Saint-Denis sous LFI : la chasse aux policiers municipaux a commencé

Depuis l’élection du nouveau maire insoumis, l’état-major de la police municipale prépare son exode. Désarmement annoncé, pressions sur les agents et propos inquiétants sur l’épuration  politique : bienvenue dans la nouvelle France.

À peine installé dans son fauteuil de maire, Bally Bagayoko impose sa marque à Saint-Denis. Et celle-ci ressemble fort à une purge. Le nouvel édile La France insoumise ne s’en cache d’ailleurs pas : ceux qui ont « combattu » son projet politique n’ont plus leur place dans les services municipaux. Un discours qui a provoqué l’émoi jusque dans les rangs du gouvernement, contraint de rappeler au maire fraîchement élu les principes élémentaires de l’État de droit.

L’exode des cadres

Le directeur de la police municipale, proche de l’ancienne équipe, a compris le message. Selon Europe 1, on lui a fait savoir qu’il « valait mieux qu’il s’en aille ». Le cadre a déjà entamé les démarches pour quitter ses fonctions. Il n’est pas le seul.

Le responsable de la vidéoprotection, fort de quinze années d’expérience, cherche lui aussi une porte de sortie. Un membre du groupe d’intervention rapide a exprimé le même souhait. Au total, la moitié des 140 agents de la police municipale envisagerait de demander sa mutation.

Des candidatures auraient déjà été envoyées vers Aulnay-sous-Bois ou Champigny-sur-Marne, communes qui maintiennent une police armée. Plusieurs fonctionnaires de la police nationale détachés dans les services municipaux souhaiteraient également réintégrer leurs unités d’origine.

Le désarmement comme ligne politique

Bally Bagayoko ne fait pas mystère de ses intentions. Conformément à son programme, il entend désarmer progressivement les agents municipaux. Les lanceurs de balles de défense seront retirés en premier. Quant aux armes à feu, le maire a précisé qu’elles seraient conservées « pour l’instant », tout en annonçant un « processus de désarmement » à venir.

Cette orientation s’inscrit dans une ligne politique assumée par La France insoumise, appliquée également à Roubaix et dans d’autres municipalités conquises par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Une stratégie qui creuse un fossé avec le reste de la gauche : Lyon, pourtant dirigée par les écologistes, a fait le choix inverse, tout comme Bordeaux.

« On retourne vingt ans en arrière », a martelé Cédric Michel, président du Syndicat de défense des policiers municipaux, sur Sud Radio. Pour le syndicaliste, désarmer les agents revient à « les envoyer à poil face à l’insécurité, à la délinquance, au risque terroriste ».

Des propos qui alertent le gouvernement

Ce n’est pas tant le désarmement qui a fait réagir l’exécutif que les déclarations du nouveau maire sur le sort réservé aux agents municipaux. Devant l’hôtel de ville, juste après son investiture, Bally Bagayoko a tenu des propos sans équivoque : « Il ne sera pas possible de pouvoir rester, par exemple, dans un service de tranquillité publique en ayant l’ambition de porter une option politique qui a été battue dans les urnes. »

Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a adressé un courrier au maire pour lui rappeler la loi. « Aucune autorité municipale ne peut légalement laisser entendre que la situation d’agents communaux, leur affectation ou leur maintien en fonctions pourraient dépendre de leur adhésion, réelle ou supposée, aux orientations politiques de l’exécutif municipal », écrit-il.

Le ministre souligne qu’écarter un agent pour des motifs politiques serait « entaché d’illégalité » et pourrait relever du « harcèlement moral », voire constituer des infractions pénales en matière de discrimination.

Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a également mis en garde : les mouvements d’agents municipaux consécutifs à un changement de majorité « seront scrutés avec la plus grande attention par les préfets ».

Sur le terrain, les voyous reprennent leurs marques

Un policier municipal dionysien, cité par la presse, dresse un tableau sombre de la situation depuis l’élection. Selon lui, « des dizaines et des dizaines de dealers ont fêté dans la mairie la victoire de Bally Bagayoko ». Il affirme que des guetteurs se sont réinstallés dans certains quartiers et « ne se cachent plus du tout », quelques heures à peine après l’investiture du nouveau maire.

Ce fonctionnaire assure qu’il n’y aura « plus d’interventions dans les quartiers » dans l’immédiat, ni de saisies de marchandises. Un aveu d’impuissance qui en dit long sur l’atmosphère régnant dans les rangs de la police municipale.

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Les lendemains qui déchantent

La situation dionysienne illustre ce que produit l’arrivée au pouvoir de La France insoumise à l’échelle locale. Un mélange de revanchisme  politique, de dogmatisme sécuritaire et de mépris pour les agents de l’État. Une forme de communisme tribal où l’appartenance au bon camp prime sur la compétence et le service public.

Ceux qui ont laissé ces édiles prendre le pouvoir, par abstention ou par naïveté, découvriront bientôt le prix de leur passivité. Les policiers municipaux, eux, n’ont pas attendu pour tirer les conclusions qui s’imposent. Comme le leur conseille leur syndicat : fuir.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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