
Quand l’Union européenne s’empare d’un sujet, ce n’est jamais pour le simplifier. C’est pour le rendre plus contraignant, plus rigide, moins libre. Et, comme souvent, c’est l’automobile, cheval de bataille de la commission, qui devient le terrain d’expérimentation favori de cette bureaucratie hors-sol.
Après avoir corseté le neuf, voilà que Bruxelles s’attaque désormais au marché de l’occasion. L’intention affichée est, comme toujours, enveloppée de vertus écologiques : empêcher que nos vieilles voitures ne finissent en Afrique. L’UE, persuadée d’être le phare moral de la planète, prétend sauver le monde en réglementant jusqu’à la revente d’une Clio de vingt ans.
Le projet ? Obliger le vendeur à prouver que son véhicule n’est pas “en fin de vie”. Deux options : un contrôle technique supplémentaire, ou pire, une expertise dont le coût dépassera parfois la valeur de la voiture elle-même. Derrière ce monceau de bons sentiments un objectif réel, limpide : pousser les gens à acheter du neuf, obligatoirement électrique. Et comme toujours, ce sont les petits modèles et les ménages modestes qui paieront la facture. Pourtant, chacun sait qu’un véhicule est d’autant plus écologique qu’il dure longtemps. Une voiture amortie sur vingt ans pollue moins qu’un modèle électrique produit pour satisfaire une directive. Mais cette évidence échappe à ceux qui légifèrent depuis des bureaux climatisés, avec de gros salaires.
Et que deviendront les voitures anciennes, celles qui entrent dans le patrimoine des collectionneurs ? Quid d’une Ferrari GTO à plus de 35 millions d’Euros ? Si l’on décrète qu’un véhicule de dix ans est “en fin de vie”, alors qu’un moteur bien entretenu peut durer soixante ans, on condamne à la casse des milliers de voitures parfaitement fonctionnelles. Moins d’offre = prix plus élevés. Ce mécanisme élémentaire semble avoir échappé à nos décideurs, ou peut-être s’en réjouissent-ils, tant le choc frappera ceux qu’ils comprennent le moins, voire qu’ils détestent : les classes modestes.
Se déplacer deviendra un luxe. Pas seulement pour les loisirs, mais pour aller travailler. Mais qu’importe : l’UE trouvera bien une allocation, une subvention, une aide pour compenser la contrainte qu’elle aura elle-même créée. C’est devenu un réflexe pavlovien : un problème engendre une taxe ou une aide. Jamais la liberté, jamais la confiance. Et si la vertu d’un monde plus équilibré, plus responsable, plus durable justement, c’était de permettre aux gens de dépanner leur voiture tant que c’est possible. Un moteur se répare, se remplace, se reconstruit. On pourrait laisser l’offre et la demande faire leur travail. Mais non : il faut orienter, contraindre, punir, subventionner, façonner les comportements selon une idéologie conçue dans les couloirs de la Commission. Et pendant ce temps, personne ne s’oppose réellement à cette offensive contre les plus modestes. Nos députés, eux, n’auront aucun mal à changer de véhicule. Ils ne comprendront même pas la colère de ceux qui n’ont pas les moyens de suivre.
Encore une liberté supprimée, encore une contrainte imposée “pour notre bien”. Le procédé est toujours le même : on restreint, on encadre, on interdit, puis on explique que c’est une avancée. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que l’UE veut désormais s’immiscer dans la gestion de nos centrales nucléaires. Elle entend contrôler, c’est-à-dire autoriser ou interdire, les investissements que nous jugerions nécessaires pour notre souveraineté énergétique. Et il y aura encore des LR pour approuver cette ingérence et bramer qu’ils sont des Gaullistes purs jus, qu’ils sont à droite et libéraux… ça ne fait plus rire personne. Et que dire du RN qui continue d’affirmer qu’ils sont en train de changer l’UE de l’intérieur, répétant cette promesse pour s’en convaincre, alors que depuis vingt ans c’est devenu une chimère qui n’est plus supportable aujourd’hui. On a vraiment une troupe de comiques aux manettes, hélas, depuis bien longtemps, ils ne font rire personne…
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