Sondage, tribune, meeting : la promotion d’Édouard Philippe bat son plein

Capture d'écran
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Il fallait s’y attendre. Une semaine après le second tour des municipales et sa réélection comme maire du Havre, la Macronie poursuit la mise en orbite d’Édouard Philippe pour la présidentielle. L’offensive est multiple pour booster un candidat dont la cote présidentielle ne cesse de s’affaisser depuis deux ans mais que les médias maintream présentent comme incontournable. Et ce week-end, nous avons droit à un sondage flatteur, une tribune signée par la Macronie encore présentable et l’annonce d’un grand meeting de lancement, fin avril.

Philippe seul vainqueur contre Bardella ? Dans la marge d’erreur

C’est l’information qui doit tomber ce dimanche matin dans les oreilles de tous les Français : Philippe serait le seul capable de l’emporter face à Jordan Bardella au second tour de la présidentielle. L’homme providentiel, quoi… Alors que depuis des mois, l’ancien Premier ministre de la Macronie triomphante ne cesse de s’effondrer dans les sondages, sa réélection au Havre (face à un communiste, ce qui relativise l’exploit) aurait stoppé la chute. Dans une enquête réalisée pour BFM TV et La Tribune du dimanche, qui a testé six configurations de premier tour différentes, Édouard Philippe recueillerait entre 20,5 et 25,5 % des intentions de vote au premier tour et l’emporterait, ensuite, face à Jordan Bardella (de peu : 51,5 %, contre 48,5 %) ou Marine Le Pen (53 %, contre 47 %). Un score serré, dans la marge d’erreur, indiquée « entre 1,4 et 3,1 points ». Et pour parvenir à ce score, Philippe aurait besoin d’une situation bien particulière : gauche très très éparpillée (il faudrait que Tondelier et Roussel se dévouent…), absence de Retailleau ou d’un candidat LR. Un Bruno Retailleau qui vient de déclarer : « Un candidat macroniste ne pourra pas être élu président de la République »

Beaucoup d’incertitudes, donc. Néanmoins, ce sondage confirme les enquêtes précédentes : un Jordan Bardella très haut (35 à 38,5 %), un cran au-dessus de Marine Le Pen (31,5 % à 34 %), une gauche Mélenchon-Glucksmann à 10-10, Retailleau à 8 et un Mélenchon qui serait écrasé par Bardella à 70/30. Le niveau très haut de Bardella est peut-être, toujours, l’enseignement de ce sondage, même si ce n’est plus un scoop.

La tribune de La Tribune : les chapeaux à plumes de la Macronie

Mais La Tribune ne se contente pas d’un seul booster : le sondage est accompagné d’une tribune de personnalités « de la droite et du centre ». Traduisez : macronistes. 90 ministres et parlementaires. Dans le détail : 9 ministres, 40 parlementaires Renaissance (35 députés, 5 sénateurs), 21 parlementaires LR (15 députés, 6 sénateurs), 7 députés Horizons, 5 députés MoDem, 5 sénateurs UDI et 3 députés LIOT. Un nouveau signe de l’éclatement LR. Quelques noms, pour faire rêver ? Maud Bregeon, Vincent Jeanbrun… Ce qui n’a pas manqué de faire réagir Jordan Bardella :

Jamais ils ne citent le nom de Philippe, se contentant des mots clefs : populisme, raison, union. Le journaliste Bruno Jeudy, lui, nomme le sauveur dans son édito et déroule le mythe de cette nouvelle force tranquille, tout en enjambant le bilan des municipales, favorable au RN : « Réélu au Havre, Édouard Philippe transforme l’essai. Il ne s’agit pas seulement d’une victoire locale, mais d’un signal politique. En s’imposant dans une ville longtemps ancrée à gauche, il valide une stratégie patiente : celle d’un leader qui avance à son rythme sans céder à la fébrilité ambiante. »

Un meeting pour faire prendre la mayonnaise

C’est France Inter qui révèle les dessous du lancement de la campagne présidentielle d’Édouard Philippe, qui a convoqué un « comité exécutif extraordinaire » de son parti Horizons, mercredi prochain à 8h30, pour y arrêter les date, lieu et format du meeting de lancement de sa campagne présidentielle. Initialement envisagé le 12 avril, ce meeting aurait fait débat, le candidat déclarant : « Moi, je veux prendre mon temps. » Donc, le grand meeting du 12 avril serait reporté à la fin du printemps… Pour attendre de meilleurs sondages et une meilleure mayonnaise ?

Frédéric Sirgant

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