
« Il y a une volonté de verrouiller le parti »
Notons que l’édile invitait pourtant il y a trois jours, son ami Éric Ciotti vainqueur à Nice, « à sortir de son alliance avec le RN et à rejoindre la droite indépendante, pour donner une nouvelle énergie à la France ». Son courroux n’est pas de nature à convaincre le président de l’UDR. David Lisnard « pense ne plus rien avoir à faire » chez LR. La raison de sa colère ? Les propositions du bureau politique seraient biaisées et n’auraient qu’un but : favoriser l’élection de Bruno Retailleau. Le maire de Cannes semble se faire le porte-voix des contestataires. « Le bureau politique ne sert à rien, il n’est pas représentatif de la diversité de notre mouvement », conteste auprès de BV un cadre LR. Au sein du parti, beaucoup reprochent au sénateur de Vendée d’avoir placé ses proches pour obtenir aisément une majorité. « Il y a une volonté de verrouiller le parti, explique à BV Emmanuelle Brisson, porte-parole LR des Pyrénées-Atlantiques, les options votées au bureau montrent la fébrilité de l’équipe en place ». Les frondeurs contestent les trois choix pour lesquels devront voter les adhérents en juin : une primaire fermée où seuls les adhérents voteraient, une primaire ouverte aux candidats LR où les adhérents et les sympathisants participeraient, ou alors la désignation du président actuel du mouvement comme candidat. David Lisnard évoque « un vote truqué », qui naturellement d’après lui se déroulerait en faveur de Bruno Retailleau, d’où sa colère.
« Tu gagnes du temps, Bruno »
Le président de Nouvelle Énergie s’appuie sur sa légitimité : avec 81 %, il est le maire le mieux réélu au premier tour. Son parti revendique la victoire dans 250 mairies répartis sur 74 départements dont Limoges, Besançon, Cherbourg ou le 17ème arrondissement de Paris. Le bureau politique a été houleux. Les proches de Bruno Retailleau ont défendu âprement la position du président du parti fortement contesté comme le démontre l’absence remarquée de Laurent Wauquiez ou Xavier Bertrand. David Lisnard s’est expliqué vivement avec Bruno Retailleau. « Je t’ai soutenu à la présidence de notre mouvement car tu avais promis une primaire », a déclaré le président de l’Association des Maires de France, dans une ambiance tendue, « tu gagnes du temps Bruno ». Chez les opposants à la présidence du parti, on reproche en effet à l’ancien ministre de l’Intérieur de jouer la montre et d’empêcher l’organisation d’une grande primaire ouverte à l’ensemble de la droite.
En interne, on s’organise déjà pour mobiliser le parti afin de promouvoir la candidature de Bruno Retailleau qui pourrait à travers ce premier vote être désigné comme le champion de son camp pour partir à la présidentielle. Dans un message que BV a pu consulter, sur une chaîne WhatsApp militante pilotée par Othman Nasrou, secrétaire général des Républicains, un participant explique attendre « les consignes » pour mobiliser les supporters de Bruno Retailleau « afin qu’ils votent pour la 3ème proposition, désignation directe de notre président ». « Aujourd’hui, la machine est acquise à Bruno Retailleau » conteste un autre cadre LR auprès de BV. À droite, Les Républicains n’ont vraisemblablement pas encore trouvé une ligne fédératrice.
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