que la lutte contre le racisme achetait le silence sur les violences, j’ai acté un changement d’atmosphère. D’ailleurs, j’ai quitté la coordination nationale à ce moment-là. L’ADN de #NousToutes était au départ résumé par ce slogan à l’égard des victimes : « Je te crois ».
Il était partout sur nos autocollants, nos pancartes et nos collages. Mais cette affirmation est-elle encore vraie lorsque l’empathie est à géométrie variable ? Le 7 octobre, je fus sidérée. Je compris qu’au sein de #NousToutes les femmes israéliennes n’étaient pas écoutées et qu’une hiérarchie des victimes était instituée. Désormais, les victimes n’étaient prises en compte que lorsqu’elles appartenaient à un seul camp. J’ai même vu des militantes écrire : « On veut nous forcer à parler du 7 octobre pour nous obliger à détourner les yeux de la Palestine. » Pour avoir dit mon désaccord, j’ai été insultée par des militantes. La veille encore, elles faisaient partie de mes plus proches.
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