Lisnard en clair-obscur…

David Lisnard incarne aujourd’hui le paradoxe d’une droite qui voit la réalité mais n’ose pas encore la nommer, parce qu’elle dérange, qu’elle est aux antipodes de ce qu’il prétend représenter, qu’elle met en défaut toute sa théorie : sans alliance avec les forces de droite, elle ne gagnera pas. Au soir du second tour, il s’est empressé de féliciter Éric Ciotti, tout en regrettant son accord avec le RN. Puis, dans la foulée, il lui a demandé de rompre cette alliance et de rejoindre une “droite indépendante” dont il n’a jamais défini les contours. Autrement dit, il lui a suggéré de trahir ses électeurs.

Venant d’un responsable issu des LR, la méthode n’a rien de surprenant : ce parti cultive l’art de dire une chose et de faire son contraire, persuadé que les électeurs sont aussi volatils que ses dirigeants. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Quelques jours plus tard, Lisnard a claqué la porte des LR. Pourquoi ? Parce que son parti refuse d’organiser une primaire comme lui l’entend, ouverte, incluant Zemmour et Dupont‑Aignan. Et c’est là que le paradoxe devient flagrant. Regretterait-il déjà ses propos envers Ciotti ?

D’un côté, il condamne l’alliance entre Ciotti et le RN. De l’autre, il accepte l’idée d’une primaire avec Zemmour , souvent classé à l’extrême droite, et avec Dupont‑Aignan, qui revendique désormais ouvertement le Frexit. Comment peut‑il rejeter d’un côté ce qu’il accepte de l’autre, sans admettre que finalement la stratégie de Ciotti est la bonne ? Comment dénoncer une dérive sans être capable de proposer une alternative cohérente ?

Écarter le RN revient à se priver d’environ quinze millions d’électeurs, tout en imaginant qu’avec quatre millions au mieux, la droite pourrait l’emporter. Faut-il être à ce point aveugle ou totalement suicidaire pour demeurer dans le corset d’une posture qui n’a fait qu’apporter ruine et désillusion. Quitter les LR était, pour le RPF, la meilleure décision qu’il pouvait prendre. Enjoindre Ciotti de renier ses électeurs, en revanche, était la pire.

S’ouvrir à Zemmour et Dupont‑Aignan, les deux plus gaullistes des personnalités en présence, pourrait être le début d’une véritable union des droites, encore insuffisante, mais prometteuse. Mais Lisnard doit mettre de l’ordre dans ses idées. Initier un rapprochement est la seule stratégie réaliste pour battre la gauche et réduire à néant l’influence de LFI, dont on perçoit déjà toute la perversité des méthodes de gestion, si on peut appeler cela ainsi, il serait plus judicieux de parler d’intimidation, d’épuration idéologique et de planification du chaos. Il doit clarifier sa pensée, car son rejet du RN ne semble pas porter sur le programme, celui de Zemmour est parfois plus radical, mais sur l’identité du parti. Qu’il nous dise alors ce qui, précisément, lui pose problème. Accepter Dupont‑Aignan, frexiteur assumé, tout en oubliant Philippot ou Asselineau, ajoute encore à l’incohérence.

Au RPF, nous défendons cette large coalition. Nous l’avons déjà écrit : les divergences sur l’Europe doivent enfin être débattues à droite, surtout face aux ingérences croissantes de la Commission qui ne saurait être vues comme de simples ajustements, ou des renoncements obligatoires.

Aujourd’hui, la logique de rejet de Lisnard devient floue, son discours inaudible, sa position intenable. Il semble se perdre dans ses propres contradictions, comme s’il était déchiré entre ce que sa morale doit afficher pour rester dans le camp “présentable”, et ce que sa raison politique lui murmure en secret, mais qu’il n’ose pas encore avouer, de peur d’être excommunié par ses anciens alliés ou par une presse subventionnée. Pourtant, il est à la croisée des chemins. Soit il s’affirme pleinement et rejoint une ligne claire, identifiable. Soit il reste dans l’entre‑deux, devient invisible, et laisse passer une nouvelle occasion d’en finir avec les injonctions de la gauche sur ce que la droite a le droit de dire ou de faire. Les indignations de façade ne servent qu’à diviser. La gauche le sait parfaitement. Il est temps, pour Lisnard, de couper le cordon et d’assumer enfin ses véritables intentions et priorités et surtout son identité politique : nous sommes de droite et nous en sommes fiers, même si la gauche nous explique que ce n’est « pas bien ».

https://rassemblementdupeuplefrancaiscom.wordpress.com/2026/03/27/lisnard-en-clair-obscur/

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