L’Arcom et l’Éducation nationale donnent des leçons d’objectivité et d’impartialité

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L’Arcom, autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, dirigée par Martin Adjari, haut fonctionnaire né en 1968, et le ministère de l’Éducation nationale souhaitent « renforcer l’éducation à l’esprit critique et à la citoyenneté numérique, en particulier face aux phénomènes de désinformation, de manipulation de l’information et de haine en ligne ».

Une coopération doit s’établir « entre l’école et le régulateur dans le domaine de l’éducation aux médias et à l’information, et de la citoyenneté numérique », car « l’École a un rôle central à jouer pour former des citoyens éclairés, capables de comprendre, d’analyser et de questionner l’information ».

L’Arcom et le ministère s’appuieront sur le concours de Zéro cliché, une émanation du CLEMI, Centre pour l’éducation aux médias et à l’information, soutenu par France Télévisions. Zéro cliché organise un concours « pour l’égalité filles-garçons ». « De la maternelle au lycée, le concours permet de concevoir avec les élèves des productions médiatiques (articles, blogs, etc.) pour analyser les stéréotypes de genre dans la vie quotidienne ».
A l’aide de fiches techniques fournies par l’Arcom, les professeurs abordent « la représentation de la société française et la lutte contre les discriminations », ou apprennent « comment construire un journal télévisé inclusif à partir du baromètre de la diversité produit chaque année par l’Arcom ».

Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, explique sa démarche : « Face à la montée de la désinformation et à l’influence croissante des réseaux sociaux dans la formation des opinions », il devient nécessaire de « donner à chaque élève les clés pour comprendre, vérifier et exercer son esprit critique ».

Mardi 24 mars 2026. L’Arcom organise une discussion sur les « manipulations de l’information ». Martin Adjari explique : « Nous cherchons à identifier ce qui caractérise la manipulation, intentionnelle et artificielle, de l’information et la perturbation du débat démocratique qui en découle ».

En résumé, les médias alternatifs désinforment, manipulent les esprits, forment les opinions, dérèglent le débat démocratique, détraquent la communication, regorgent de haine et favorisent les discriminations. Alors, les médias officiels et l’École, de la maternelle à l’université, doivent rétablir la bonne marche de la transmission de l’actualité et des diverses nouvelles.
L’esprit critique et le débat démocratique permettront à chacun d’accéder à une information honnête et impartiale.
Autrement dit, les médias officiels soutenus par l’Arcom et l’École sont les seuls détenteurs de la vérité, en matière de climatologie, de genre, d’avortement, d’euthanasie, de vaccination, d’immigration, d’islamisation, d’européisation, de guerre en Ukraine ou au Moyen-Orient. Ces vérités incontournables ne se discutent pas, c’est pourquoi les « débats » ne rassemblent que des gens de la même mouvance mondialiste et les référendums sont prohibés.

Toutes les formes d’oppression, de discrimination se croisent et se nouent dans l’intersectionnalité : le genre, la race, la classe, la couleur, la religion, la sexualité, le handicap, l’orientation sexuelle. Simplisme et généralité trônent en maîtres dans le récit intersectionnel. Un homme blanc avançant masqué domine ses victimes. Les puissances occultes débusquent ces impensés, patriarcal, colonial, sexiste, ethnique. Les médias traquent et diabolisent les complotistes, ceux qui séduisent le peuple.
C’est pourquoi les élites, notamment les universitaires, les professeurs et intellectuels sont aimantés et séduits par l’idéologie woke, l’intrigue sommaire et mélodramatique qui l’inspire, une intrigue qu’on ne conteste pas et qu’on ne discute pas.
Alexis de Tocqueville (1805-1859) observait que l’homme démocratique est un homme pressé, ayant le goût des idées générales qui dispensent d’étudier les cas particuliers, et « contiennent beaucoup de choses sous un petit volume et donnent en peu de temps un grand pouvoir ».
« Les succès faciles et les jouissances présentes » seront désirés par les chercheurs, les universitaires, les écrivains, les penseurs. Le simplisme est une arme de destruction massive, singulière en des temps démocratiques.

