
La guerre américano-israélienne contre l’Iran entre dans sa quatrième semaine, et les signes de désespoir se multiplient au sein de l’administration Trump. Une décision surprenante du secrétaire au Trésor Scott Bessent illustre l’ampleur de la crise : la levée des sanctions sur le pétrole iranien invendu, permettant potentiellement à Téhéran d’engranger environ 15 milliards de dollars — soit presque le double de son budget militaire annuel — en plein conflit armé.
Une stratégie qui a déraillé
Le conflit a débuté par une frappe surprise qui a éliminé le Guide suprême Ali Khamenei ainsi que l’essentiel de la direction politique et militaire iranienne. Donald Trump espérait une victoire éclair. C’était sans compter sur la réponse de Téhéran.
Conformément à ce que les analystes militaires américains prédisaient depuis des décennies, l’Iran a immédiatement bloqué le détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique, par lequel transite une part considérable du pétrole mondial, est désormais sous contrôle iranien. Les prix du brut ont dépassé les 100 dollars le baril, faisant planer le spectre d’une récession mondiale.
La marine américaine paralysée
Malgré ses deux groupes aéronavals déployés dans la région, Washington n’ose pas forcer le passage. Les côtes iraniennes, longues de plus de 1 600 kilomètres, sont truffées de batteries de missiles, de drones et d’embarcations rapides équipées d’armes antinavires. Un exercice du Pentagone réalisé en 2002 avait déjà simulé ce scénario catastrophe : la perte d’un porte-avions et de la plupart des navires américains, soit potentiellement 20 000 morts en quelques jours.
Les capacités iraniennes se sont considérablement renforcées depuis, notamment grâce à des missiles balistiques de précision et des drones perfectionnés. Un commandant naval iranien a même proposé publiquement de garantir la sécurité de tout navire marchand escorté par un destroyer américain — une provocation qui souligne la confiance de Téhéran.
Les assassinats ciblés ne changent pas la donne
Israël poursuit ses frappes d’élimination contre les dirigeants iraniens. Ali Larijani, figure modérée qui aurait pu négocier, a été tué dans l’immeuble de sa fille avec une centaine de civils. D’autres responsables militaires et du renseignement ont également été éliminés.
Ces succès tactiques ne modifient cependant pas l’équilibre stratégique. L’Iran, fort de 90 millions d’habitants, mène une guerre existentielle. L’histoire enseigne que l’assassinat des dirigeants d’un pays ne garantit pas sa capitulation — les États-Unis eux-mêmes n’auraient pas rendu les armes face au Japon si Roosevelt et son cabinet avaient péri à Pearl Harbor.
Les tentatives de Trump pour impliquer ses partenaires ont tourné au fiasco. Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a publiquement demandé ce que quelques frégates européennes pourraient accomplir là où la puissante marine américaine échoue. Quant à la suggestion d’impliquer la Chine — principal allié de l’Iran — elle relève de l’absurde.
L’incident diplomatique avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a également fait des vagues. Trump lui a rappelé Pearl Harbor pour justifier son attaque surprise, provoquant l’indignation au Japon, pays pourtant considéré comme le plus fidèle allié américain en Asie.
Des contradictions surréalistes
La politique américaine atteint des sommets d’incohérence. Le même jour, le Pentagone demandait 200 milliards de dollars supplémentaires pour poursuivre la guerre tandis que le Trésor levait les sanctions pétrolières. Des marines sont envoyés vers la région pour potentiellement s’emparer de l’île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien, alors même que Washington encourage la vente du pétrole iranien.
Cette situation inédite — un pays finançant massivement son ennemi en plein conflit — témoigne d’un désarroi sans précédent.
Téhéran exige désormais le retrait complet des forces américaines de la région, la levée de toutes les sanctions et le versement de réparations substantielles. En cas de victoire, l’Iran remplacerait de fait les États-Unis comme puissance hégémonique du Golfe, prélevant des droits de passage sur le trafic maritime.
Les frappes iraniennes de représailles ont déjà gravement endommagé les infrastructures énergétiques saoudiennes et qataries. Si l’escalade se poursuit, les usines de dessalement dont dépendent 60 millions d’habitants du Golfe pourraient être détruites, rendant ces pays inhabitables.
La Chine en arbitre ?
Certains analystes estiment que seule la Chine pourrait mettre fin au conflit. Un blocus de Taïwan couperait l’approvisionnement mondial en semi-conducteurs de pointe, provoquant l’effondrement de la bulle technologique américaine et forçant Washington à capituler.
Les observateurs les plus pessimistes craignent que cette guerre ne marque le début de la fin pour l’hégémonie américaine. Le professeur John Mearsheimer, l’un des politologues les plus respectés aux États-Unis, estime que l’Iran dispose d’une « supériorité absolue en matière d’escalade » sur les dommages qu’il peut infliger à l’économie mondiale.
Pour l’heure, Donald Trump continue d’alterner menaces d’annihilation et annonces de négociations que Téhéran dément systématiquement. La suite des événements dira si cette guerre constitue effectivement le « moment de Suez » de l’empire américain — cette humiliation qui, en 1956, avait définitivement relégué la Grande-Bretagne au rang de puissance secondaire.
Armand LG
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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