
Face à la flambée des prix des carburants provoquée par la crise au Moyen-Orient, le gouvernement français a choisi sa méthode habituelle : non pas alléger franchement la fiscalité à la pompe, mais empiler des aides ciblées et évoquer désormais le recours au chômage partiel pour les entreprises les plus touchées. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a ainsi annoncé le 30 mars que les sociétés confrontées à une baisse brutale d’activité liée à la crise pourraient bénéficier de ce dispositif, en plus d’une enveloppe déjà annoncée de 70 millions d’euros pour plusieurs secteurs exposés.
Le signal est limpide : en France, on préfère compenser à la marge les conséquences d’une fiscalité trop lourde plutôt que de desserrer réellement l’étau. Le gouvernement promet des rustines, repousse les cotisations, distribue quelques remises ciblées, mais refuse toujours de s’attaquer franchement à la question centrale, celle du poids des taxes sur le litre de carburant.
Pendant ce temps, l’Espagne agit sur les taxes
Ailleurs en Europe, plusieurs gouvernements ont fait un autre choix. L’exemple le plus parlant est espagnol. Madrid a décidé de ramener la TVA sur les carburants de 21 % à 10 %, avec en parallèle la suspension des droits d’accise sur les hydrocarbures selon les informations rapportées fin mars. Résultat : une baisse immédiate du prix à la pompe, estimée entre 30 et 40 centimes par litre selon Reuters, et d’environ 20 centimes sur l’effet TVA seul selon plusieurs médias français.
La différence est loin d’être théorique. Sur un plein, elle devient très concrète pour les ménages comme pour les professionnels. Là où la France maintient l’essentiel de sa pression fiscale puis redistribue ensuite une partie de l’argent sous conditions, l’Espagne choisit de moins ponctionner en amont. Autrement dit : elle cesse, au moins temporairement, de racketter ses contribuables pour leur rendre ensuite une fraction de ce qu’elle leur a pris.
Italie, Portugal, Suède : la même logique de baisse fiscale
L’Espagne n’est pas un cas isolé. L’Italie a adopté à partir du 19 mars un décret réduisant d’environ 25 centimes par litre le prix des carburants pour une période de vingt jours, en y ajoutant un crédit d’impôt pour les transporteurs routiers et un mécanisme anti-spéculation.
Le Portugal a prolongé dès le 13 mars son mécanisme de réduction des taxes sur les carburants afin d’amortir les hausses à la pompe. La Suède a également annoncé une baisse temporaire de ses taxes sur l’essence et le gazole à partir du 1er mai. Même la Grèce a mis sur la table des subventions ciblées pour avril et mai.
Partout, la même idée s’impose : quand l’énergie flambe, on allège la ponction fiscale ou on agit directement sur le prix. La France, elle, reste prisonnière de son réflexe bureaucratique : conserver la manne fiscale, puis ouvrir quelques guichets d’urgence.
Une réponse française qui ne convainc pas
Ce choix ne convainc déjà pas les secteurs concernés. Les transporteurs routiers ont engagé des opérations escargot pour dénoncer l’insuffisance des aides. Le gouvernement a beau marteler qu’il n’y a pas “d’argent magique”, il se garde bien de reconnaître que l’État continue surtout de vivre sur des prélèvements massifs, y compris sur les carburants, avant de distribuer ensuite des compensations partielles, tardives et sous conditions.
Le plus frappant est là : quand les prix montent, la France ne remet pas en cause son matraquage fiscal, elle socialise simplement une partie de la casse. Et l’on en arrive à cette absurdité bien française : au lieu de baisser nettement la TVA ou les accises pour soulager tout de suite artisans, infirmières, transporteurs, pêcheurs ou simples automobilistes, on envisage du chômage partiel pour certaines entreprises étranglées par la hausse du gazole.
Le vieux logiciel français : taxer d’abord, aider ensuite
Ce contraste avec l’Espagne est politiquement révélateur. D’un côté, un pays qui accepte de réduire temporairement son avidité fiscale pour préserver le pouvoir d’achat et l’activité. De l’autre, une France qui préfère garder ses taxes, puis mettre en scène sa générosité avec des aides ciblées, des annonces prudentes et des dispositifs provisoires.
En clair, Madrid baisse la TVA. Paris promet des formulaires, des enveloppes et du chômage partiel. Toute la différence est là.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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