Maurice Merleau-Ponty, philosophe français (1908-1961), observait : « Si le philosophe était un révolté, il choquerait moins. Car enfin, chacun sait à part soi que le monde comme il va est inacceptable ; on aime bien que cela soit écrit, pour l’honneur de l’humanité quitte à l’oublier quand on retourne aux affaires. La révolte donc ne déplaît pas ».
Les professeurs, les artistes, les acteurs, les people adhèrent de cette manière à l’idéologie victimaire irréfutable et à ses arrêts inquiétants. L’homme de gauche, le progressiste, paradent dans les ornements du révolté, de l’indigné. Ils recherchent toujours des victimes. Ils sacrifient la civilisation à ces damnés de la terre. Une civilisation dont ils jouissent et bénéficient comme personne. Peu importe la cohérence et le crédit du propos. Ils se plantent en « éveillés » du système, avant-garde de la pensée avancée.

Raymond Aron, philosophe français (1905-1983), répliquait aux progressistes : « Nous que la misère des hommes n’empêche pas de vivre, qu’elle ne nous empêche pas au moins de penser. Ne nous croyons pas tenus de déraisonner pour témoigner nos bons sentiments ».
Raymond Aron n’a pas été entendu. En 2026, contrairement au discours de l’Arcom et de l’Éducation nationale, les médias et l’École nous empêchent de vivre et de penser, déraisonnent pour témoigner de bons et faux sentiments. Leurs représentants, obsédés de prouver leur appartenance au camp du bien, choisissent le parti de l’absurdité, de l’insanité… et de la « vérité ».

Pour Charles Péguy, écrivain français (1873-1914), « Faire l’école », c’est ce qu’il y a de plus beau au monde, c’est enseigner « à nos enfants la règle de trois et surtout la preuve par neuf », c’est leur donner la langue avant de leur donner la parole. Les professeurs gauchistes ne partagent plus ce sentiment, ils ont des objectifs plus « élevés » : le genre, la sexualité, l’orientation sexuelle, la lutte contre le fascisme d’extrême droite et contre les discriminations.
Charles Péguy mettait en garde les professeurs contre la tentation d’ « exercer un gouvernement temporel des esprits ». « C’est à ce jeu que les curés ont perdu la France. Il faut se faire à l’idée que nous sommes un peuple libre ».
Charles Péguy n’a pas été entendu. En 2026, les médias et l’École exercent un gouvernement temporel des esprits, et ont perdu la France. Nous ne sommes plus un peuple libre.

La contamination wokiste, cantonnée au monde universitaire, s’est diffusée à travers l’ensemble de la société, via la propagande médiatique et scolaire. Facultés, grandes écoles et médias ont importé l’idéologie woke en France, forment et désinforment la jeunesse, manipulent et endoctrinent l’opinion. Et les mêmes viennent nous donner des leçons d’objectivité, de neutralité et d’impartialité en matière d’information. Dans notre société satanique, des menteurs patentés et diaboliques inversent toujours la réalité.
Les institutions culturelles capitulent devant les néo-féministes, les décoloniaux, les adeptes du genre, les LGBTistes, les vaccinolâtres, les écologistes climatologues. La jeunesse n’a plus qu’une boussole pour s’orienter, la boussole des droits des minorités, la boussole de la diversité, la boussole des victimes de la civilisation occidentale, la boussole LGBTIQA+, la boussole écologiste, la boussole de la santé par le vaccin. Et les journaleux et les professeurs dirigent et canalisent l’aiguille de cette boussole selon les convenances de l’idéologie dominante. Et on vient nous parler de débat démocratique et d’esprit critique. Alors que le débat, la démocratie, l’esprit critique sont balayés.

23 février 2023. Roch-Olivier Maistre, ancien président de l’Arcom, avait prévenu devant les étudiants de Sciences Po Paris : « La liberté d’expression, c’est ce qui heurte, ce qui choque. Si la liberté d’expression, c’est d’être uniquement dans le politiquement correct et de déverser à tous le même robinet d’eau tiède, ça ne va pas ».

On ne construit pas le monde avec des opinions soumises aux émotions individuelles. Dans La Politique, Aristote parlait de l’ochlocratie, c’est-à-dire d’une démocratie qui a dégénéré en son contraire, à savoir un gouvernement totalitaire de la foule manipulée par des émotions et des opinions. Une foule qui n’a plus aucun espace d’esprit critique pour penser.
Hannah Arendt en avait aussi parlé. Les opposants au système totalitaire et à la propagande subissent des procédés de stigmatisation. Le bourrage de crâne politique insuffle de la violence au sein de la population. Tout cela pour obliger à une réduction binaire pour ou contre, sans aucune critique de ce qui est proposé, pour condamner le peuple au silence.

La suppression de l’esprit critique. C’est le but des politiques au pouvoir. C’est le fil rouge de l’éducation pédagogiste constructiviste. Et l’Arcom et l’Éducation nationale osent souhaiter « renforcer l’éducation à l’esprit critique ». « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît », s’exclame Lino Ventura, parole de Michel Audiard dans les Tontons flingueurs.

Dans notre société totalitaire, le consensus, médiatiquement et scolairement fabriqué, impose et s’impose. On déclare qu’il existe un consensus à propos d’événements physiques, naturels, sociétaux, sanitaires, réels ou imaginés sur des bases plus ou moins incertaines. Et ces événements sont institués en dogmes incontestables et intransgressibles. Par exemple, le réchauffement climatique anthropique, la dangerosité du virus Sars-Cov2, les mesures à prendre pour le combattre, l’avortement, l’euthanasie.

Le consensus scientifique sur l’origine anthropique des fluctuations météorologiques n’existe pas. Mais tout propos climato-sceptique est pénalisé. L’unanimité sur la nocivité du virus Covid n’existe pas. Mais ceux qui n’ont pas adhéré à l’expression de la pensée unique n’avaient pas la parole, étaient cloués au pilori des médias, exclus de l’ordre des médecins ou de leur laboratoire, révoqués ou mis à la retraite. L’École doit former des citoyens éclairés, c’est-à-dire des citoyens initiés au système en place, des citoyens capables de comprendre, d’analyser et de questionner l’information, c’est-à-dire des citoyens apprivoisés et respectueux de l’idéologie mondialiste et wokiste.

Le peuple doit consentir à sa propre destruction, en tant que communauté ethno-culturelle et historique. La guerre livrée aux nations est une guerre de l’esprit, une guerre du langage, une guerre des mots, pour coloniser l’espace mental des humains, et réduire le champ de pensée. Pour parvenir au suicide de la société, on annihile toute conscience de la société, on lui fait aimer et préférer l’étranger, l’étrange, l’incongru, l’indécent, l’absurde, le transgressif, l’extravagant, le saugrenu. C’est l’œuvre des médias et de l’École.

L’autre est aussi bon, sinon meilleur que soi. Alors, tout sentiment d’identité disparaît, les défenses tombent. Moi devient autre, acquis au jouir immédiat sans entraves ni temps mort, à l’empilement des plaisirs fugaces, à l’amoncellement des rencontres sans lendemain, via les réseaux sociaux, via les géants du divertissement et via les médias de désinformation en continu. Les effets secondaires larvés, les dépendances masquées abrutissent des masses déjà conditionnées par l’embrigadement idéologique de l’école publique.
Là-dessus, l’Arcom et l’Éducation nationale dénoncent la désinformation et la manipulation des esprits, appellent à une information exacte et juste. C’est le monde à l’envers. Mais nous sommes habitués.

Jean Saunier

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